games.crossfit.com_petitJeudi, fin d’après-midi, je suis attablé en solitaire au fond de la Taverne Alexandre. Odeur de popcorn et de bières en fût m’envahissent les narines. Non loin de moi, deux femmes sirotent leur flute de bière respective. Dans une taverne, des femmes. Ça m’a parlé. J’ai envie de leur dédier ce petit mot…

Par Jonathan Tremblay

Ode à la fille qui va courir pour se mettre en forme, pis pas pour impressionner les boys au 4@7 avec leur shape de plage. Je parle de celle qui le fait pour elle. De celle qui le fait pour s’améliorer dans sa discipline sportive, quelle qu’elle soit.

Ode à la blonde qui est capable de sacrer une bine sur l’épaule de son chum et qui lui fait réellement mal.

Ode à toutes les filles qui jouent mixte dans les intramuros et qui se font brasser sans broncher, pis qui vont la mettre dedans quand même…

Ode aux filles qui me ramassaient et qui me lançaient de tous bords, tous côtés, comme si j’étais une marionnette, dans le temps où je jouais au rugby.

Ode aux filles qui en ont rien à foutre de se faire traiter de lesbiennes parce qu’elles pratiquent un sport un peu plus rough, un sport de gars, comme on dit…

Ode à la blonde qui suit son joueur de hockey dans tous les arénas, qui est pas juste là pour flasher pis qui va dire qu’elle avait la tête tournée pour jaser avec ses amies ou avec la belle-mère quand t’as scoré le but gagnant, en overtime. Celle-là, elle ne t’a pas lâché des yeux un shift de toute la game.

Ode à nos deux représentantes sherbrookoises qui ont fait briller la région et la province à l’international récemment; vous ne pourriez nous rendre plus fiers.

Eh oui, si vous ne le saviez pas, Camille Leblanc-Bazinet, alias LA femme la plus en shape de la planète, vient d’être sacrée championne mondiale de crossfit. En plus, elle est un produit de notre belle Université, pis elle étudie en génie chimique. Au diable les stéréotypes et les langues sales. Tout comme Marie-Ève Beauchemin-Nadeau, l’étudiante-athlète du Vert et Or, joueuse d’ultimate frisbee et haltérophile à ses heures, qui a remporté la médaille d’or dans cette discipline aux Jeux du Commonwealth, la semaine dernière. Coudonc, t’arrêtes-tu pour respirer, de temps en temps? Soulever des charges entre 240 et 310 livres, quand tu en pèses 165, en établissant un record au passage, y’en a pas de problème.

J’aurais adoré rencontrer ces jeunes femmes afin de discuter avec elles, mais en tant qu’étudiant en fin de session n’ayant pas leur drive ni leur organisation, j’ai préféré leur rendre grâce. (Vous êtes des machines, les filles, chapeau!)

Ode, aussi, aux pères, qui restent à la maison pour jouer avec les petits, pendant que maman est partie claquer des coups de circuit.

Ah, pis Ode à ma mère, qui me JURE qu’elle aurait pu jouer pour Team Canada, s’ils avaient accepté les filles dans les ligues de hockey, dans ce temps-là…

Ce temps-là, où des femmes dans une taverne, ça se voyait pas.

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One thought on “Ode à la sportive, pis à celle qui connait ça”

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