Par Sarah Gendreau Simoneau 

Qui n’a jamais vécu de stress ou d’anxiété? Qui n’a jamais ressenti le besoin de sortir de chez soi pour respirer et retrouver le calme? La santé mentale de bien des Québécois est mise à rude épreuve depuis plus d’un an et trouver des solutions pour raviver son bien-être est désormais une nécessité pour plusieurs. Il est prouvé scientifiquement que nature et anxiété font bon ménage, selon une équipe de chercheurs de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM). 

En effet, une vaste revue de littérature scientifique réalisée pour la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), menée par le Dr Louis Bherer, certifie que le contact avec la nature procure des effets positifs sur la santé générale de l’être humain. Il est à noter que parmi ces effets positifs se retrouve une diminution considérable du stress et de l’anxiété.  

Des bienfaits constatés 

Selon le Dr Bherer, son équipe de chercheurs a pu démontrer qu’il y a incontestablement des bienfaits physiologiques et psychologiques à l’exposition à la nature. Différentes études reposant sur des méthodologies scientifiquement éprouvées ont pu mener à cette conclusion. « J’ai été étonné par la solidité des constats et j’en conclus que la médecine pourrait faire plus de place aux espaces verts dans ses méthodes de traitements et ses prescriptions. Les effets de l’exposition à la nature sur la santé globale des individus présentent un vaste potentiel de recherche et j’espère vraiment avoir la chance de poursuivre des travaux dans cette direction », a déclaré le Dr Bherer, professeur titulaire au département de médecine de l’Université de Montréal et directeur adjoint scientifique à la direction de la prévention de l’ICM. 

Jacques Caron, président-directeur général de la Sépaq, remarque que les Québécois ont d’emblée choisi le plein air durant la dernière année et que ça a eu un effet positif sur la santé mentale des gens. « En sentier, en chaloupe, à vélo, au sommet d’une montagne comme sur le bord d’un lac, la nature fait du bien au corps et à l’esprit. La démonstration scientifique des bienfaits du contact avec la nature sur la santé devrait conscientiser plus que jamais à l’importance de protéger nos territoires naturels. La nature prend soin de nous. Prenons soin d’elle en retour. » Une étude de la Sépaq réalisée l’automne dernier atteste que les visiteurs des parcs nationaux ont ressenti les effets positifs de leur passage en nature. 87 % ont affirmé se sentir mieux au niveau de leur santé mentale et 84 % au niveau de leur santé physique. 

Un but plus qu’atteint 

L’équipe cherchait, en mettant sur pied cette revue de littérature, à obtenir un portrait scientifiquement appuyé des effets réels du milieu naturel sur la santé globale. Plus de 160 articles ont dû être analysés avec rigueur pour arriver à déceler des résultats plus que satisfaisants. À la suite de ces analyses, les chercheurs ont pu démontrer que l’interaction avec la nature apporte des bienfaits importants sur le corps et le cerveau tels qu’une réduction de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle ainsi qu’une réduction du niveau de stress. Le temps en plein air apporte également une meilleure relaxation et une diminution considérable de l’anxiété.  

Ce contact avec des milieux naturels réduit autant la dépression que les émotions négatives, il rend de meilleure humeur, il diminue la fatigue, il donne de la vitalité et améliore l’attention et la concentration, toujours selon les études. L’interaction avec la nature, apprend-on dans les recherches présentées par l’Institut de cardiologie de Montréal, apporte d’autres bienfaits liés notamment à l’amélioration du bien-être spirituel, au renforcement de la cohésion sociale et du soutien social ainsi qu’à la sensibilisation d’un comportement positif en matière d’environnement et de durabilité. Tant de bienfaits pour une petite marche en forêt ou un séjour au bord de l’eau. 

Bienfaits pour les étudiants 

L’étude menée faisait état de la population en général, la communauté étudiante incluse. Des recherches faites aux États-Unis par la Cornell University ont prouvé que seulement 10 minutes en nature permettent d’alléger le stress et l’anxiété ressentis par les jeunes de 15 à 30 ans. Ces recherches passaient en revue 14 études menées dans quelques pays comme le Japon, les États-Unis et la Suède. L’équipe de recherche a enregistré le nombre d’heures et de minutes passées en nature et les changements du bien-être et de la santé mentale avant et après ces séances en extérieur. Ils ont fait la même chose pour des universitaires qui avaient préalablement passé du temps en milieu plus urbain pour voir la différence entre la ville et la nature sur la santé mentale, explique la professeure du département de médecine de la Cornell University, Gen Meredith.  

Tout comme l’étude de l’ICM, les résultats démontrent que de passer entre 10 et 50 minutes en nature chaque jour permet de réduire le stress et l’anxiété de performance liés aux études et améliore l’humeur et la concentration des jeunes, surtout lors des périodes stressantes d’examens. L’étude spécifie aussi que simplement marcher ou être assis dans un environnement en nature permet d’avoir un effet positif sur la santé mentale. L’équipe précise que le fait de passer du temps dans la nature pourrait être prescrit comme une forme de traitement pour prévenir ou améliorer des troubles de santé mentale de plusieurs étudiantes et étudiants.  

Demain matin, si la distance le permet, marchez jusqu’à vos cours. Prenez votre pause de 20 minutes dehors. Allez découvrir le campus. L’Université de Sherbrooke offre la chance à la communauté étudiante d’évoluer dans un vaste environnement vert, bordé de forêts, de ruisseaux et de montagnes, il faut en profiter! Votre santé mentale vous remerciera. 


Crédit Photo @ Mathieu Dupuis – © SEPAQ

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