Par Sarah Gendreau Simoneau 

Vouloir quelque chose à tout prix, persévérer et réussir, voilà la vision de la vie qu’a Diane Roy. Cette para-athlète de course en fauteuil roulant déborde de volonté et de résilience, malgré un grave accident dans sa jeunesse. Cap sur une femme remplie d’ambitions qui mord à pleines dents dans ses rêves. 

Un accident est si vite arrivé et personne ne peut prédire de quoi l’avenir est fait. Diane Roy a vite compris, à 17ans, que sa vie allait changer du tout au tout à la suite d’une chute de VTT. Venant d’une grande famille et d’un petit village du Bas Saint-Laurent, elle baigne dans le monde sportif assez tôt. «Mes parents n’étaient pas vraiment des sportifs, mais ils ne nous ont jamais empêchés de faire du sport, alors j’ai été initiée jeune, surtout avec mes cinq frères plus vieux. Le sport me permettait de m’évader, de m’épanouir à l’école.» Elle comprend vite que bouger lui fait du bien, autant physiquement que mentalement.  

Consécration 

«J’ai eu mon accident à la fin du secondaire, début du Cégep, pendant l’été. Tu penses que le sport est fini après un accident comme celui-là. Finalement je suis déménagée en Estrie et j’ai commencé la course en fauteuil; c’est devenu mon sport pour les trente années qui ont suivi.» Elle ne s’attendait pas à ce que ça la mène aussi loin. Elle ne s’était jamais imaginée poursuivre dans cette voie aussi longtemps et performer là-dedans. «J’ai fait comme choix de m’investir dans ce sport parce que je voulais aller le plus loin possible dans les Jeux.» Elle a cumulé six Jeux paralympiques, six championnats du monde et des Jeux du Commonwealth. «La passion est encore là malgré mes autres occupations. C’est plus difficile en ayant un enfant en en occupant un travail à temps plein, mais c’est toujours là!» 

Diane Roy travaille maintenant à l’Université de Sherbrooke afin de préparer sa retraite du sport.  

«Même si je n’arrêterai pas, un moment donné il faut prendre sa retraite! C’est un peu pour préparer ça. J’ai toujours voulu m’investir à 100% dans l’athlétisme, je voulais faire le plus de compétitions possible, le plus de voyages possible, donner le maximum de ce que je voulais atteindre. En 2008, j’ai décidé d’être athlète à temps plein.» Diane Roy

La persévérance avant tout 

La médaillée insiste pour dire que ce n’est pas une question de courage que de s’être donnée pour le sport malgré la perte d’usage de ses jambes. «Je fais seulement ce que j’aime, j’avance dans mes passions comme tout le monde devrait le faire.» Cependant, elle affirme avoir pris des décisions risquées. Elle a tout misé dans le sport et la persévérance a fait en sorte qu’en une saison, avec des choix éclairés, elle a battu des records du monde et elle a enfin vu ses efforts récompensés. «Ça a pris onze ans et oui, les médailles c’est un beau souvenir et c’est une belle réalisation, mais c’est ce que j’ai fait pour arriver à les obtenir qui me rend le plus fière», confie-t-elle. Elle a aussi toujours voulu fonder une famille et c’est ce qu’elle a réalisé. «À quarante-trois ans, j’ai décidé de me lancer toute seule dans cette aventure-là. On parle souvent de la plus haute marche du podium, de la médaille d’or, mais mon petit garçon, c’est vraiment la plus belle médaille que je pouvais avoir dans ma carrière.» 

Elle peut néanmoins être fière de ce qu’elle a accompli et des récompenses reçues pour le travail acharné qu’elle a exécuté tout au long de sa carrière. Elle est particulièrement contente d’avoir participé aux Jeux du Commonwealth en Australie en 2018 parce que son fils, alors âgé de trois ans, était parmi les spectateurs et a vu sa maman courser. «Après Émile je ne savais pas si j’allais continuer le sport. Finalement j’y suis allée et j’ai obtenu la médaille de bronze, mais d’avoir mon fils dans le stade qui m’a vu gagner cette médaille, c’est un des plus beaux moments pour moi.» 

Malgré la pandémie et le fait qu’elle ne peut pas participer à de grosses compétitions depuis un an et demi, elle a continué ses entraînements sans relâche. Elle ne sait pas encore si elle fera partie de la délégation canadienne des Jeux paralympiques cet été. «Il y a une compétition en Suisse cette semaine, mais j’ai décidé de ne pas y aller, je ne voulais pas courir le risque avec la COVID-19 ou les contraintes de voyage. Beaucoup de gens ont décidé de ne pas y aller pour ces raisons. C’est une des compétitions les plus importantes de l’année, surtout en vue des Jeux. On verra avec le travail et les entraînements que je fais ce que ça donnera pour la suite.» 

L’avenir du parasport 

Diane Roy s’entraîne avec Jean Laroche, reconnu au Canada et même dans le monde, qui a entraîné beaucoup de grands athlètes. Ils font affaire avec le Club d’athlétisme de Sherbrooke. Pour ce qui est des installations spécialisées pour les personnes à mobilité réduite et qui veulent s’entraîner «l’Université de Sherbrooke est super pour ça. C’est comme ma deuxième maison, je m’entraîne là depuis trente ans. La piste et le stade intérieur, on les utilise beaucoup et c’est bien adapté. On a des belles installations en Estrie pour le parasport». Selon elle en revanche, il n’y a pas beaucoup de relève au Canada parce que c’est un sport qui coûte cher et qui n’est pas évident. Elle soutient cependant que l’Estrie reste une belle place à considérer pour ce type de sport. Sinon l’organisme Parasports est là pour soutenir les gens qui veulent continuer à s’entraîner ou découvrir les disciplines offertes. Ça peut encourager les para-athlètes dans leurs démarches et dans leur volonté de continuer. De plus en plus de sports sont adaptés, donc les gens ont plus de choix qu’avant s’ils veulent se lancer.


Crédit photo @ Yves Longpré – Athlétisme Sherbrooke

À lire aussi

Para-athlètes : persévérance, résilience et performance

Éliot Grondin : le planchiste aux grandes ambitions

Lysanne Richard : un modèle pour les athlètes féminines

Partager cette publication