Par Béatrice Palin 

Le déconfinement tant attendu débute tranquillement avec l’approche de la saison estivale. La réouverture des milieux sportifs et établissements de restauration semble être les sujets les plus souvent mis de l’avant, mais qu’en est-il du milieu culturel? Les informations entraient au compte-goutte et étaient difficiles à interpréter pour les organisateurs d’évènements. Heureusement, le déconfinement semble faciliter la tâche à plus d’un. 

Le débat sur la nécessité de la culture a été vivement animé durant la pandémie. La complexité des mesures à appliquer pour la présentation de spectacles intérieurs ou extérieurs en a découragé plus d’un et plusieurs se sont tournés vers des options numériques. Avec le relâchement des mesures sanitaires annoncées, le milieu culturel se relève lentement, mais surement, mais vogue au rythme des mesures de la COVID-19. 

Appui gouvernemental pendant la pandémie 

Le ministère du Patrimoine canadien a offert à partir de mai 2020 un fonds d’urgence visant le soutien de la culture, du patrimoine et du sport afin de venir en aide aux organismes. Ce fonds a permis aux regroupements de pallier leurs besoins durant le confinement et de survivre à la quarantaine. Près de 198 millions de dollars ont été distribués dans le secteur des arts et de la culture. Un montant de 53 millions additionnel a été attribué au programme d’aide aux musées, aussi durement touchés par le confinement. 

Au niveau provincial, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a aussi mis en place certaines mesures dans le cadre de son Plan de relance économique du secteur culturel. Les artistes et personnes travaillant dans le milieu de la culture ont eu accès, sur le tard, à l’aide financière pour travailleurs autonomes. Cette aide était cependant trop peu, trop tard. Au point tel où, le 7 février dernier, les travailleurs du milieu de la culture se sont réunis dans plusieurs villes du Québec pour manifester leur mécontentement, dans le respect des mesures sanitaires. Ils revendiquaient l’importance des arts vivants et le manque de visibilité offert par les médias traditionnels. Beaucoup d’artistes se sont retrouvés sans aide gouvernementale par manque de justificatif pour y avoir accès. D’autres critiquaient aussi l’hypocrisie de la dichotomie « essentiel/non essentiel ». La définition d’« essentiel » peut effectivement être ambigu et la culture s’est trouvée victime de cette ambiguïté tout au long de la dernière année. 

Utilisation accrue des plateformes en ligne 

Quand les portes des salles de spectacles et des cinémas se sont fermées, les artistes le pouvant se sont rapidement tournés vers les médias numériques. Cette transition s’est avérée plus facile pour le milieu de l’humour. Mathieu Dufour a fait les manchettes plus d’une fois pour son approche innovante et son utilisation experte des réseaux sociaux. D’autres comédiens et acteurs se sont aussi tournés vers les lives et les plateformes comme Discord pour rester connectés avec leur public.  

Les festivals ont aussi profité de cette nouvelle plateforme afin de tout de même avoir lieu tout en respectant la quarantaine. Le Festival Juste pour rire 2020 a été présenté entièrement en ligne. La formule a porté fruit et les spectateurs avaient même une meilleure opportunité de discuter avec l’artiste sur « scène ». Les webséries et les balados ont aussi permis à plusieurs de joindre les deux bouts. 

Cette transition n’est toutefois pas au goût de tous et toutes. Les artisans œuvrant dans des secteurs autres que les arts de la scène sont les grands oubliés de cette crise. On leur pointe les sites comme YouTube et Tik Tok sans trop réfléchir aux tenants et aboutissants. Pour récolter un salaire viable sur ces sites, il faut développer une audience, qu’elle devienne loyale et croisse de façon constante. Ce processus prend des mois, voire des années à développer pour les quelques chanceux qui y parviennent. On est loin de l’aide immédiate dont ils ont besoin depuis un an déjà. 

Ce qui nous attend pour les prochains mois 

Les cinémas réouvrent et les salles de spectacles recommencent à accueillir un public. Les festivals annoncent leurs programmations, parfois en plein air, parfois en mode hybride. Les organisateurs adaptent du mieux qu’ils peuvent leurs activités aux mesures de la région, tâche souvent ardue. La précaution est de mise et plusieurs préfèrent user de prudence et garde une formule adaptable, ne voulant pas se retrouver pris de cours si la situation épidémiologique n’évolue pas comme prévu. C’est le cas, entre autres, de la Fête du Lac des Nations, qui aura lieu du 13 au 18 juillet prochains et qui offrira des représentations intérieures afin d’éviter les débordements que peut amener un festival en plein air. La programmation officielle sortira sous peu.  

Le Festival d’été de Québec attend de voir le déroulement des choses avant d’annoncer quoi que ce soit pour 2021, alors que le Festivoix de Trois-Rivières se déroulera selon sa formule habituelle en présentiel du 25 juin au 4 juillet. Idem pour le festival Osheaga de Montréal, du 30 juillet au 1er août. Le cas par cas est donc en vigueur et il est mieux de s’informer directement auprès des organisations pour avoir l’heure juste à propos de la tenue de ses activités favorites.  

Ça bouge aussi en Estrie! Le Festival Cinéma du Monde se tiendra du 3 au 10 juin et offrira une panoplie d’activités pour toute la famille. Plus de 100 films de partout dans le monde y seront présentés. Les fans de rodéos trouveront aussi leur compte au Rodéo D’Ayers Cliff, du 17 au 20 juin. Rodéos professionnels, musique entraînante et émotions fortes seront au rendez-vous. Pour les amateurs de musique, en plus de la Fête du Lac, se dérouleront deux autres évènements à ne pas manquer : Le Sherblues & Folk, du 7 au 11 juillet, et le Shazamfest du 8 au 11 juillet. Ce dernier est un festival mêlant musique, cirque, burlesque, théâtre et un concours de barbe et moustache. Les programmations des évènements sont ou seront disponibles sur leurs pages Facebook respectives. 

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