Par Laurie Jeanne Beaudoin 

La musique traditionnelle ou la musique folklorique québécoise, souvent associée au jour de l’An et à la cabane à sucre, est pourtant un style à la base de notre patrimoine musical. Le « trad », c’est chaleureux et festif et ça raconte une histoire. Car la musique folklorique s’inscrit dans une tradition orale, il y a très peu de données écrites répertoriées. La plupart des chansons sont enseignées et jouées à l’oreille. Ainsi, le répertoire se transmet des plus vieux aux plus jeunes.  

Étonnement, la musique Trad est très peu médiatisée auprès du grand public. Toutefois, sa popularité n’en est pas diminuée. Chaque année, il y a des dizaines de festivals de musique traditionnelle, dont le Festival Mémoires et Racines, La Virée, le Festival de musique Trad Val-d’or, le Festival Chants de Vielles et bien d’autres. Des évènements se déroulent ici au Québec, mais nombreux aussi sont ceux organisés au-delà des frontières canadiennes.  

L’énergie brute et authentique des artistes québécois attire les gens de partout. Il y a quelque chose d’unique dans le folklore qui se distingue de la culture celtique par l’usage marqué de la podorythmie (le « tapage » de pieds suivant un modèle rythmique), par les chansons à texte en français et par la turlute.  

Une culture bien enracinée  

Les racines de la musique traditionnelle québécoise proviennent principalement de la colonisation française et anglaise du Québec, mais également des communautés irlandaises, qui ont immigré massivement au Québec au milieu du XIXe siècle. Les différentes cultures s’y entrecroisent donc.  

Source : Genticorum

Ce n’est qu’à partir des années 1920 que les premiers artistes ont émergé, grâce aux premiers enregistrements et à la commercialisation de la musique traditionnelle, pratiquée depuis des siècles dans les petits villages. Parmi les plus connus de l’époque : La Bottine souriante, Le Vent du Nord, Yves Lambert et Michel Faubert 

Le Trad d’aujourd’hui : le néo-trad 

À travers les années, la musique Trad a évolué au gré des générations, laissant place à des groupes comme Mes AïeuxLes Batinses et Les Cowboys fringants. Ces formations se sont réapproprié les codes de la musique traditionnelle et ont ainsi permis une certaine renaissance du mouvement. Certains aspects traditionnels ont été délaissés avec le temps, mais d’autres se sont créés au fil des traditions. Cependant, les airs traditionnels ont toujours été tintés par des instruments très acoustiques comme le violon, le piano, la guitare, le banjo, l’harmonica et la flute, résultant toujours un son très entrainant et mélodieux. C’est là que se trace le lien très fort avec la gigue et la danse, des incontournables des soirées traditionnelles. 

Voici quelques exemples d’artistes qui marquent encore la scène aujourd’hui : André Alain, Racine Carrée, Genticorumla Croisée d’Antan, la Volée d’Castors. Ils vous feront découvrir toute la beauté et la complexité de la musique traditionnelle, qui ne se résument pas seulement à taper des pieds et à jouer de la cuillère. 


Source photo : Les Poules à Colin

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