Consommation d’alcool : quand les abus intéressent les chercheurs

Par Camille Leblanc

Un nouveau programme coordonné par Sherbrooke, ville en santé vise à établir un plan d’action pour réduire les méfaits en lien avec la consommation d’alcool chez les jeunes. Un chercheur de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke s’est donc attardé à dresser un état des lieux de la problématique dans la ville. Ayant aujourd’hui ses résultats de recherche en main, il les partage maintenant à la communauté.

Des résultats alarmants

Claude Cyr, pédiatre et professeur-chercheur à la FMSS, a entrepris sa démarche d’analyse en mai 2018 alors que les intoxications liées à l’alcool étaient un diagnostic clinique récurrent : « Il s’agit pour moi d’une opportunité importante de diminuer les méfaits liés à l’alcool ».

Lors de son passage à l’Université de Sherbrooke, 71 % des répondants du sondage avaient déclaré avoir eu une consommation excessive d’alcool lors du dernier mois, ce qui équivaut à 4 verres ou plus pour les femmes et 5 verres ou plus pour les hommes en une seule occasion. La majorité a aussi affirmé ressentir des problèmes importants liés à leur consommation. Selon son étude, au moins 90 % des jeunes Sherbrookois consomment de manière excessive avant d’atteindre l’âge légal et plus de 75 % des jeunes qui se sont présentés aux urgences avaient bu des boissons à forte teneur en alcool. Le quart d’entre eux ont été classés comme étant prioritaires, ou en d’autres mots, en danger de mort, et plus de la moitié présentaient des complications comme un coma, des lésions à la tête ou de l’hypothermie. Finalement, l’étude s’attarde aux accidents de voiture et à la criminalité en lien avec l’alcool, mais aussi à la disponibilité et à l’accessibilité économique de celle-ci.

Le programme en quelques mots

À la lumière de cette étude, on peut comprendre l’origine des diverses mesures implantées dans la ville à cet égard. Plusieurs partenaires, tels que la ville, les institutions d’enseignement, les associations étudiantes, les organismes communautaires ou les hôpitaux participent à la mise en place de ce projet. Notamment, les règlements sur les prix de l’alcool pour en décourager l’achat ou les zones sécuritaires lors d’évènements festifs. Sans compter la nouvelle campagne de sensibilisation Garde ça le fun, pour les jeunes et par les jeunes, à laquelle 11 universités de 4 provinces canadiennes participent. « Restons sociables », tel est le message transmis par celle-ci, qui vise à encourager la modération afin que la consommation n’affecte pas la qualité de vie du public visé.

La recherche suggère aussi d’autres pistes préventives qui pourraient être mises de l’avant à Sherbrooke. Par exemple, des services de consultations psychologiques en clinique suite aux intoxications ; une meilleure éducation au sujet des boissons alcoolisées qui pourraient passer par une nouvelle application mobile ; ou une façon de promouvoir, par les micro-brasseries locales, un produit au taux d’alcool réduit. Dans le meilleur des mondes, Pr Cyr souhaiterait « une diminution des problèmes de santé menant à une consultation à l’urgence » tout comme « une augmentation du fun et du succès académique des étudiants ».


Crédit Photo @ Cogeco Nouvelles

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