Par Josiane Demers 

Le 28janvier dernier, LCollectif s’est entretenu avec le Dr Nicolas Tétreault, Biochimiste clinique  Directeur scientifique chez Biron Groupe Santé. Au-delà de représenter l’entreprise pour laquelle il travaille, la volonté d’informer les gens et d’offrir le meilleur aux patients est au cœur de ses préoccupations. 

Biron Groupe Santé mise certainement sur l’innovation, mais priorise également la prévention. C’est pourquoi l’entreprise québécoise met l’accent sur l’importance de la médecine préventive et de la médecine prédictive. Sans intérêts corporatifs et dans l’objectif de favoriser le développement de nouvelles idées dans son domaine d’activité, la compagnie a lancé, le 11janvier dernier, le concours Phase B qui octroiera une bourse pour le développement d’un projet innovateur en médecine de recherche.  

Des valeurs importantes 

En conversant avec le Dr Tétreault, il est évident qu’autant lui que l’entreprise qu’il représente priorisent l’humain, le patient. Il ne fait pas l’apologie du secteur privé au détriment du secteur public, mais y perçoit plutôt une possibilité de collaboration. Celui qui a travaillé auparavant dans le secteur public explique « qu’il croit en un système de santé fort. Il doit être solide, bien encadré. Il y a une complémentarité avec le privé qui sera essentielle dans certaines occasions comme pour être un moteur d’innovation. Ces dernières se trouveront éventuellement dans le secteur public et disponibles à grande échelle. »  

Il ajoute que sa motivation et celle de Biron Groupe Santé résident dans l’objectif de s’assurer « que ce qui sera disponible en médecine de laboratoire et qui amène une plus-value aux patients sera offert. On a la santé du patient au cœur de nos préoccupations et nous voulons donner aux cliniciens les meilleurs outils qui reflèteront sur le client. » 

Médecine préventive 

En priorisant le bien être des patients, il est primordial de parler de médecine préventive. Le Dr Tétrault souligne l’importance de « travailler la prévention au lieu d’être constamment en réaction ». Cette méthode de travail se répand de plus en plus et est encouragée alors que notre système de santé est surchargé. 

Lorsque certains problèmes de santé sont prévisibles et qu’un simple changement dans les habitudes de vie peut éviter un suivi médical serré, cela désengorge le système. À grande échelle, cela entrainerait un allégement de la pression sur notre système public.  

« Il y a une prise de conscience dans les dernières années. Le système de santé globalement gagne à aller vers une médecine préventive, gagne à arrêter d’être réactif, lorsqu’on peut prendre le problème en amont avant que ça ne devienne cliniquement essentiel de traiter avec des médicaments. Le patient et la société gagnent »

 Le Dr Nicolas Tétreault 

Tout cela peut paraitre quelque peu abstrait lorsque la santé n’est pas notre domaine de prédilection. Il est donc pertinent d’offrir un exemple concret. Prenons le diabète de type2. Si un médecin rencontre un patient ayant un excès de poids et semble toujours fatigué, il sera probablement optimal de lui suggérer de modifier ses habitudes de vie en lui expliquant qu’il est à risque de développer cette maladie. Si le patient adopte de saines habitudes, il n’aura possiblement pas besoin de médication pour traiter le diabète de type2. Il faut noter que cela n’est pas une garantie et que chaque personne est différente, mais scientifiquement, les chances de développer cette morbidité diminuent considérablement grâce à la médecine préventive.   

Médecine prédictive 

La médecine prédictive va encore plus loin. En fait, elle vient la bonifier la médecine préventive en donnant des indices aux médecins cliniciens concernant l’avenir médical de leurs patients. Selon l’organisme Predmed chapeauté par l’Université Harvard et spécialisé dans la médecine prédictive, l’un des volets importants dans ce domaine est « l’historique intelligent ». Il s’agit d’utiliser des données déjà disponibles informatiquement sur un patient et de prédire ses risques médicaux futurs. Cela peut aussi aider les médecins dans leurs interventions et améliorer les soins qu’ils octroient. Ces techniques relativement récentes sont extrêmement intéressantes selon le Dr Tétrault, mais soulèvent plusieurs questions éthiques. Il faut donc être prudent.  

La branche la plus connue de la médecine prédictive est évidemment l’analyse génétique. Cela permet, en prélevant et en analysant l’ADN d’une personne, de distinguer certaines mutations qui la prédisposent à un risque élevé de développer une maladie grave. Cela offre aux professionnels de la santé la possibilité de présenter un traitement préventif, comme une mastectomie dans des cas de cancer du sein par exemple, afin d’éviter une situation qui sera encore plus lourde de conséquences 

Le domaine de la médecine prédictive est en plein essor et cet intérêt est certainement lié au développement de plus en plus rapide de l’intelligence artificielle (IA). Au Québec, il existe une expertise accrue dans ce domaine. Le raffinement des techniques pousse de plus en plus loin la science.  

Phase B 

Le 11janvier dernier, Biron Groupe Santé ouvrait le concours Phase B accordant une bourse de 25000 $ au gagnant et de 5000à la personne se situant en deuxième place. Dans son communiqué, l’entreprise indique que c’est « une compétition encourageant les innovateurs qui développent et rendent accessibles des solutions novatrices dans le domaine de la médecine préventive et prédictive ».  

Pour expliquer la motivation de l’entreprise derrière cette initiative, le Dr Tétreault explique que son équipe se faisait régulièrement approcher pour de belles initiatives québécoises. « Nous sommes ouverts à ces idées, mais nous avons constaté qu’il y avait une difficulté pour ces entreprises ou individus à bien encadrer leurs idées et de passer de l’idéation à l’application clinique ». Il ajoute qu’il « y a de la complexité dans cette application et que cela peut faire peur» 

« C’est une de nos forces de partager et d’aider à naviguer cette complexité en connaissant les bons leviers, les bons réflexes et la compétence clinique », poursuit-il. C’est dans cette optique que le concours fut conceptualisé.  

Il est encore temps pour des chercheurs innovants de participer au concours. Les candidatures sont acceptées jusqu’au 26février prochain.  

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