Par Victor Dionne

Le 29 octobre dernier marquait la sortie de la comédie d’horreur québécoise Brain Freeze au cinéma. Réalisée par Julien Knafo, qui avait coréalisé le long métrage Lucidité Passagère en 2009, l’œuvre capte l’attention des spectateurs avec un mélange d’humour, de fiction et de sursauts, propre à un certain type d’horreur.

 Ayant ouvert le festival de films montréalais Fantasia cette année, Brain Freeze s’impose avec une histoire fort intéressante remémorant la crise sanitaire des deux dernières années. Pour amplifier le tout, une esthétique gore, typique du genre, permet de captiver les amateurs de série B et d’horreur sanglante.

La fleur de lys à l’écran

 C’est avec une riche distribution des rôles et une histoire caricaturant les différents statuts sociaux que Knafo présente un film aux saveurs du Québec. On y retrouve des types de personnages à l’image du réel paysage québécois.

Avec Dan (Roy Dupuis), un survivaliste qui rejette les bienfaits de la modernité, et André (Iani Bédard), un adolescent qui est toujours sur son cellulaire, les protagonistes nous permettent de côtoyer des caractères familiers. La mère d’André, Josée (Anne-Élizabeth Bossé), représente la femme monoparentale surchargée par le travail, tandis que Patrick Nault (Simon Olivier Fecteau) est un animateur de radio poubelle bien apprécié par Dan. On y retrouve également un couple bourgeois (Mahée Paiement et Louis-Georges Girard) et un ministre de la Sécurité publique (Jean-Pierre Bergeron) qui rappelle les politiciens en temps de pandémie.

Les couleurs locales sont aussi derrière la caméra. En plus de la réalisation, Knafo signe la musique de l’œuvre, et celle-ci ajoute à l’ambiance horrifique. De plus, le film est produit par la Québécoise Barbara Srier pour Palomar. La SODEC, Téléfilm Canada, le Fonds Québecor et des programmes d’impôt fédéral et provincial ont participé financièrement à la production de celui-ci.

Zombies, humour, fiction et épidémie, un mélange gagnant

 On retrouve plusieurs éléments classiques du genre Horreur dans Brain Freeze. Du sang (vert, dans le cas de ce film) à profusion, des morceaux de cerveaux sur le plancher, des bras humains comme outils; ce sont tous des éléments qui permettent d’y voir une tendance vers le film gore, une branche de l’horreur généralement associée aux films de série B (cinéma à petit budget). D’ailleurs, l’œuvre rappelle les films hollywoodiens Zombieland (2009) et The Dead Don’t Die (2019), qui avaient aussi emprunté la voie de la comédie à travers le film de zombie.

D’autre part, Knafo n’hésite pas à toucher à la fiction. L’univers frôle la dystopie tout en gardant un lien crédible avec la réalité d’aujourd’hui. L’île sur laquelle l’action se déroule symbolise bien l’écart de richesse actuelle entre les classes sociales. Puis, l’arrivée de l’épidémie peut être perçue comme une critique envers les désirs loufoques des riches qui ne savent plus quoi faire avec leur argent.

Bref, si vous êtes admirateurs de ce type de film, vous y trouverez votre compte.


Crédit photo @ Lou Scamble

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