Par Sarah Gendreau Simoneau 

Certains sports ont toujours attiré plus d’adeptes masculins, autant dans les gradins que sur le terrain. C’est notamment le cas du baseball. Depuis quelque temps, ce sport gagne en popularité chez les femmes et même chez les jeunes filles.  

Baseball Québec a même créé la Ligue féminine de baseball du Québec, qui promeut ce sport auprès des filles et qui leur permet de jouer entre elles sans être obligées d’intégrer les ligues masculines, ce qu’elles devaient faire jusqu’à tout récemment. Une de leurs tactiques consiste à inciter les filles pratiquant des sports d’hiver à essayer le baseball durant la saison estivale. Selon Vanessa Riopel, coordonnatrice du développement et leadership féminin à la fédération, «les jeunes sportives prennent plaisir à retrouver leurs coéquipières d’hiver». 

L’importance du sport féminin  

Celle qui a toujours joué avec des hommes, étant ancienne lanceuse de l’équipe Canada, énonce la gentillesse et la générosité de la part des hommes avec lesquels les femmes pratiquent le sport. Cependant, en jouant dans une équipe féminine contre d’autres équipes féminines, «les filles vont développer davantage leur leadership, mener une équipe et développer autre chose que des qualités athlétiques». La nouvelle ligue est un moteur pour le développement des filles vers le programme d’excellence. Elle offre également une meilleure visibilité pour les joueuses et améliore la parité dans ce sport, un point important au cœur du programme. Un des objectifs principaux est d’entraîner de bonnes joueuses pour les mener à l’équipe nationale. Éventuellement, elles pourront participer aux grandes compétitions, comme les Jeux panaméricains, et y remporter les honneurs, comme en 2015 où l’équipe avait décroché la médaille d’argent, selon Radio-Canada Sports.  

Des remaniements sont également faits pour conserver le plus possible les filles au sein de la Ligue, comme la création d’un palier d’accueil pendant toute la saison estivale pour le groupe de filles élite. MmeRiopel énonce que s’il y avait affrontement entre filles plus matures, la compétitivité se mettrait à augmenter. Cette approche va permettre d’instaurer une structure d’encadrement au niveau du cégep et de l’université dans les prochaines années.  

Populaire en Estrie 

L’attrait du baseball féminin se fait remarquer dans plusieurs villes de la région comme Sherbrooke, Granby et Lac-Mégantic, notamment. La formation de Magog, les Cubsettes, pourra enfin affronter d’autres équipes féminines. Caroline Ouellette, membre du CA de Baseball mineur de Magog, évoque la «barrière psychologique chez certaines filles qui hésitaient à s’inscrire». Selon elle, les filles peuvent faire les mêmes choses que les garçons et c’est une façon pour elles de se développer dans un sport bien souvent majoritairement masculin. En un mois, étant en recrutement, l’équipe compte déjà une quinzaine de filles et d’autres sont susceptibles de se rajouter, comme c’est le cas chaque année. MmeOuellette souligne qu’elle «essaie vraiment de mettre l’accent sur l’aspect féminin» et convainc de plus en plus de mères de s’impliquer dans le personnel entraîneur. Elle estime qu’en Estrie, l’engouement est assez fort pour probablement avoir une ligue 100% estrienne. 

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