L’apiculture: une initiative qui bourdonne

Par Mai Lie Caya

Ruche Campus de l’Université de Sherbrooke a tenu une séance de formation apicole au Salon du carrefour de l’information du Campus principal. Le samedi 7 avril 2018, la séance d’information avait pour objectif de sensibiliser les gens aux rôles de ces petites bêtes poilues ainsi qu’à celui des apiculteurs dans leurs manipulations de la ruche. Suite à cette formation pédagogique apicole, le journal tenait à mettre en lumière les résultats des recherches menées par le groupe étudiant.

La recherche pédagogique

Le comité de recherche, dont la responsable est Ève Courtois, étudiante à la maîtrise en écologie, a vu le jour suite à la remarque de l’étudiante de l’absence de connaissance se rapportant à l’entomologie dans son baccalauréat en écologie. L’objectif du comité était de « monter un projet qui s’installe dans le cadre d’un cours d’entomologie offrant l’opportunité aux  étudiants et étudiantes de mieux comprendre l’écosystème dans lequel nos abeilles vivent », commentait Ève Courtois. La fonction pédagogique du comité de recherche Ruche Campus ouvre la voie à la cohorte étudiante à faire des évaluations sur le terrain, à recenser des résultats, à les analyser dans le cadre d’un cours pour ensuite fournir les résultats au comité de recherche Ruche Campus.

Les résultats de la recherche

Grâce à la recherche menée par les membres du comité recherche de Ruche Campus, ils ont été en mesure d’observer le mode d’approvisionnement en nourriture des abeilles ainsi que les facteurs de leur déplacement. Ainsi, le comité a pu constater que les populations de pollinisateurs avaient une plus grande propension à butiner dans les parcelles avec une forte présence de fleurs. Ainsi, il n’y aurait « aucune influence des bâtiments sur la tendance des abeilles à ʺpolliniserʺ autour », comme le confirmait la responsable du comité de recherche, Ève Courtois. De plus, la recherche menée au sein du comité a permis de faire l’inventaire des principaux végétaux poussant sur le campus de l’université. Environ 75 sites au potentiel mellifère y ont été dénombrés. Par définition, la plante mellifère dispose d’un nectar que les abeilles récoltent pour confectionner le miel. Ainsi, les membres du comité fondent leur recherche sur la recherche des facteurs qui incitent les pollinisateurs à butiner dans les multiples ressources du campus. Par ailleurs, le projet de l’été passé permettait de faire l’inventaire des différentes sortes d’insectes pollinisateurs butinant sur le campus. La forte présence de friches et la grande forêt située à l’université représentent des endroits de choix pour les abeilles.

Les sous-comités du comité

Deux autres comités ont été créés afin de sensibiliser la population à la valeur du travail des abeilles. D’abord, le comité d’activités éducatives est formé d’un groupe étudiant dont la vocation mise sur la sensibilisation à l’apiculture auprès de la communauté universitaire, mais aussi des élèves au niveau primaire. C’est en conscientisant dès le plus jeune âge la population que le comité de Ruche Campus espère que les élèves s’intéresseront au rôle de pollinisation des abeilles ainsi que leur apport dans la biodiversité. Non seulement les activités pédagogiques offertes au primaire déconstruisent les mythes entourant la réalité des abeilles, mais ces activités informent également les enfants du caractère indispensable des abeilles dans la floraison et la culture de fruits et de légumes. Ève Courtois mentionnait également l’intérêt du comité de sensibilisation à élargir ses activités au niveau secondaire.

Ruche Campus organise aussi des recherches en matière de conservation. Le comité de conservation a été créé pour assurer la biodiversité des plantes mellifères ainsi que des insectes pollinisateurs. D’ailleurs, le comité installera dès cet été un nouvel espace mellifère sur le campus où les insectes pourront allez butiner. L’endroit discuté est situé au rond-point de l’université.

Des ouvrières au travail

La culture des abeilles en zone rurale favorise notamment la production de fruits et légumes locaux ainsi que l’éclat de la floraison. Grâce au travail de pollinisation des abeilles, l’environnement assure un avenir plus végétal et productif. En effet, la population québécoise doit approximativement le tiers total de son alimentation à la pollinisation de ces petites bêtes poilues.  Par exemple, le café, le chocolat et les légumes ne seraient pas produits si les abeilles n’étaient pas là. Par ailleurs, la présence des abeilles assure la mise en valeur des espaces verts par leur travail de pollinisation. C’est d’ailleurs les principaux avantages qu’engendre l’apiculture urbaine, selon Ève Courtois.

Quel est le vrai problème avec les abeilles?

En effet, les médias couvrent une actualité où les colonies d’abeilles sont menacées par les pesticides trouvés dans les champs d’agriculture. En ville, les abeilles sont moins exposées aux dangers de consommation de pesticides. Alors, leur relocalisation dans des zones rurales permettrait selon les amateurs d’apiculture urbaine de contrer le phénomène menaçant de l’extinction de l’abeille.

Or, il semblerait que la médiatisation d’un phénomène alarmant où l’abeille est menacée ne représente qu’un mythe. En effet, Ève Courtois, dont les études en écologie lui ont permis d’acquérir une compréhension élargie de l’écosystème, remarque que la situation de survie des abeilles n’est vraiment pas si en péril que ce que les médias laissent le croire. C’est notamment à cause de la maladie du Varois qui s’attaque aux abeilles adultes que le taux de mortalité des abeilles augmente. Lorsque les médias mentionnent que le déclin de l’abeille menace sa survie, les journalistes oublient de mentionner que les abeilles font partie de différentes catégorisations, le bourdon, l’abeille indigène et l’abeille domestique. Or, celles visées par le dénombrement d’abeilles tuées par le Varois et les pesticides sont notamment les abeilles domestiques (taux de mortalité de 40 % selon Radio-Canada). Comme le rappelle Ève Courtois, ces abeilles sont domestiques et leur reproduction peut donc être contrôlée par les activités de l’humain. Or, sa survie n’est pas réellement menacée quant à Ève Courtois, car les apiculteurs contrôlent les activités des abeilles domestiques.

En parallèle avec l’histoire du Québec

La biodiversité des abeilles représente une richesse pour Ève Courtois. Les abeilles indigènes constituent un maillon indispensable au portrait historique des abeilles. Contrairement à l’abeille domestique qui a été introduite au Québec avec l’arrivée des Européens, les abeilles indigènes demeurent sur le territoire québécois depuis plus longtemps que l’insecte domestiqué par l’humain. Selon la responsable du comité de recherche de Ruche Campus, l’individu qui mérite une grande sensibilisation à son existence est l’abeille indigène. L’intérêt de l’étudiante à la maîtrise en écologie à encourager une conscientisation davantage axée sur le rôle des pollinisateurs indigènes est de pouvoir reconnaître la force de caractère de la petite bête poilue à survivre aux changements environnementaux. L’étudiante de l’Université de Sherbrooke renchérit en admettant l’importance de promouvoir la diversité des pollinisateurs.


Crédit Photo @ Ruche Campus

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