Par Laurie Jeanne Beaudoin

Écrivain touche-à-tout, David Goudreault est avant tout un auteur, un poète et un travailleur social. La littérature est son outil d’expression. Connu pour être le premier Québécois à avoir remporté la Coupe du Monde de poésie, à Paris en 2011, il enchaine maintenant les romans, les recueils de poésie et les performances scéniques, seul ou avec des musiciens.  

David occupe une place particulière dans la sphère culturelle au Québec en raison de sa grande marginalité. Il est l’auteur des romans Abattre la bête (2017), la bête intégrale (2018), Ta mort à moi (2020) et bien d’autres. Cependant, son œuvre la plus significative à ses yeux est le Testament de naissance (2016), un recueil de poésie dédié à sa fille entourant son rôle de père dont il est très fier. À l’automne 2020, David Goudreault a enregistré 12 chansons originales sur l’album Le nouveau matériel. Il a aussi collaboré aux textes des chansons de grands noms comme Richard Séguin, Louis-Jean Cormier, Luce Dufault et Manu Militari. Une grande variété de projets qui lui permet d’assurer un grand rayonnement de son art.

Un parcours intuitif

Diplômé en travail social à l’Université de Sherbrooke, David se dit reconnaissant aujourd’hui de pouvoir faire vivre sa famille grâce à son imaginaire. Depuis tout jeune, l’écriture était son plan infrangible. Il a pris un petit détour vers les sciences humaines et sociales. « L’idée était d’aller chercher de l’expérience de vie et de s’inspirer avant de se plonger dans l’écriture, car justement l’intérêt du travail social c’est de connecter à l’humain et ses tragédies », explique-t-il. C’était ainsi l’occasion d’enrichir sa carrière d’écrivain. D’ailleurs, au printemps 2017, il s’est vu nommé ambassadeur de la Faculté des lettres et sciences humaines ici, à l’Université de Sherbrooke.

Derrière une carrière florissante, se cachent tout de même du travail et de la persévérance. Ce n’est pas toujours évident de faire sa place avec des mots. Originalité, un mot qui accroche et qui facilite l’émergence de tout artiste. Pour Goudreault, ses œuvres sont le fruit de sa vocation naturelle. « J’ai toujours écrit, même en temps qu’intervenant, mon rapport à l’écriture est bien plus grand que ma carrière en librairie », confie David. C’est un fait établi, l’écriture est un besoin organique pour lui.

Une poésie marquée par sa voix  

« J’écris pour les personnes qui ont besoin d’entendre et lire ce que j’ai à dire », il ne cherche pas à convaincre ni à faire changer d’idée, mais plutôt à partager ses points de vue aux autres. David pratique la poésie oratoire, aussi appelé le slam. La rencontre de l’oralité et des écrits permet à sa poésie d’être entendue à plus grande échelle et d’apporter une intensité de plus aux messages. Notamment, son slam intitulé « lettre d’amour aux petits gars », présenté sur le plateau de Bonsoir Bonsoir à Radio-Canada, n’a laissé personne indifférent. Un message percutant et incroyablement bien construit lancé pour dénoncer la violence conjugale.

Pour David Goudreault, le but n’est pas nécessairement d’être engagé, car la portée relative de l’art est suffisante pour mobiliser les gens, pour créer un impact.

« Oui parfois ça peut déranger, mais dans notre époque polarisée, si on ne dérange pas c’est parce qu’on ne dit pas grand-chose ».

Non pas un influenceur, mais plutôt un facilitateur, David aime contribuer à faire entendre la voix des autres. « Je prends la parole pour mieux la rendre, j’accompagne les gens qui ont des choses à dire sur le monde. » Récemment, David se livre beaucoup à de la direction littéraire, afin de guider de jeunes écrivains et écrivaines émergents. À qui il conseille fortement de lire, de lire beaucoup et de tout, afin de forger leur style, leur vocabulaire : leur capacité à être original.

Curieux d’expérimenter tous les genres littéraires. Prochainement, Goudreault fera son retour dans le monde du journalisme et prêtera sa plume au journal La Presse. Ses chroniques seront publiées dans l’optique non pas de provoquer le public, mais de stimuler sa propre réflexion et certainement de rejoindre des gens au passage.

Redonner une place à l’agriculture locale

Parmi ses nombreuses implications, l’artiste s’est aussi joint à la campagne « Mangeons local plus que jamais! » organisée par l’Union des producteurs agricoles (UPA) pour stimuler l’achat local. Plusieurs producteurs agricoles ont ouvert leurs portes à David et à 16 autres figures québécoises. Étant très proche de son alimentation et de la traçabilité des aliments qu’il consomme, il a été fasciné de voir à quel point c’est difficile de sensibiliser la population à payer un peu plus cher pour des produits de meilleure qualité. Une initiative qui, il espère, aura donné envie aux gens d’encourager l’agriculture locale. Selon lui, dans l’agriculture se trouve une forme de culture très pure. David affirme que « l’agriculture, c’est l’idée des connaissances partagées qui permet de planter, de cueillir et de faire vivre une communauté, l’agriculture touche aussi à l’aspect de la beauté et de la transmission. Tout ce que la culture devrait être ultimement, ça se rejoint à ce niveau-là. »

Pour les amoureux ou les apprentis de poésie qui désirent assister à une représentation de David Goudreault, son spectacle « Au bout de ta langue, humour debout et poésie drette » sera présenté au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, le 16 décembre prochain, une belle conclusion de sa tournée au Québec. Il s’agit d’un vrai hommage à la littérature québécoise à ne pas manquer.


Crédit photo @ Yves Harnois

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