Par Daphné Auger 

Le drame historique tant attendu Spencer (2021) a été dévoilé à la société québécoise le 5 novembre dernier. Ce film de près de deux heures, qui se veut une intrusion au cœur du mariage raté du Prince de Galles, revisite une époque bien malheureuse de la courte vie de Diana Spencer, son épouse, dite Princesse Diana.  

Tombant à point, près d’un an après la sortie de la saison 4 de la série Netflix « The Crown », où l’histoire de la princesse Diana commence à être exploitée à son plein potentiel, Spencer s’écoute comme un complément, tout à fait en phase avec la populaire série. Regard sur le nouveau film de Pablo Larrain.  

Un angle particulier : la maladie 

Lady Diana était reconnue pour souffrir de boulimie, et Spencer ne manque pas d’en faire un élément central. Dans ce monde où « it’s as if everything’s already happened », la nourriture devient le seul élément de contrôle sur lequel Diana peut s’appuyer pour tenter de rester équilibrée.  

Le réalisateur Pablo Larrain ne manque pas une occasion d’y faire référence, accentuant l’obsession malsaine de la protagoniste, tout en montrant efficacement l’impact néfaste de ses relations avec sa belle-famille sur sa maladie. D’autres éléments contribuent à bien camper l’ampleur de la détresse de Lady Diana, dont le plus marqué est sans aucun doute la perméabilité de la réalité, qui s’entrecoupe d’hallucinations improbables et particulièrement troublantes. 

Extrait de vie 

Gare à toutes les personnes pour qui la monarchie reste un mystère : cette tranche de vie ne vous aidera en aucun cas à vous y retrouver. Étalé sur à peine 3 jours, ce film se doit d’être vu en ayant en tête l’origine de l’union entre Charles et Diana, son développement et sa déchéance, sans quoi il sera difficile de s’y retrouver.  

Empreint de non-dits, qui se faufilent parmi les regards désapprobateurs et les remarques cinglantes des Windors, Spencer se démarque par le nombre limité de dialogues. Véritable film d’ambiance, où la musique et les « close-ups » donnent le ton, il nous amène à vivre l’ampleur de la tourmente de Lady Diana en même temps qu’elle, presque à son rythme. Ce condensé d’émotions envoie un message clair à l’audience : derrière les caméras, la belle et douce Diana n’est que l’ombre d’elle-même.  

De vampiresse à princesse adulée 

Même l’enchainement des scènes, parfois décousues, parfois coupées à moitié, contribue à établir cette ambiance d’enclave, où tout est mis en œuvre pour briser le moral, l’esprit et l’unicité de Diana. L’inflexibilité de la famille Windsor à son égard y est alors d’autant plus percutante. 

Le rôle principal est interprété par Kristen Stewart, dont le jeu est particulièrement réussi et reflète exceptionnellement bien l’ampleur de la tourmente qui habite Diana : discours confus, gestes répétitifs, violence. Tout son être rappelle Lady Di, ses expressions faciales incertaines, ses regards furtifs, et même sa démarche. Kristen Stewart respire l’authenticité, et ce choix judicieux d’actrice par la réalisation du film ne peut qu’être salué!


Crédit photo @ Arrêt sur image, Spencer.

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