Par Victor Dionne 

Du 31 octobre au 13 novembre dernier, la ville de Glasgow au Royaume-Uni était l’hôte de la 26e conférence sur les changements climatiques 2021 (COP 26). L’évènement international organisé par l’Organisation des Nations unies (ONU) réunissait 197 pays et s’est conclu avec l’adoption du Pacte de Glasgow pour le climat. 

Le Collectif a rencontré le candidat à la maîtrise de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke Gabriel Grégoire-Mailhot, qui suivait de près cet évènement. Il nous a expliqué les objectifs de la COP 26 et les éléments principaux du Pacte de Glasgow pour le climat. Ensuite, il a abordé l’aide à la transition verte pour les pays en développement et les faits saillants du Canada lors de la conférence.  

Les objectifs de la COP 26 

Tout d’abord, M. Grégoire-Mailhot mentionne que cette COP avait plusieurs objectifs distincts. L’un de ses buts essentiels était « de rendre opérationnelles les différentes clauses qui avaient été établies dans l’Accord de Paris. » Il fallait terminer ce « livre de règles » existant à travers l’Accord de 2015 et agissant comme cadre opératoire pour la conférence.  

Les diplomates souhaitaient travailler sur l’établissement d’un mécanisme international d’échange de crédit carbone et sur un modèle de remboursement des dommages envers les pays touchés par les changements climatiques. De plus, il fallait « réorienter le financement vers les pays en développement pour qu’ils puissent eux aussi enclencher la transition », soutient le spécialiste.  

En 2015, les pays s’étaient aussi engagés à la clause « cliquet ». Ils devaient revoir leurs objectifs aux cinq ans pour contrer l’augmentation de la température globale de la planète. Ils remettaient à jour leurs ambitions pour limiter l’augmentation à seulement 1,5º C par rapport à la période préindustrielle. L’étudiant indique qu’ils ont « essayé de travailler pour continuer dans cette voie pour être éventuellement capables d’atteindre l’objectif du 1,5 °C » pendant l’évènement.  

Qu’est-ce que le Pacte de Glasgow pour le climat? 

Depuis la fin de la COP 26, les médias ont mentionné à répétition le Pacte de Glasgow pour le climat. Il semble susciter plusieurs critiques de la part des observateurs et spécialistes, notamment pour qu’il soit plus contraignant, soutient M. Grégoire-Mailhot. Toutefois, ce dernier a plusieurs aspects positifs. 

Il nous apprend que « le Pacte de de Glasgow ne remplace pas et ne sera pas la nouvelle étape de l’Accord de Paris. C’est plutôt une liste de choses qu’on veut mettre en place si on veut continuer à progresser. […] l’Accord de Paris reste vraiment la référence de base. » Plus précisément, cette entente permet l’ajout de points et objectifs qui n’ont pas été considérés dans le passé et qui seront à l’agenda lors des prochaines COP.  

Le candidat à la maîtrise souligne quatre points principaux du Pacte de Glasgow pour le climat. Premièrement, les États sont appelés à pratiquer la clause « cliquet » chaque année, et non aux cinq ans comme avant. Selon lui, il s’agit « d’un progrès […] on a vraiment plus de chances d’atteindre nos objectifs fondamentaux du 1,5 °C. » Deuxièmement, il va y avoir des discussions concernant le financement des paiements pour les dégâts causés par les changements climatiques aux pays qui en ont subi les conséquences. M. Grégoire-Mailhot précise que ce point s’inscrit « dans la logique que, généralement, les pays qui subissent le plus d’impact en ce moment, ce sont ceux qui ont le moins contribué au problème. » Troisièmement, le Pacte de Glasgow est le premier accord à pointer les énergies fossiles comme important responsable du problème. Il s’agit encore une fois d’un « progrès » d’après l’observateur. Puis, il conclut en mentionnant l’évolution vers un ton plus « directif » du langage utilisé, changeant la dynamique des négociations.  

L’aide à la transition verte 

Comme mentionné plus haut, le soutien financier des pays en développement pour la transition verte est une nécessité. Pour ce faire, M. Grégoire-Mailhot énonce que l’objectif était de 100 milliards de dollars par année à partir de 2020, mais seulement 92 et 97 milliards $ US ont été transférés depuis. Par contre, il explique que « si tous les pays respectent leurs engagements, à partir de 2022, on aurait 100 milliards par année qui iraient pour la transition et l’adaptation. » 

Plusieurs critiques sont faites à l’égard de ces dons. Le spécialiste évoque qu’« on n’est pas si loin, mais (qu’) il y a beaucoup de gens qui mentionnent que 100 milliards, c’est un chiffre conservateur. Si l’on compte tous les besoins, il faudrait aller plus haut. » Il rappelle aussi que la forme du financement est assez floue et qu’il y a des prêts à haut taux d’intérêt. « On les aide plus ou moins finalement, c’est assez discutable comme façon de transférer les fonds », clôt-il. 

Le Canada fait bonne figure 

Le Canada a signé plusieurs engagements importants lors de la COP 26. Il s’est démarqué en signant une entente sur l’arrêt de la déforestation d’ici 2030. De plus, il a ratifié un engagement sur l’arrêt du financement international des énergies fossiles; « c’est près de 14 milliards qui pourraient être redirigés vers des énergies renouvelables », mentionne M. Grégoire-Mailhot. Puis, le pays nord-américain s’est engagé à réduire de 75 % ses émissions de méthane d’ici 2030. La plupart des pays signataires de cette entente disaient vouloir réduire de 30 %.  

L’observateur termine avec un constat : « pour la COP 26, je dirais que c’est un pas vers l’avant. Certes, toujours insuffisant. Ça rappelait surtout l’importance de maintenir la pression au niveau de la société civile et d’exiger davantage de nos gouvernements locaux. »


Crédit Photo @ Valéry Fils-Aimé

Partager cette publication