Par Emie Charpentier 

Il y a de cela quatre ans, Marion Thénault savait à peine skier. Elle découvrait un nouveau sport, le ski acrobatique. Quelques années plus tard, elle se retrouve qualifiée pour les Jeux olympiques (JO) d’hiver 2022 qui se tiendront à Pékin.  

C’est à la suite de plusieurs années de gymnastique que la Sherbrookoise a décidé de se lancer, sans attentes, au camp des recrues RBC en 2017. Ce camp vise à découvrir des athlètes qui ont le potentiel de participer aux JO, et ce, dans différents sports. L’entraîneur de l’équipe canadienne de ski acrobatique, Rémi Bélanger, a choisi l’athlète principalement pour son bagage acrobatique.  

Elle a alors eu la chance d’essayer ce sport pour lequel elle a eu un véritable coup de foudre. C’est son entraîneur qui a su l’épauler dans ses débuts, en lui montrant les premiers sauts sur le trampoline et la rampe d’eau, avant de les effectuer sur la neige. 

« Je n’avais pas pensé à un sport en particulier, encore moins au ski acrobatique en saut, c’est quelque chose que j’avais vu une fois à la télévision aux Jeux olympiques et je me disais que c’était un sport de fou », explique Marion.  

Une année qui se révèle bénéfique 

Au cours des dernières années, Marion a participé à plusieurs compétitions de ski acrobatique et s’est vue particulièrement dominante sur le circuit nord-américain depuis 2019. C’est dans sa dernière saison de ski, à l’hiver 2020 et 2021, que la jeune athlète a connu sa saison la plus fructueuse. Elle a participé pour la première fois aux championnats du monde d’Almaty, où elle a terminé sixième dans l’épreuve individuelle de saut. Au départ, elle ne connaissait pas beaucoup le bassin d’athlètes contre qui elle allait compétitionner, mais elle a vite su bien se positionner et fixer ses objectifs qui étaient d’atteindre un podium.  

Elle a, par la suite, terminé troisième à la coupe de monde de Moscou et a su remporter l’or à l’épreuve de saut au Kazakhstan en mars dernier. Grâce à ses deux podiums, elle a remporté récemment le titre de recrue de l’année en ski acrobatique de la Fédération internationale de ski (FIS). Ces résultats sont d’autant plus impressionnants considérant le fait que l’athlète démontre une constance qui peut être parfois difficile à atteindre pour une athlète encore jeune dans sa discipline. 

Implications et engagements 

Les résultats obtenus à ses compétitions ne sont pas arrivés par hasard. Marion doit être organisée et disciplinée si elle veut réussir à combiner le sport et l’école. Elle étudie présentement en génie aérospatial à l’Université Concordia et doit donc consolider l’école en ligne ainsi que le fait de voyager constamment. Depuis le début de la session, elle est allée seulement une fois sur le campus et a voyagé fréquemment dans plusieurs pays comme aux États-Unis, en Suisse ou même en Finlande pour les camps d’entraînement et les compétitions.  

« C’est sûr que c’est plus difficile de manquer beaucoup de contenu de cours, mais la clé est d’avoir une bonne communication avec ses enseignants », explique-t-elle. 

Les journées typiques d’entraînement changent selon les saisons. L’été, les athlètes s’entraînent sur les rampes d’eau, puis l’automne est davantage consacré à la préparation de la forme physique. L’hiver, étant la plus grosse saison pour les skieurs, est plus chargé. Les athlètes se lèvent plus ou moins tôt pour aller s’échauffer, s’habiller, préparer le site d’entraînement et sauter pendant environ deux heures.  

Après, l’entraînement en musculation commence, tout dépendamment de ce que les entraîneurs ont prévu de travailler selon le cycle. S’en suivent alors des séances de rétroaction avec les entraîneurs afin d’observer les vidéos de ses sauts et de trouver les points à améliorer. Une journée classique se termine par de la physiothérapie et le tout peut parfois aller jusqu’à tard le soir. C’est pourquoi les journées de congé sont consacrées principalement à ses devoirs. 

 Vers les Jeux olympiques 

Pour la suite, Marion mentionne ne pas avoir d’objectif précis, mais elle connaît maintenant son potentiel et sait qu’elle peut atteindre un niveau plus élevé. Initialement, l’idée de faire les Jeux olympiques semblait ambitieuse compte tenu du fait qu’elle pratique ce sport depuis seulement 2018, mais elle est plus qu’enjouée à l’idée de participer à ses prochains JO qui lui permettront d’acquérir de l’expérience. Elle aimerait tout de même se rendre jusqu’en Super finale, soit un top 6, puis par la suite peut-être se rendre jusqu’au podium.  

Selon la jeune athlète, sa carrière en ski acrobatique est loin d’être terminée. Elle aimerait éventuellement participer aux JO de 2026 en Italie, mais ce qui compte ce ne sont pas seulement les médailles obtenues, mais surtout l’accomplissement et le dépassement de soi.  

« Pour moi, dans le sport, oui les médailles sont importantes, mais ce que je veux vraiment, c’est de savoir que j’ai atteint mon plein potentiel et que j’ai fait ce que j’avais à faire », conclut l’athlète. 


Crédits photo @ Fédération internationale de ski 

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