Par Hélène Bughin 

Située en marge du chemin de fer, juste à côté de la rivière, la Maison des arts et de la culture de Brompton est un lieu consacré à la diffusion d’une programmation variée, originale, et le plus souvent qu’autrement, gratuite. On y compte des expositions d’arts visuels, des activités diverses, des collaborations, des projets spéciaux en musique ou en littérature.  

Par exemple, des spectacles gratuits sont offerts au parc de la Rive! La mission du comité, réfléchie pour favoriser les projets de la relève, est de créer une ambiance chaleureuse, propice au développement d’une scène culturelle régionale. Aperçu de l’exposition en cours, mettant en vedette deux femmes intelligentes et éclatées.  

Une nouveauté signée Caroline Létourneau 

La nouvelle exposition de la Maison des arts et de la culture, Femmes-rebelles et femmes-ornements, renvoie de manière explicite à une communauté de femmes plurielles, combattantes et fières. Regard critique sur les rapports de pouvoir à l’égard des femmes, le travail de l’artiste Caroline Létourneau se situe au carrefour de l’intime, du politique, de la rébellion et de l’empathie.  

Ses mondes regorgent de féminités contrastées, allant de l’ornementation aux femmes-rebelles, jardinières solidaires, etc. Sa recherche-création s’articule autour des concepts de féminisme, d’éthique du careet d’espoir actif. Provoquant des rencontres improbables, ses tableaux affichent des techniques mixtes, dévoilant davantage les chevauchements possibles.  

L’exposition met en scène des œuvres uniques au rose violent, aux figures inspirantes et à la composition déstabilisante. Les références culturelles et sociologiques marquent les esprits et l’agencement provoque d’intéressants questionnements féministes, notamment sur les catégories possibles de femmes, mais surtout leurs connexions, leurs liens : l’intersectionnalité possible.  

Ma Ani, Motel Molotov 

Deuxième exposition pour la Maison des arts et de la culture de Brompton, Motel Molotov de Ma Ani met en scène des questions financières saugrenues, dévoilant avec humour et humilité les résultats de questions impossibles. Comme le mentionne le résumé de sa démarche : « Dans un monde dominé par les zéros et les uns, dans un monde qui récolte des données à la tonne et les revend à prix d’or, on accumule, classe et organise sans cesse ». 

Crédit : Hélène Bughin

Les équations ne sont plus des énumérations verticales, mais des mondes, des univers complexes, tissés d’informations disparates. On retrouve, dans sa manière amusante de manipuler les données, d’incongrues réflexions sur le traitement du contenu, sur la complexité des listes, des rapports éclatés. Entre l’impression de visiter un musée sérieux et les œuvres surprenantes, plus grandes que nature (le canard aux lunettes, le vieil homme dans la bulle, le Spider-Man suspendu) est engendrée une dissonance. Les différents éléments se confondent dans une explosion heureuse, absurde et parfois même tragique. Coup de cœur pour La tondue, d’après une photo de Carl Mydans (1944), une acrylique sur toile affichant une femme se faisant raser la tête, tandis que des personnes souriantes l’entourent.  

L’image en soi est frappante, mais c’est quand on s’arrête à la description l’accompagnant que l’effet est frappant. On peut y lire les 10 meilleurs trucs beauté de Gaby Gravel, le personnage iconique de Like-moi, une émission télévisée québécoise… ainsi que les dates des plus grandes batailles de France. Les conseils, évidemment humoristiques, contrastent avec le drame illustré. La personne visitant est alors confrontée par une sorte d’absurdité fascinante.  

Aucuns frais à la porte, deux étages d’œuvres : une activité incontournable, en vigueur jusqu’en septembre!


Crédit photo @ Hélène Bughin

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