Par Béatrice Petitclerc 

Lors d’une conférence de presse le 14 juin dernier, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a affirmé que des discussions avec les autorités de la communauté mohawk Kanehsatà:ke (Kanesatake) se déroulaient « depuis un certain temps » pour y restituer un corps de police autochtone. Cette annonce suivait un rassemblement de centaines de personnes, le 12 juin au soir, dans cette communauté sur l’accotement de la route 344, sans égard aux règles sanitaires en vigueur.  

Dans un communiqué de presse du 16 juin dernier, le Conseil mohawk de Kanesatake a énoncé être «à la fois heureux et surpris» face à cette annonce. Le communiqué souligne que le rétablissement d’un corps de police mohawk est une priorité pour la communauté depuis plus de 16 ans, soit depuis son démantèlement en 2004. Par ailleurs, en janvier 2020, le Grand Chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, avait manifesté son intérêt à reconstituer un tel corps de police dès l’été ou l’automne 2020. Toutefois, aucune date n’avait été fixée avec les gouvernements provincial et fédéral à cet effet.   

Entrevue avec Lloyd Alcon, expert en police des Premières Nations 

En entrevue avec Le Collectif, Lloyd Alcon, un expert en police des Premières Nations travaillant présentement pour la communauté Kanesatake, exprime que de nombreuses tentatives pour rencontrer les gouvernements au sujet d’une entente pour un corps de police à Kanesatake sont restées sans réponse. À ses yeux, il est donc étrange que la ministre prétende que des discussions se tiennent «depuis un certain temps». 

À ce sujet, l’intégralité de cette entrevue avec Monsieur Alcon se retrouvera dans la prochaine édition du journal. Parmi les sujets abordés, il y a la nécessité des corps de police autochtones au Canada, l’histoire du démantèlement du corps de police de Kanesatake en 2004 ainsi qu’une brève présentation du nouveau modèle indépendant envisagé pour cette communauté. 

En bref  

Adoptée en 1991, la Politique sur la police des Premières Nations est une politique fédérale s’appliquant auprès de 450 collectivités des Premières Nations et des Inuits à travers le Canada. Elle vise à soutenir le développement de services policiers autogérés par des communautés autochtones afin de pallier les problèmes d’inégalité des services entre les collectivités allochtones et autochtones et la surreprésentation des Autochtones dans le milieu judiciaire.  

Au Québec, les corps de police autochtones sont constitués sous la Loi sur la police. Sur les 55 communautés autochtones de la province québécoise, 44 sont desservies par 22 corps de police autogérés. En plus d’assurer les services policiers dans les 11 autres communautés, la Sûreté du Québec offre une présence additionnelle en cas de conflit d’intérêts ainsi que pour des événements ou des crimes majeurs. 

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