Par Camille Sévigny 

Le 9 novembre dernier avait lieu une première exclusive du film L’arracheuse de temps, inspiré de l’univers des contes de Fred Pellerin. Réalisé par Francis Leclerc, ce long métrage sort officiellement en salles ce 19 novembre.  

Près de 9 ans après la sortie du film Ésimésac (2012), dernier de la série entamée par Luc Picard avec Babine (2008), ce nouvel opus nous présente un univers familier, mais renouvelé, qui transcende le simple conte.  

Une nouvelle distribution 

Bien qu’une certaine nostalgie nourrisse l’espoir de voir l’ancienne distribution apparaître, un vent de fraicheur émane aussi de ces nouvelles interprétations. En effet, Marc Messier offre un Barbier Méo délicieusement tragi-comique. Émile Proulx-Cloutier se change en un Marchand Toussaint, économe, agaçant, mais qui veut bien faire. Les nouvelles venues, Jade Charbonneau et Marie-Ève Beauregard, dans les rôles de la jeune Bernadette et de Lurette, offrent d’honnêtes performances, grâce à leur chimie à l’écran. Il était aussi intéressant de voir Céline Bonnier en «sorcière Stroop», un personnage mystérieux et complexe.  

Bien que les autres comédiens (Pier-Luc Funk, Geneviève Schmidt, Guillaume Cyr) soient crédibles, ils n’offrent pas de performances aussi marquantes que celles de la grande Michèle Deslauriers (Grand-mère Bernadette) et du tout jeune Oscar Desgagnés (Petit Fred). À la fois crédibles, touchants et comiques, ils jouent à la perfection la relation de l’auteur avec sa grand-mère, protectrice de toutes les histoires caxtoniennes.  

Un scénario mitigé   

Malgré une belle brochette de comédiens et comédiennes, le film n’atteint pas de sommets vertigineux au niveau du scénario. La juxtaposition du moment présent, du conte raconté et du conte joué installe une certaine confusion, qu’elle soit voulue ou non. De plus, la course contre la montre, ou littéralement contre la mort, est interminable, ce qui n’aide en rien à la compréhension du récit.  

Finalement, le rôle des personnages au cœur de la quête devient peu à peu secondaire, tout comme l’intérêt du spectateur envers eux. Pourtant, il est nécessaire de souligner l’importance et la complexité données aux personnages féminins tout au long du long métrage, car ceux-ci solidifient grandement l’histoire présentée à l’écran. 

Un brin d’existentialisme au cœur du conte 

Bien que le conte prenne beaucoup de place, c’est l’effet de réalité qui touche le plus dans ce film. Rapidement, l’on réalise que le récit est une métaphore pour la vie, puisque celle de grand-mère Bernadette tire peu à peu à sa fin. Ainsi elle tente, par le conte, de préparer Fred à son départ.  

Somme toute, le film nous transporte dans la poésie de l’existence, à travers l’amour et la réconciliation de notre immortalité, donnant lieu à des scènes très touchantes entre Fred et sa grand-mère, nous laissant la satisfaction de l’avoir finalement «connue» après toutes ces années à en entendre parler par son petit-fils. 

Un film à voir pour les nostalgiques ressentant le besoin de revisiter le village d’origine du conteur québécois.  


Crédit photo @ Arrêt sur image, L’arracheuse de temps

Partager cette publication