Campus-Laurence_Poulin-Laurent_Proulx-Phototeque_Le_Soleil_Patrice_LarocheAlors que Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin, acteurs omniprésents de la grève étudiante de 2012, tentent de se dresser une place hors des cibles journalistiques, un autre acteur, lui, s’y est retrouvé au cœur tout dernièrement.

Par Laurence Poulin

Laurent Proulx, étudiant grandement médiatisé lors de cette grève, est passé devant la Cour supérieure avec Miguaël Bergeron. Le procès des deux anciens étudiants de l’Université Laval s’est déroulé du 9 au 12 décembre 2014 au palais de justice de Québec, afin de contester l’obligation d’adhérer à une association étudiante.

Proulx avait été le premier étudiant à recevoir une injonction pour avoir le droit de retourner sur les bancs d’école. À l’époque de la grève, celui-ci désirait créer une association dissidente de celle qui le représentait, soit l’Association des étudiants des cycles supérieurs de l’Université Laval. Son plan avait rencontré une difficulté importante, soit celle de l’interdiction par la loi. Sa marge de manœuvre était équivalente à celle de créer un club de philatélie.

Obligation d’adhérer à une association

Actuellement, pour avoir le droit de suivre des cours, un étudiant postsecondaire est obligé d’adhérer à une association étudiante universitaire ou collégiale. Le motif principal de Laurent Proulx est celui-ci : il désirait intenter un procès puisqu’il considère qu’un monopole concernant la représentation et le financement des associations étudiantes est à briser. De surcroit, il considère qu’un étudiant qui ne partage pas tous les points de vue de son association ne devrait pas être obligé d’y adhérer. Il engageait, par tout cela, une atteinte aux droits individuels. Le but ultime du procès est de faire invalider certaines dispositions de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants.

Stéphane Beaulac, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, s’est prononcé sur l’issue de ce procès qui ne sera connue qu’en avril prochain. Selon lui, ça augurerait dans le sens souhaité par Proulx et Bergeron, puisque « les associations ont tendance à recourir fautivement à des concepts liés à la mobilisation des travailleurs pour l’appliquer à la mobilisation étudiante ». Selon lui, la décision permettra de revoir le concept de consensus lié au droit de grève des étudiants.

D’un tout autre ordre d’idée, Laurent Proulx a également fait la manchette pour son rapprochement politique avec le maire de Québec, Régis Labeaume. En effet, l’ancien étudiant aurait approché le clan Labeaume et aurait soumis sa candidature à titre de conseiller politique du maire, poste qu’il a obtenu.

Impact sur les associations étudiantes

La décision de la Cour supérieure aura possiblement un impact sur la structure et sur le fonctionnement des associations étudiantes. En effet, si elle est en faveur de Proulx, elle pourra avoir des répercussions à la grandeur des universités du Québec, jusqu’ici à Sherbrooke. Si c’est le cas, les associations devront revoir leur moyen de financement. Certains étudiants peuvent considérer que leur facture de droits de scolarité implique trop de dépenses obligatoires. Par exemple, tous les étudiants de l’université doivent verser un certain montant pour l’association de leur faculté, ainsi qu’à d’autres services sur le campus, par exemple la radio étudiante CFAK, Le Collectif et plus encore. Ces montants versés sont souvent vitaux pour la survie des associations, mais semblent parfois inutiles pour ceux qui n’y prennent pas part.

La demande de Laurent Proulx sera donc un cas à suivre dans les prochains mois…

 

 

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