Par Émilie Oliver

« Certains athlètes en ski de fond avec lesquels je travaille écrivent des mots-clés sur leurs skis pour les voir au moment où ils manqueront de motivation et baisseront la tête. » C’est ce qu’explique Véronique Boudreault, professeure en psychologie du sport dans sa conférence Think positive !, présentée le 3 décembre dernier par la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke.

Ces mots-clés se révèlent parfois primordiaux à la réussite des sportifs d’élite, surtout dans les moments où la motivation s’essouffle. La professeure explique, dans sa conférence, que ces petites affirmations font partie du self-talk, se traduisant par la notion de « discours interne » qui définit l’ensemble des pensées pouvant submerger l’athlète lors de ses performances.

Pas toujours besoin d’être positif

Les études ont d’ailleurs démontré qu’un discours interne positif améliore les performances sportives. En raison de la complexité d’évaluation des pensées lors de l’activité physique, les données restent toujours difficiles à récolter, mais au contraire, il n’a pas été démontré qu’un self-talk négatif nuisait aux résultats des sportifs. Selon Mme Boudreault, certains athlètes ont même trouvé qu’un discours interne négatif les motivait davantage.

Profil Iceberg

Les athlètes d’élite ayant beaucoup de succès feraient partie du profil Iceberg. Ce profil est calculé sur une échelle considérant plusieurs facteurs psychologiques. Ces sportifs sont donc moins tendus, moins déprimés, moins en colère, moins fatigués et moins confus que la moyenne de la population ne pratiquant pas de sport de haut niveau.

L’image de l’iceberg est utilisée pour décrire ce type de personnalité, car il y a seulement une minorité de la population qui se situe « hors de l’eau », au sommet. Seulement 10 % de la grosseur de ce bloc de glace qui flotte dans l’océan est percevable en dehors de l’eau. Cela représente environ la proportion de gens correspondant au profil Iceberg selon le site web Psychology Research and reference.

Faut-il encourager les athlètes à contrôler leurs pensées ?

Une étude réalisée auprès de 176 athlètes olympiques a comparé la gestion émotionnelle des médaillés et de ceux qui ont connu moins de succès. L’étude a révélé que les médaillés olympiques présentaient un meilleur score de contrôle émotionnel, avaient un discours interne plus positif et une meilleure gestion des pensées.

Selon Véronique Boudreault, il faut non seulement encourager les athlètes à contrôler leurs pensées, mais aussi à moins penser, tout simplement. « Les sportifs de haut niveau connaissent par cœur les mouvements qu’ils doivent faire, lorsqu’ils y pensent trop, ça leur nuit. L’état mental optimal est donc d’avoir très peu de discours internes, de laisser le corps faire ce qu’il sait parfaitement faire, un peu comme un pilote automatique. »

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