Le plus récent court-métrage du réalisateur sherbrookois Jérémy Comte lui a valu plusieurs honneurs : Fauve a été sélectionné dans plus de 150 festivals en plus de remporter plus de 75 prix à l’international et d’être en nomination lors de la 91e cérémonie des Oscars. L’œuvre a également été présentée en première mondiale dans la catégorie courts-métrages internationaux au Festival du film de Sundance et a mérité un prix spécial du jury. 

Par Mireille Vachon

 

Seize minutes d’émotions fortes

Deux meilleurs amis se jouent des tours dans la nature près de chez eux : le premier à obtenir six points gagne. Rien n’est en jeu, sinon l’honneur de la victoire et la fierté d’être meilleur que l’autre. Jusqu’où cet esprit malsain de compétition les mènera-t-il ? Une chose est certaine, les deux jeunes n’auront plus la chance de s’amuser dans les bois de manière insouciante comme ils l’ont fait ce jour-là.

 

Des non-acteurs surprenants

Alexandre Perreault et Félix Grenier, tous deux natifs de la région de Chaudière-Appalaches, réalisent une performance stupéfiante pour une première expérience devant la caméra. Ils incarnent leur rôle de petits bums merveilleusement bien et livrent les dialogues avec une fluidité digne d’acteurs d’expérience. Dialogues qui, grâce à l’agile plume de Jérémy Comte, sont crus, efficaces, naturels. Même les silences parlent d’eux-mêmes. La réplique « Eille le gros, t’es-tu trop fif pour monter ? » évoque bien le ton du vocabulaire utilisé par les jeunes. 

 

Lieu de tournage judicieusement choisi

Le tournage s’est effectué dans une ancienne mine d’amiante à ciel ouvert dans les alentours de Thetford Mines, où lacs turquoises sont entourés d’immenses haldes grises. Pour un spectateur qui n’a jamais vu ce genre de paysage minier, ça peut sembler surréel comme décor. Cela constitue une des forces du film : ayant été diffusé dans plusieurs pays, maintes personnes ont été subjuguées par ce paysage plus grand que nature.

 

L’autre côté de l’enfance

« Avec Fauve, je voulais faire un portrait un peu plus sombre de l’enfance », raconte le réalisateur en entrevue avec le périodique Voir. S’inspirant de sa propre enfance, le réalisateur a réussi à dépeindre une témérité présente chez la majorité des jeunes, qui se croient souvent invincibles, et à montrer qu’à force de jouer avec le feu, on peut finir par se brûler. Le réalisateur affirme qu’« au début de la projection [à Sundance], ça riait et puis les gens se cachaient les yeux quand la tragédie se développe. » En effet, c’est impossible de visionner Fauve sans vivre une panoplie d’émotions, allant du rire à la tristesse, en passant par l’angoisse. 

Heureusement pour Comte, Fauve lui a permis de faire évoluer sa carrière et d’obtenir plusieurs reconnaissances… une fin plus joyeuse que celle de son film. 

Pour le visionner : le court-métrage sorti en 2018 est disponible gratuitement sur Vimeo!

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