Crédit photo © Vicky Tous les jours de ma vie

Par Catherine Foisy

Le temps veut que les barbes et la longue chevelure soient chose à la mode. Paradoxalement, un dos ou un torse tapissé de poils est à proscrire. Puis là, on ne parle pas des sourcils, des poils de nez, d’oreilles ou de craque de fesses. Poil de bête, ou homme à poil? 

Revenons au sondage préalablement effectué. Sondés à propos de leur perception concernant la pilosité féminine, plusieurs répondants ont ouvert la porte à une discussion concernant la pilosité masculine. Plusieurs indiquaient que le poil, chez l’homme, est synonyme de virilité alors que d’autres soulignaient qu’une trop forte pilosité pouvait s’avérer embarrassante.

Selon les rumeurs, plus d’un homme sur cinq s’épilerait. Mais si plusieurs sondages suggèrent ce taux, aucune étude sérieuse ne le démontre. Afin de personnifier les données que les différents sondages rapportent, quelques hommes dans la vingtaine, tous étudiants de l’Université de Sherbrooke, ont accepté de se prêter à un exercice portant sur la perception sociétale et individuelle de la pilosité masculine. De ces hommes, certains abordent une pilosité élevée alors que chez d’autres, elle est plutôt faible.

Ont-ils déjà souhaité avoir davantage ou moins de poils?

Plusieurs d’entre eux y ont déjà pensé. L’un d’entre eux aurait souhaité en avoir davantage à certains endroits ciblés. « Plus de poils dans le visage, oui! J’ai une moustache qui laisse à désirer et la plus pathétique des barbes, et des fois j’aimerais savoir de quoi j’aurais l’air avec une vraie barbe. Sinon, pour le reste, non, je suis à l’aise avec le peu de pilosité que j’ai sur le corps. »

Un second, quant à lui, explique que plus jeune, il a souvent été victime des moqueries de ses camarades de classe. Il ajoute qu’il était l’un de seuls, en bas âge, à avoir une pilosité proéminente qui, évidemment, était difficile à cacher.  D’ailleurs, sa pilosité est même allée jusqu’à rimer avec honte. Honte d’un corps poilu, surtout en présence de la gent féminine.

Il est déjà arrivé à un participant de souhaiter avoir moins de ces tiges duveteuses. Mais selon lui, le poil masculin n’est pas perçu de manière péjorative. Mais, toujours selon ce dernier, il ne s’agit pas non plus de quelque chose de bien présent chez les mannequins, par exemple.

Certains ne se sont même jamais posé la question.

On jase épilation masculine

Alors que La Presse présentait en avril dernier le petit guide de la gestion de la pilosité, quatre hommes interrogés en ont analysé le contenu avant de développer sur le sujet. Chez les quatre, la pilosité est perçue comme étant un choix personnel, qui, encouragé ou pas de la société, ne relève que de celui qui optera ou pas pour celle-ci. Toutefois, s’il est suggéré que le « look » naturel (entretenu) est ce qui a de plus populaire, un des participants apporte un point. « Le look  “naturel” des poils doit être stylisé, on ne peut seulement vivre avec nos poils, il faut les entretenir. Ce n’est donc plus un look naturel, c’est artificiel complètement. » D’ailleurs, on remarque que les magazines de tendance ne font que cela : proposer des looks naturels. Mais, par définition, ce qui est naturel n’est pas retouché. Le naturel de la pilosité masculine est-il appelé à disparaitre? L’épilation masculine, elle, sous toutes ses formes, est-elle devenue une norme?

Entre lumberjack et homme dénudé de poils, tous sont, avec ou sans poil.


Pour accéder à l’éditorial de notre chef de pupitre société Catherine Foisy, cliquez ici!

Partager cette publication

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *