Par Sarah Gendreau Simoneau 

Dans les dernières années, les histoires d’abus dans le monde sportif n’ont cessé de croître. Que ce soit au niveau des climats toxiques, des agressions sexuelles, des voies de fait, de l’abus psychologique, toutes sortes d’histoires d’horreur apparaissent dans les médias. Le gouvernement du Canada a décidé d’instaurer son propre mécanisme pour contrer ces abus.  

En novembre dernier, le gouvernement du Québec annonçait son mécanisme de défense pour les plaintes d’abus dans le sport. Un officier a été nommé pour recevoir des plaintes directes des athlètes. La ministre Isabelle Charest espère que « les victimes se sentiront en confiance de porter plainte et que l’on va assurer l’équité et l’impartialité dans le traitement des plaintes », rapporte Radio-Canada Sports. Le rôle de l’officier ? Pouvoir exclure un abuseur présumé d’une communauté sportive et proposer de la médiation entre les parties. Là où le mécanisme pose problème, c’est que s’il s’agit d’une plainte faite par un athlète qui relève d’une fédération nationale, l’officier ne pourra pas exercer les mêmes pouvoirs. 

Un mécanisme indépendant 

Voilà pourquoi le Canada se dote lui aussi d’un mécanisme pour empêcher ou diminuer les abus. Plusieurs scandales fédéraux ont fait abondamment parler, notons entre autres les derniers soit celui concernant Natation Artistique Canada et celui entourant Rugby Canada. Le nouveau mécanisme indépendant du Canada aura pour mandat de recevoir les plaintes concernant les fédérations sportives nationales et de les traiter. C’est très semblable à ce que le Québec a mis en place il y a quelques mois. Sylvain Croteau, le directeur général de Sport’Aide, énonce que le mécanisme doit être totalement indépendant pour assurer la réussite du processus. Selon lui, « c’est extrêmement important que les victimes aient la certitude que l’endroit, le guichet, la personne ou les gens auprès desquels elles vont faire part de la situation fassent preuve d’une indépendance complète et totale ». La clarté et l’absence d’ambiguïté priment dans le processus ainsi que l’accessibilité pour les victimes.  

Pouvoir de sanctions 

Le fédéral veut éventuellement que son mécanisme puisse déterminer, recommander et contrôler la mise en œuvre de sanctions équitables et appropriées pour les comportements à l’origine d’une violation du Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS). L’organisme indépendant va aussi devoir soutenir les victimes en offrant de la médiation et un processus d’appel de décision. C’est donc dire qu’il y aura un volet sensibilisation et éducation au mandat. « L’un des défis les plus importants dans les environnements sportifs, c’est de débanaliser et de « dénormaliser » les comportements. Trop de gens en viennent à accepter les choses, parce que des coéquipiers le font ou que ça a toujours été comme ça », explique M. Croteau.  

La volonté d’harmoniser les pratiques entre le fédéral et les provinces est présente. Le mécanisme n’exclut pas la possibilité d’offrir ses services à des organisations sportives provinciales ou même communautaires si le besoin se fait sentir.  

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