Par Guillaume Marcotte

C’est en 2003 qu’apparaît la première plateforme de crowdfunding, ArtistShare, laquelle est mise en place afin de permettre aux artistes de produire des albums par le biais de dons de la part de leurs fans. Quatorze ans plus tard, les plateformes de crowdfunding sont nombreuses et variées, et le crowdfunding est aujourd’hui un moyen fiable de financer un projet.

Le terme crowdfunding peut se traduire par financement socioparticipatif. Il s’agit d’un soutien financier offert collectivement par une communauté d’internautes. Concrètement, n’importe qui ayant une idée de projet peut présenter son idée sur l’une des nombreuses plateformes disponibles sur Internet : Kickstarter, IndieGoGo, GoFundMe, Patreon, Bandcamp n’en sont que quelques exemples.

Si l’internaute est interpellé par le projet, il peut donner le montant qu’il désire, qu’il s’agisse de 1 $, de 100 $ ou de 1 000 $. Dépendamment du montant donné, l’internaute bénéficie de privilèges, comme par exemple recevoir le produit en avance ou entretenir un lien plus proche avec le créateur.

Le fonctionnement général des plateformes de financement socioparticipatif est le suivant : le créateur du projet se fixe un montant de financement minimal à atteindre, ainsi qu’une date butoir pour le faire. Advenant le cas où le seuil minimal de financement est atteint, le créateur du projet empoche l’argent et se doit par la suite de mettre le projet en place. Dans le cas contraire, aucuns fonds ne sont transférés au créateur.

Si Kickstarter, IndieGoGo, GoFundMe et Patreon prennent une marge de 5 % sur le financement soulevé par chaque projet, Bandcamp, une plateforme de financement socioparticipatif dont le créneau est la vente de musique, se prend une marge de 15 % sur chaque morceau vendu : cette marge diminue à 10 % lorsque l’artiste atteint des ventes de 5 000 $.

Le taux de réussite des projets mis en ligne sur Kickstarter est de 36 %, ce qui peut paraître bas comme pourcentage. Toutefois, il faut garder en tête qu’il y a de nombreux projets qui peuvent être considérés comme « bidons ». Le « Potato Salad Project » est un exemple de projet bidon qui a surprenamment fonctionné : Zach Brown Danger avait mis en ligne son projet de préparer une salade de patates; il a réussi à amasser 55 492 $. Il existe également de nombreux projets irréalistes ou des affaires frauduleuses. Le chiffre de 36 % n’est donc pas une mauvaise statistique en soi.

Pourquoi le crowdfunding?

Le milieu artistique en est un difficile à percer : n’importe quel artiste qui fait le grand plongeon pour tenter de vivre de son art connaît de nombreux obstacles et échecs. Non seulement y a-t-il une féroce compétition dans le domaine artistique, mais il subsiste un certain élitisme quant à ceux qui réussissent et ceux qui n’y arrivent pas. De la même façon que les mécénats choisissaient les artistes de leur époque, les grandes maisons de disques telles que Warner Music Group ou Universal Music Group créent les stars de demain.

Le financement socioparticipatif permet aux artistes d’emprunter un cheminement différent. Plutôt que de devoir dépendre des galeries d’art, des maisons de disques ou des compagnies de production cinématographique, l’artiste peut obtenir son propre financement grâce au crowdfunding. Étant donné la marge très mineure prise par les plateformes de financement socioparticipatif, l’artiste bénéficie de la majorité des fonds levés et ne doit pas vendre son nom auprès d’une entreprise multinationale pour percer le milieu. Autrement dit, le financement socioparticipatif permet une certaine démocratisation de l’art, en ce sens que les projets qui réussissent sont décidés par la majorité active plutôt que par la minorité gouvernante.

La créativité, l’imagination et l’ingéniosité sont à l’honneur sur ces plateformes, où les projets peuvent autant avoir une portée sociopolitique ou scientifique qu’une portée artistique : Kickstarter, entre autres, possède de nombreuses catégories de projets, dont Art, BD, Artisanat, Danse, Cinéma et vidéo, Gastronomie, Jeux, Journalisme et Technologie.

L’art par le crowdfunding

Sisyphe, la table cinétique d’art, est une de ces créations d’ingéniosité. Alliant l’art et la science, Sisyphe est une table dans laquelle repose du sable; une petite boule métallique trace des motifs infiniment petits dans le sable grâce aux lois physiques de la cinétique.

We the People est un mouvement lancé par la fondation Amplifier Foundation, lequel incitait les Américains à sortir dans les rues lors du jour de l’inauguration de Donald Trump en arborant des chandails dépeignant les visages d’activistes comme Shepard et Ernesto Yerrera. Le but était d’envoyer un message de paix, d’amour et d’espoir, à la suite d’une campagne électorale somme toute haineuse de la part de Trump.


Crédits Photo © ICT io crowdfinding

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