bois_beckett_denis_beaulieuCe mois-ci, nous rencontrons Denis Beaulieu, féru de l’histoire estrienne et auteur de chroniques hebdomadaires dans La Tribune sur le patrimoine de la région.

Philippe Côté

Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’histoire de la région?

Au départ, j’ai toujours travaillé au niveau de toute la région de l’Estrie. Elle m’a toujours attiré. Ça a commencé avec le village de La Patrie, puis je suis parti sur les traces de Jérome Chicoyne. C’est de faire ressortir le patrimoine architectural, culturel, linguistique et religieux que les gens ont oublié qui me passionne. C’est de ramener dans la mémoire collective le patrimoine qu’on peut sauver.

Est-ce qu’on peut trouver une distinction entre l’Estrie et le reste des régions du Québec?

Oui, dans le mariage de deux mentalités, françaises et anglaises. La distinction vient de l’identité même des Eastern Townships, qui a une jeune mentalité, et qui est région bilingue et multiculturelle. C’est une situation unique. Nous sommes près des lignes américaines, et l’influence se fait sentir. Cette mentalité se retrouve dans les petits villages du long de la frontière, et ajoute une couleur particulière aux Cantons-de-l’Est.

Quels sont vos coups de coeur dans la région de l’Estrie?

Ce sont les rivières qui ont fait l’histoire de la région. Magog, St-Francois, Coaticook. C’est de là que toute l’histoire de la région provient. J’avoue cependant avoir un faible pour Mansonville, sur le bord de la frontière près d’Owl’s Head, qui a certains secrets cachés, dont un monastère russe. Si on gratte un peu, on trouve plein d’histoires intéressantes. Highwater, petit village au sud de Mansonville, est notamment célèbre pour le Space research corporation, société de recherche spécialisée en balistique du regretté Gerald Bull.

(Note au lecteur : Gerald Bull fut un spécialiste en balistique travaillant sur des projets de super-canons, s’impliquant pour plusieurs gouvernements, dont les États-Unis, l’Afrique du Sud et l’Iraq. Lié pendant certaines années à la CIA, il fut assassiné en 1990 après son implication dans la guerre irano-irakienne)

Évidemment, La Patrie fut pour moi un coup de coeur personnel. J’ai fait l’histoire et la généalogie du village. C’est de ressortir des petites histoires de chaque village qui m’allume.

D’où vient cette passion pour l’histoire?

Quand j’étais à l’université, j’ai toujours été intrigué par les livres d’histoire. Comment fait-on pour écrire un livre? Lorsque j’ai dû travailler pour le gouvernement sur le dossier autochtone des coopératives inuites du Nouveau-Québec, j’ai eu l’occasion de retracer le passé de ce cas. C’est avec ce dossier que j’ai écrit mon premier livre, avec beaucoup de matériel de recherche. Par la suite, j’ai continué à fouiller sur tout ce qui m’intéressait.

Et Chicoyne? Pourquoi avoir écrit un livre sur lui?

Partout ou j’allais en Estrie, Jérome Chicoyne était mêlé a des panoplies d’histoires. Il a été deux fois maire de Sherbrooke, il a été directeur général de la compagnie nantaise à Lac-Mégantic, est instigateur du projet à l’origine du village de Woburn, s’est retrouvé député du comté de Wolfe, s’est impliqué dans les projets de loi sur les coopératives au fédéral… Tout ce à quoi je touchais, Chicoyne n’était pas bien loin. C’est vraiment un personnage à découvrir.

Quels sont vos projets actuels?

La société de généalogie, d’une part, et l’écriture de mes mémoires, surtout. J’ai beaucoup d’histoires à raconter, dans les carnets de grand-papa. En bout de ligne, de construire l’os principal de l’histoire de ma famille est pour moi très important.

Vivre un amour inconditionnel pour l’Estrie, bien sûr, mais la famille passera toujours en premier.

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