Par Ariane Lacerte 

 C’est dans le cadre des midis-conférences organisés par le Groupe de recherches et détudes sur le livre au Québec (GRÉLQ) que Marie-Andrée Bergeron, professeure au Département de littérature de l’Université de Calgary, présentera la conférence «Sois belle, mais ne te tais pas» : ambivalence du discours féministe dans le magazine Chicle 16avril prochain, de façon virtuelle. 

Amoureuse de littérature et des mouvements féministes depuis qu’elle est toute jeune, Marie-Andrée Bergeron s’intéresse depuis longtemps à la place des femmes dans la littérature. C’est notamment cet intérêt qui lamenée à déménager à Calgary où elle enseigne la littérature québécoise, la littérature franco-canadienne, la littérature des femmes et les études culturelles depuis bientôt 6ans.  

Lors d’un temps mort entre deux stages postdoctoraux, elle a eu la chance d’aller enseigner un séminaire à l’Université de Calgarypuis finalement, un poste en littérature québécoise s’est ouvert et elle l’a obtenu. 

«Dans un an, après mon année sabbatique, je vais avoir la chance d’enseigner un cours par année au sein du programme de Gender and Sexuality Studies», se réjouit Marie-Andrée Bergeron. Ce nouveau programme consolidera sa passion pour les théories féministes et pour la transmission de connaissance.  

Un magazine marquant  

«La conférence portera sur le magazine Chic qui a été le premier hebdomadaire construit par et pour les femmes au Québec», déclare Marie-Andrée Bergeron. Malgré son maigre nombre de publications, le magazine a été assez marquant notamment par ses messages ambitieux pour l’époque. «Le magazine Chic est très peu mentionné dans les histoires de la presse féminine au Québec parce qu’il a été très fulgurant, le magazine n’a été publié que de février à novembre 1954», complète la professeure. 

La conférence se nomme «Sois belle, mais ne te tais pas» puisque l’on peut remarquer un certain discours féministe. En raison de l’époque, le magazine Chic n’est pas explicitement identifié comme étant un magazine féministe. Par contre«il a tout un discours autour du fait que les femmes peuvent/doivent être indépendante financièrement, qu’elles peuvent avoir des emplois et que les femmes journalistes peuvent traiter de sujets autrefois qualifiés de sérieux, pas seulement de cuisine et de mode», affirme-t-elle.  

 «Il y a tout ce discours qui est présent, mais en même temps il y a tout le discours sur le glam, le chic et l’importance d’être belle et d’être une bonne mère au foyer », ajoute Marie-Andrée Bergeron.  

«La figure dOdette Oligny, la fondatrice du magazine Chic, est très importante dans l’histoire de la presse des femmes»explique madame Bergeron. «Étant donné qu’Odette Oligny a été la première femme journaliste qui a uniquement vécu de sa plume, elle a été la preuve qu’une femme peut avoir une opinion et traiter de sujets réservés aux hommes autrefois», renchérit la conférencière.  

La conférence du 16avril prochain ne traitera pas majoritairement de la vie de madame Oligny. Toutefois, sa figure est très importante pour les travaux de recherches de madame Bergeron 

Son moteur de recherche  

Son côté militant a été le moteur de recherche de tous ses projets de recherche et de son intérêt pour la politique. « C’est parce que j’étais féministe que j’ai décidé de faire des études en littérature des femmes, en littérature féministe puis en histoire intellectuelle du féminisme», raconte Marie-Andrée Bergeron.  

Elle se souvient qu’en quatrième secondaire, il y avait eu La marche mondiale des femmes. «On était en l’an2000 et avec une professeure, j’avais organisé une marche, on était environ 25personnes à Plessisville.»  

«Mon militantisme alimente mes projets», affirme-telle. C’est notamment grâce à cette volonté de changer qu’elle a cofondé le collectif féministe Françoise stéréo. Cette revue d’idées portée par le projet féministe représente un projet très important pour elle et découle notamment de son militantisme.  

Pour cette femme originaire de Plessisville, garder un contact fort avec le Québec est très important. « Ce qui est important pour moi, vu que je suis Québécoise, c’est de m’inscrire dans le réseau littéraire québécois. Je crois qu’après sept ans à Calgary, j’ai réussi à consolider ces liens-là et à les conserver.»  

Bref, la conférence «Sois belle, mais ne te tais pas» est une introduction aux travaux de Marie-Andrée Bergeron et Jean-Philippe Warren qui porte sur le discours féministe présent dans le magazine Chic de 1954.  

La conférence organisée conjointement entre le GRÉLQ, Marie-Andrée Bergeron et Jean-Philippe Warren sera diffusée sur Teams le vendredi16avril à 12h.  

Pour vous inscrire, communiquez avec le GRÉLQ.


Photo fournie par Marie-Andrée Bergeron.

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