Par Rosalie Provencher 

Le 28 septembre dernier, Joyce Echaquan, une Atikamekw de 37 ans, est décédée au Centre hospitalier régional de Lanaudière, à Joliette. Le 6 octobre suivant, en réponse au tragique événement, la coroner en chef du Québec, Me Pascale Descary, a ordonné la tenue d’une enquête publique sur les circonstances du décès de Mme Echaquan. 

C’est dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook par la patiente quelques heures avant sa mort que l’on pouvait entendre des propos dégradants et racistes d’infirmières et de préposées. La famille de madame Echaquan estime également que le personnel soignant a négligé l’importance des mises en garde concernant certains médicaments qui posaient des risques pour sa vie dû au fait qu’elle était autochtone. 

Des développements dans l’enquête publique 

Le matin du 28 septembre, madame Joyce Echaquan est devenue très agitée. Cela aurait dû être le premier signal d’alarme pour le personnel soignant. Selon le Dr Alain Vadeboncoeur, témoin expert lors de l’enquête publique, cette agitation pouvait être causée par une baisse d’oxygène et de sucre menant à une hypoglycémie sévère. Elle aurait dû être sous surveillance permanente ce qui aurait permis de remarquer son état critique. À la place, elle s’est retrouvée sous surveillance visuelle pendant seulement 40 minutes à travers une vitre par une stagiaire sans expérience. 

Un peu avant midi cette journée-là, une stagiaire en gastro-entérologie a effectué un examen physique de Joyce Echaquan. Toujours selon le Dr Vadeboncoeur, elle était alors dans un coma profond. Pour lui, à ce moment, n’importe quel professionnel aurait dû réagir. Pourtant, son transfert en réanimation n’est arrivé que 11 minutes plus tard, trop tard. 

L’infirmière-chef de l’urgence a avoué qu’il aurait fallu prendre la femme de 37 ans plus au sérieux. Sa condition médicale a été négligée et la majorité des décisions ont été prises en présumant qu’elle était en sevrage. Or, l’enquête a révélé que madame Echaquan n’était pas dépendante aux narcotiques. 

Un historique de racisme à l’hôpital de Joliette 

En 2019, à la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, une vingtaine d’Atikamekw ont témoigné de problèmes qu’ils rencontraient à l’hôpital de Joliette. La directrice de la protection de la jeunesse de Lanaudière a alors affirmé qu’elle informerait ses collègues, dont Daniel Castonguay, l’ancien PDG du CISSS de Lanaudière. Cependant, ce dernier prétend ne pas avoir été mis au courant des problèmes de racisme à l’hôpital. Il était cependant au courant du climat toxique qui régnait au centre hospitalier et des problèmes d’incivilité et de manque de respect entre employés et envers les patients. Aucune action pour y remédier n’a donc été entreprise puisque, à ses dires, il n’avait pas été informé que de tels problèmes subsistaient. 

La cause du décès dévoilée 

L’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan a permis d’éclairer les circonstances de son décès. Selon l’autopsie, la cause de son décès est un œdème pulmonaire et un choc cardiogénique ainsi qu’une défaillance aiguë de la pompe cardiaque. Dr Alain Vadeboncoeur a confirmé que cette mort était évitable, preuve c’un racisme systémique bien présent au Québec. 

Partager cette publication