Par Béatrice Palin 

La saison estivale et le retour en zone verte permettent aux multiples festivals de la région de battre leur plein. À leur sauce, ils offrent une variété d’activités en respectant du mieux qu’ils peuvent les restrictions toujours en vigueur. Reste à voir quelle formule sera gagnante et si la bonne foi des visiteurs sera au rendez-vous. 

Avec l’été déjà bien amorcé, les événements n’ont plus vraiment le choix que d’avoir lieu quasi simultanément. Heureusement, la variété est au rendez-vous et les styles musicaux ne se chevauchent pas trop. Chaque citoyen y trouvera son compte. Les genres de divertissements sont aussi disparates que le type de représentations. Certains rendent l’application des mesures plus facile que d’autres. 

Formule salles de spectacle et en direct en ligne 

La Fête du Lac des Nations a choisi d’offrir ses représentations dans un environnement fermé et facile à contrôler. Il est possible, pour ceux qui n’ont pu se procurer des billets, d’assister aux spectacles à distance, du confort de leur maison. La fête met de l’avant l’approche « organisez vos propres mini-Fêtes du Lac à la maison ». Cette façon de faire à l’avantage de permettre à l’organisation de faire appliquer les mesures de près à la salle Maurice O’Bready et de laisser les gens gérer leur chez-eux. Comme le service d’alcool (ou de toute autre consommation) n’est pas encore actif dans les salles de spectacles sherbrookoises, les gens ont tendance à être plus consciencieux des règles.   

De plus, la direction du festival, qui a dû reporter le concours de feux d’artifice, a eu le OK pour offrir tout de même un spectacle aérien explosif dont la location reste inconnue, pour éviter tout rassemblement. Une autre manière de s’assurer du respect des directives gouvernementales. 

Formule resto-bar et scène extérieure 

Le Sherblues a opté pour des spectacles sur scènes intérieures dans les resto-bars et quelques petites scènes extérieures. Ils ont utilisé la scène du Théâtre Granada pour les plus gros noms. Comme mentionné précédemment, les salles de spectacles offrent un environnement très sécuritaire où il est plus facile d’appliquer les directives de la santé publique, étant en milieu clôt. Il en est autrement toutefois pour les resto-bar et les scènes extérieures. La consommation d’alcool tend à faire perdre conscience aux gens de leur environnement. Lorsque questionné sur le sujet, un employé d’un des établissements explique : « Les gens sont assez raisonnables. Il y a quelques personnes qui oublient de mettre leur masque quand ils se lèvent, mais en général on peut mettre ça sur le dos de l’alcool et pas de la mauvaise foi. »  

La bonne foi est donc au rendez-vous, mais doit toutefois combattre son adversaire, l’état d’ébriété. Pour ce qui en est de la scène extérieure, le danger réside dans le nombre de gens présents. C’est d’ailleurs pourquoi le Sherblues a choisi comme seule scène extérieure un endroit assez restreint, soit la cour du Séminaire de Sherbrooke. 

Formule extérieure classique 

Le festival néo-vaudeville unique au Québec, le Shazamfest, quant à lui, a décidé de revenir à sa formule habituelle, en plein air, sur le terrain de la ferme Shazam. Il s’agit d’un pari risqué, mais qui permet d’offrir l’expérience la plus authentique possible à la population. Cette méthode dépend énormément de la bonne foi des visiteurs. Les spectacles sont présentés sur deux scènes : la scène principale et un amphithéâtre. Les recommandations de la santé publique sont respectées et consolidées par le besoin d’un billet pour être sur les lieux, ce qui limite le nombre de visiteurs.  

Présentations musicales se mêlent aux contes et au concours de barbe et moustache, un incontournable du festival. La difficulté d’une telle formule est le contrôle de l’application individuelle des mesures. Une foule dispersée se promenant debout sur un large terrain force les organisateurs à dépendre du gros bon sens des visiteurs le port du masque. Dans le cas des scènes intérieures, les spectateurs étant assis la majorité du temps, il est facile de repérer les personnes debout et de vérifier s’ils portent le couvre-visage convenablement. C’est ce qui est compliqué avec l’organisation du Shazamfest 

Malheureusement, certains visiteurs ont décidé de profiter du bon cœur et de la confiance des bénévoles du festival et ont semblé oublier l’existence d’une quelconque pandémie. C’est ce que rapportent quelques festivaliers. Une constatation extrêmement dommage, car une mauvaise presse est la dernière chose dont un événement aussi unique a besoin. Surtout puisque l’organisation est en grande majorité assurée par des bénévoles. 

Formule gagnante? 

Il est difficile de trouver un juste milieu entre sécurité et authenticité. Plus on veut offrir l’expérience la plus normale possible, plus on doit se fier au niveau de responsabilité des participants. Ce que la présente expérience démontre est que, malheureusement, lorsque plusieurs se voient offrir une main, ils prennent le bras. Le niveau d’exaspération de la population est élevé face aux restrictions et les conspirationnistes anti-masque sont encore nombreux. Il est donc peu probable que l’option retour à la normale soit considérée pour les rassemblements dans un avenir proche. Un groupe n’est aussi intelligent que son membre le plus idiot, et il faudra en tenir compte si on veut pouvoir continuer de tenir des festivals sans toutefois que cela nous coute un énième reconfinement.


Crédit montage @ Béatrice Palin

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