Par Guillaume Lavallée

C’est en 2005 qu’Angela Merkel, la nouvelle chancelière d’Allemagne, prend possession du pouvoir; elle va le conserver 16 ans. Cette femme déterminée et remplie d’ambition s’est empressée d’entamer des relations cordiales avec ses homologues européens, de se présenter comme une pionnière pour les changements climatiques et de se focaliser sur les questions d’ordre économique pour développer son pays.

Durant son long règne, Angela Merkel a multiplié les succès, ce qui lui a inévitablement valu le respect et la reconnaissance d’un grand nombre d’électeurs et de dirigeants sur la scène internationale.

Succès économiques et ambition environnementale

L’Allemagne, qui était considérée au début des années 2000 comme la « malade de l’Europe », se retrouvait, selon le classement de US News et World Report, la 4e puissance mondiale en 2019. Ce changement est principalement dû à l’arrivée de cette femme dynamique obsédée par l’atteinte de l’équilibre budgétaire de son pays. Lors de la crise économique et financière de 2008, la chancelière a déployé une stratégie économique novatrice qui visait à favoriser des « réformes structurelles », contrairement à la majorité des autres pays, qui ont pour leur part misé sur une « croissance par les déficits ». Cette stratégie s’est avérée être un franc succès, puisque l’Allemagne est demeurée le moteur économique de l’Europe depuis.

De plus, choquée par l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, la chancelière allemande a changé son fusil d’épaule quant au nucléaire et a annoncé son abandon total d’ici 2030. En plus d’éradiquer le nucléaire, elle s’est engagée à atteindre la carboneutralité d’ici 2045. Cet engagement symbolique lui a valu le fameux surnom de « chancelière du climat ».

Malgré ces promesses ambitieuses, beaucoup de lacunes énergétiques à l’interne semblent difficilement surmontables. En effet, en 2020, selon Energy Charts, seulement 21 % de l’énergie consommée en Allemagne provenait de l’électricité, alors qu’une grande partie du restant du parc énergétique se retrouvait à être issu des énergies fossiles : 36 % de pétrole, 26 % de gaz ainsi que 2 % de charbon. À partir des prévisions de l’Agora Energiewende, pour atteindre ses cibles de réduction de GES, l’Allemagne devrait doubler ses investissements annuels dans les énergies renouvelables, pour atteindre entre 75 et 80 milliards; des sommes colossales.

Un gouvernement de coalition semble inévitable

Pour succéder Angela Merkel, un candidat semble faire l’unanimité en Allemagne grâce à son caractère calme et pragmatique : Olaf Schol, chef du Parti social-démocrate. Ancien ministre de l’Économie, cet homme en tête dans les sondages devra inévitablement tenter de former une coalition avec les partis opposants s’il désire atteindre la chancellerie selon Radio-Canada en date du 27 septembre 2021. De manière générale, une alliance entre deux partis est nécessaire pour atteindre une majorité, mais le scrutin est si serré qu’il sera nécessaire de coaliser trois partis pour atteindre la majorité; une première depuis 1950.

Angela Merkel lègue derrière elle des années mémorables de prospérité, des sympathisants attristés ainsi que des promesses environnementales audacieuses que devra inévitablement surmonter son successeur.


Crédit photo @ Fantareis

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