La rentrée d’automne 2021 se fera encore une fois avec des mesures spéciales comme l’utilisation des sites non traditionnels malgré l’annonce du gouvernement.

Par Roxane Gaudreault 

Le 31 mai dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann annonçait en conférence de presse que la rentrée d’automne se ferait sous le signe du déconfinement pour les cégeps et universités québécoises. Retour à la vie normale? Pas encore. Par contre, ces annonces laissent supposer la fin imminente des mesures sanitaires qui nuisent au quotidien des personnes étudiantes depuis plus d’un an.  

Les annonces ont été chaudement saluées par les différentes communautés étudiantes. Rappelons que plusieurs universités, notamment celles situées sur le territoire de la communauté métropolitaine de Montréal, ont eu encore moins de chance que la communauté de l’Université de Sherbrooke. En effet, il s’agira pour certains d’un premier retour physique sur les campus depuis mars 2020.  

Pour les nouveaux étudiants ainsi que pour une partie impressionnante de la communauté actuelle, il s’agira d’un premier pas vers une première session « normale », puisque ceux qui sont entrés à l’Université depuis le début de la pandémie n’ont encore jamais pu profiter de la vie étudiante riche qui caractérise notre campus.  

Le gouvernement met la pression par son optimisme  

Dans ses communications, le gouvernement laisse entrevoir la possibilité d’une rentrée sans aucune distanciation. Mieux encore, la ministre McCann, en conférence de presse, a même laissé présager que les masques pourraient ne pas être un accessoire obligatoire si la situation le permet. La condition? Que la cible de vaccination de 75 % des jeunes de 16 à 29 ans soit atteinte. Selon les différents intervenants sur le campus, c’est là où le bât blesse.  

Selon Yaomie Dupuis, vice-présidente à la condition étudiante de la FEUS, ces cibles seront difficiles à atteindre. Alors qu’elles se disent contentes de recevoir de telles annonces du gouvernement, les associations étudiantes et la direction de l’Université sont un peu pessimistes quant au réalisme de ces prévisions.  

« On pense que tout ça, ça met beaucoup de pression sur les épaules des jeunes. On les sent réceptifs, parce qu’ils veulent revenir sur le campus, ils veulent ravoir la vie étudiante, mais ça reste beaucoup de pression. Pour l’Université, cela demande quand même d’avoir un Plan B sous la main, on ne peut pas juste revenir à la normale. » Yaomie Dupuis, FEUS 

Pour que soient réalistes les cibles de vaccination, plusieurs se regroupent pour réclamer des cliniques mobiles destinées aux étudiants des établissements d’enseignement supérieur. À Sherbrooke, l’Université de Sherbrooke, avec l’appui de ses associations étudiantes, s’est jointe à Bishop’s University et au Cégep de Sherbrooke pour faire pression sur le gouvernement. Des initiatives étudiantes sont aussi mobilisées pour demander un tel service.  

Des bourgeons de vie sociale dès l’automne 

Malgré les embuches, on peut quand même croire qu’un semblant de vie normale reprendra sur les campus. Au niveau de la vie étudiante, un pan particulièrement important pour l’Université de Sherbrooke, on peut espérer tranquillement une reprise avec la tenue, cette année, d’activités d’intégration pour faciliter l’arrivée des nouveaux étudiants. Ces activités devront néanmoins être adaptées à la situation, soit par le fractionnement en petits groupes, par l’utilisation d’une diversité de lieux physiques et virtuels pour la tenue des activités ou par le fait que la consommation d’alcool ne sera pas encouragée, voire interdite. Les organisateurs devront aussi se prémunir d’un plan d’urgence advenant que la situation sanitaire se dégrade.  

Si la situation le permet et que l’Estrie tombe et demeure en zone jaune d’ici la fin de l’été, on pourrait même, hypothétiquement, avoir droit à un spectacle de la rentrée en présentiel. Bien évidemment, les défis et contraintes rendent bien incertaine la tenue d’un tel événement, mais il est possible d’en rêver grâce au plan de déconfinement tel qu’il a été annoncé par le gouvernement.  

Pour ce qui est des fameux 5@8, ces événements emblématiques de la culture de l’Université de Sherbrooke, ce n’est pas cet automne qu’on pourra les retrouver, selon toute vraisemblance. « Les restrictions sont encore trop sévères pour penser organiser des activités sociales avec alcool comme on le faisait avant, déplore Yaomie Dupuis. Par contre, si la situation va en s’améliorant, on pourrait les récupérer éventuellement. »  

Dans un contexte où l’isolement est présent et problématique avec les nombreux confinements auxquels ont été soumis la communauté étudiante et le reste de la population, ces opportunités de socialiser seront assurément appréciées et bien nécessaires.  

Un retour en classe attendu 

Comme la rentrée sans distanciation aucune prévue par le gouvernement ne s’attire pas la confiance de la direction de l’Université, on ne peut s’attendre à retrouver un quotidien universitaire normal dès l’automne. Selon Yaomie Dupuis, on peut s’attendre à conserver le campus éclaté pour être prêt à respecter le 1 m de distance en attendant l’atteinte des cibles de vaccination. Si tout va bien, on peut possiblement envisager un retour à 100 % sur le campus à la session d’hiver. Une chose est cependant certaine : l’Université va mettre tous les efforts possibles pour que les cours soient donnés en présence.  

Pour les facultés qui avaient mis en place des cours d’une durée réduite, on peut s’attendre à un retour aux activités de 3 h. Ce retour à la normale est d’ailleurs déjà initié pour la session actuelle. Alors que sortent plusieurs études dénonçant l’efficacité des cours en ligne, cette ouverture permettra assurément un meilleur climat d’apprentissage et d’enseignement à tous les membres de la communauté universitaire.


 Crédit photo @ Michel Caron, Université de Sherbrooke

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