Par Carl Perron 

Face à une situation menaçante comme celle qui perdure en ce moment, nous avons su réagir avec vitesse et surtout avec justesse. Toutefois, le virus n’a pas dit son dernier mot et nous assistons ces jours-ci à une recrudescence du nombre de cas. 

Les mesures qui ont été mises en place comme la distanciation sociale ou le port du masque, pour ne citer que deux exemples, ont été pensées et réalisées dans le but de contenir, dans un premier temps, puis de faire diminuer le nombre de cas. Le confinement et le couvre-feu sont deux autres mesures qui ont grandement contribué à la diminution des cas de coronavirus au Québec.  

Mais outre la hausse et la baisse de ces fameux chiffres, l’impact de la COVID-19 sur notre société se voit surtout sur le climat social qui règne dans notre belle province. Nous avons vu nos gyms, nos restaurants, nos salles de spectacles fermés. Enfin, certaines écoles ont fermé leurs portes pour un temps. On a vu nos employeurs user d’imagination et profiter de la technologie pour permettre à plusieurs d’entre nous de continuer de travailler à partir de notre domicile.  

Le télétravail fait maintenant partie de façon plus intégrante de nos réalités. Les écoles ont aussi profité de cette technologie pour offrir de l’enseignement à la maison. Pour le bien de tous, nous sommes revenus, depuis quelque temps, à une vie plus normale avec la réouverture de la plupart des services. Mais cette troisième vague nous fait mal. Elle vient atteindre notre moral comme jamais. 

Vaccin à la rescousse 

Malgré ces problèmes, nous n’avons pas perdu de vue notre adversaire. Plusieurs compagnies pharmaceutiques ont mis l’accent sur des recherches dans le but de trouver un vaccin pour nous tirer d’affaire. Les Pfizer, les Moderna, les Johnson & Johnson ont développé, chacune à leur manière, des vaccins afin de diminuer les cas reliés à la COVID-19.  

La pharmaceutique Pfizer/BioNTech en est arrivée à développer un tout nouveau vaccin. Car oui, le virus a changé. Les cas les plus alarmants le sont désormais à cause des variants qui sont plus contagieux et plus dangereux que le coronavirus lui-même. 

D’ailleurs, le vaccin que cette compagnie propose en est un qui conserve une efficacité très élevée contre le variant sud-africain. Parmi les personnes qui ont participé à cette étude clinique de la phase 3 du vaccin, seulement neuf cas de COVID-19 ont été observés, toutes dans le groupe placebo, relève une des conclusions de l’étude, démontrant une efficacité du vaccin de 100 %.  

Il s’agit des premiers résultats cliniques montrant qu’un vaccin peut protéger efficacement contre les variants actuellement en circulation, un facteur essentiel pour atteindre l’immunité de groupe et mettre fin à cette pandémie, explique Ugur Sahin, PDG et cofondateur de BioNTech. Poursuivant sur cette bonne nouvelle, les laboratoires Pfizer et BioNTech comptent fabriquer en 2021 jusqu’à 2,5 milliards de doses de leur vaccin. 

Là, on se retrouve en bonne position pour vaincre le fameux SRAS — CoV-2 avec toute cette diversité de vaccins. De plus, il faut ajouter les vaccins qui sont développés en Chine et en Russie dont on n’entend malheureusement pas assez parler.  

Bientôt un vaccin québécois? 

Ce qui nous aiderait énormément dans lavenir serait que le Canada puisse produire son propre vaccin, comme le dit Pierre Gervais, le président-directeur général de Q&T Recherche de Sherbrooke.  

En ce moment, la pharmaceutique Medicago qui est basée à Québec, développe, elle aussi, un vaccin contre la COVID-19. D’ailleurs, cette biopharmaceutique québécoise vient de franchir la deuxième phase des essais cliniques. La phase 3 s’amorcera bientôt et Medicago vise à recruter pas moins de 30000 candidats à travers le globe. Pour la commercialisation de ce vaccin, on pense surtout le vendre aux pays ayant une économie émergente pour que ceux-ci puissent vacciner leur population. 

Mais avant de débuter la commercialisation de ce vaccin, lequel est fabriqué ici, au Québec, il faudra que Medicago termine la phase 3 de ses essais cliniques. L’étude de cette fameuse phase débutera sous peu à Sherbrooke et les Estriens seront appelés à y contribuer. 

Lueur d’espoir pour la vaccination  

« Au total, 30000 participants seront invités à participer à l’étude clinique de la phase 3. L’Europe et l’Amérique latine seront ajoutées à l’Amérique du Nord. Plus de 130 pays contribueront avec 115 sites au Canada, dont huit au Québec », explique Karine Côté, la directrice au développement des affaires chez Q&T Recherche. 

Si l’on en croit les résultats de la phase 1, nous observons que plusieurs des participants ont développé une forte réponse immunitaire après deux doses. De plus, l’un des avantages de ce vaccin est qu’on a pu définir la bonne dose à utiliser soit de 3,75 µg comme le souligne Pierre Gervais, cela est un avantage, car plus la dose est petite, plus nous pouvons maximiser la production de vaccins.  

Qui plus est, le vaccin candidat de Medicago est utilisé à une température de 2 et 8 °C. C’est une température de frigo, ce qui est beaucoup plus accessible qu’une température plus basse comme le demandent les autres vaccins comme celui d’AstraZeneca par exemple. C’est un avantage non négligeable, car cela va grandement aider à la conservation du produit dans des pays comme le Pérou ou l’Indonésie. 

C’est bien beau tout ça. On dispose d’un arsenal de vaccins très diversifié et l’on peut rivaliser avec ce virus. Il n’est pas impossible, comme le mentionne Pierre Gervais, que les Canadiens soient appelés dans les prochaines années à se faire vacciner contre l’influenza, comme chaque année, mais qu’on puisse aussi y ajouter un vaccin contre la COVID-19.  

Seul l’avenir nous le dira. Il faut vacciner la planète. « On n’est pas correct quand on est vaccinés de façon individuelle. Tant que l’ensemble de la planète n’est pas vacciné, le virus va demeurer. Il va changer, on le voit déjà avec les variants. Risque-t-il de devenir résistant aux vaccins? » Tout est possible, comme le dit monsieur Gervais.

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