Par Simon RD

Il aura été une fois, l’année 2020. Cette drôle « d’époque » qui avait commencé pour moi, les deux pieds dans le sable, le regard rivé sur l’horizon couleur Azul coloré par le reflet de la mer des Caraïbes. Loin de moi l’idée que cet horizon au loin cachait une année aussi turbulente et sans précédent. Moi qui pensais que c’était ce dixième rhum and coke qui m’avait embrouillé la vue, mais non… Quelle aventure ! Or, il est maintenant le temps de se détendre, car les fêtes arrivent. Payons-nous la traite et analysons cette année du jour un à aujourd’hui.

C’est bien simple, pendant qu’un virus inconnu traçait son chemin subtilement en Asie, l’année 2020 avait commencé par le lancement d’un missile par les États-Unis sur un général de l’armée iranienne, Quassem Soleimani. Tout va bien ! Ça y ait, tout fraîchement revenu de cette chaleur de Santiago de Cuba, j’étais sûr que nous allions nous faire mettre une des pires guerres dans la tronche ! Mais, apparemment cela n’est pas arrivé.

Plus près de chez nous et un peu plus tard, une autre crise fut le théâtre de grandes manifestations autochtones. En effet, on bloquait des chemins de fer partout au Canada en soutien à la nation des Wet’suwet’en, qui voulait bloquer un projet d’oléoduc. Les incultes de l’histoire diront que les autochtones chialent sans payer de taxes et les gens plus ouverts d’esprit diront que « le problème indien est un problème blanc » (Pierre Falardeau).

Le confinement (le premier)

Le vendredi 13 mars, François Legault et son équipe annonçaient que le Québec se « mettait sur pause ». Tout ferme, un virus invisible a mis chaos des milliards de Sapiens d’un seul coup. Le fédéral lui, nous envoyait des chèques : c’est le party, on fait du pain maison et on regarde des Tik-Tok (pas encore Tik toxique).

Certains ont pu se ressourcer et finir de vieux projets. On dirait que ce confinement était comme un éveil, comme une désillusion de ce monde qui roule à 100 milles à l’heure. Cette vie, ce train haute vitesse qui nous empêche de penser, de réfléchir, de nous permettre d’apprendre à mieux nous connaître et à nous émanciper. L’année 2020 rimait avec redéfinir notre façon de vivre. Mais, finalement, ce serait beaucoup plus complexe que cela, l’an 2020.

Retenez votre souffle

En mai, l’événement tragique entourant la mort de George Floyd sera bel et bien l’un des événements marquants de l’année 2020 et le début d’une grande épopée vers une révolution qui se fractionnera en 150 autres, contre des blessures, depuis longtemps en hémorragies et parfois à l’encontre de la liberté de pensée et d’expression. Pendant ce temps, on apprend de plus en plus l’existence d’un camp de concentration pour musulmans en Chine.

Au Canada, notre cher et tant aimé Macdonald voit sa statue être déboulonnée avec raison au nom des peuples racisés, mais on oublie qu’il était aussi le bourreau des francophones. Les dirigeants s’attristent de la situation et on se demande encore pourquoi le terme racisme systémique semble être aussi complexe.

Été 2020

En juin et juillet, au Québec, un nouvel élan de dénonciation contre les agresseurs sexuels, contre ces femmes et hommes qui se croyaient au-dessus des autres, refaits sur face. De ceux-là, Julien Lacroix et Marie-Pier Morin tombent en pleine gloire. On constate que le showbiz a besoin d’un sérieux examen de conscience. Enfin, les hommes en général…

Durant le reste de l’été, aux États-Unis, les manifestations antiTrumps, proTrump, Woke, antifa et Black lives matter continuent. Certains commencent déjà à craindre une escalade jusqu’à une Guerre civile. On se croirait dans un nouvel épisode des années 60 et début 70 à l’image de Martin Luther-King, les groupes antiségrégations raciales, la désillusion du rêve américain des années 70, les peace in love, c’est presque la reprise d’un film qu’on a déjà vu. Mais, les révolutions sont nécessaires.

L’automne 2020

C’est la course présidentielle aux États-Unis. Donald Trump attaque Joe Biden et vice versa. On crie déjà à la fraude électorale, la gauche et la droite se disputent comme jamais, personne ne s’écoute et tout le monde veut avoir raison. « Définancement » de la police et désarmement sont des points majeurs du débat.

Les conspirationnistes se font censurer par les géants du web, les chambres d’échos s’agrandissent et on radicalise ceux qui ne croient pas à la pandémie. On ne veut pas de débat sur le port du masque et le vaccin. Résultat : le débat est encore plus divisé et violent !

En France, un professeur d’histoire se fait décapiter en pleine rue pour avoir montré des caricatures de Mahomet. Au Canada, c’est le lynchage public d’une professeure de l’Université d’Ottawa pour l’usage du « N Word ». Au lieu de lui expliquer la modernité, on la crucifie et on tasse d’un coup la liberté académique. Deux événements qui proposent le retour de l’obscurantisme. L’homme dans toute sa contradiction veut établir le bien et le mal et le feu est beaucoup trop brûlant pour le dialogue.

Certains parlent du « comme avant », mais il n’y en aura pas de « comme avant ». Sinon, à quoi auraient servi tous ces soulèvements souvent nécessaires ? Après la Guerre de Sécession il n’y a pas eu de « comme avant ». Après la révolution agricole des Sapiens non plus. Cette révolution qui nous a tous réduits à l’esclavage.

Demain matin, à l’aube de 2021, sous une neige enneigée, le lever du soleil réfléchira sa lumière sur les cicatrices de notre société qui, pendant un an, aura été divisée comme jamais depuis bien longtemps. Un an d’entre-déchirures, culturelles, physiques et idéologiques. Pourtant, je suis sûr que ce coup de massue a été important pour l’éveil des consciences. Mais, pendant tout ce temps, ceux qui ont perpétué et créé tout ce chaos s’en sont sortis quasiment indemnes, bien perchés dans leurs postes d’observation, ricanant sur leurs gros billets et devant une société qui s’est disputée pour des lois et des « abominabilitées » du système qui ont été manigancés par ceux de là-bas.

Pour 2021, je souhaite à ma société la paix. Nous seuls déciderons que l’amour et le dialogue sont la solution pour la suite du monde.


Crédit Photo @ Simon RD

Partager cette publication