Par Josiane Demers

Après une attente de presque six ans, les admirateurs de Radio Radio pourront enfin découvrir leur sixième album À la carte disponible à partir du 12 novembre prochain. Avec des thématiques actuelles sur des beats qui donnent envie de danser, le duo acadien présente du nouveau matériel recherché, tout en restant fidèle à son style et à ses racines. Le groupe de hip-hop a eu la générosité de s’entretenir avec Le Collectif pour discuter de sa plus récente œuvre qui s’ajoute à son impressionnant répertoire.

Comme pour plusieurs artistes, cet album était prêt avant la pandémie. Heureusement, il reste actuel malgré le temps qui a passé. « L’album est assez intemporel. On parle en métaphores ou en visuels abstraits. Pour le peu de thématiques qui sont ponctuelles dans le temps comme la chanson Bitcoin Blow Up, on avait peur que ce soit plus d’actualité alors que c’est complètement le contraire qui s’est passé, c’est plus actuel que jamais », se réjouit Gabriel Louis Bernard Malenfant.

Des enjeux de sociétés à la sauce Radio Radio

Toujours dans l’humour et dans un esprit de fête, la formation réussit, avec À la carte, à aborder habilement certaines thématiques qui font réfléchir, en s’assurant de déposer les paroles sur des rythmes variés et engageants qui donnent envie de danser et de s’éclater.

 « Radio Radio, c’est pas des break up albums. Radio Radio c’est la fête, la joie de vivre et il y a juste assez de wokeness et de conscience pour que ça ouvre les esprits, mais c’est le party qui prend le dessus. » – Gabriel LB Malenfant

Des sujets, tels que la quête du succès à tout prix et la surconsommation sont abordés intelligemment. « Avec À la carte, on pense à l’ardoise ou au menu du resto au premier niveau, mais nous on amène ça global et universel. Maintenant, ce qui est à la carte, c’est sur le web, explique Gabriel. La chanson Over the Top aborde le fait qu’avant on voulait juste impressionner les amis dans la rue ou la cour d’école, mais maintenant, tu compétitionnes avec des milliards de personnes sur le web. Ça peut être bon pour rejoindre plus de gens, mais ça vient aussi avec un autre côté de la médaille ».

Jacques Alphonse Doucet fait du chemin sur ce sujet en expliquant que de nos jours, les gens ne sont jamais vraiment satisfaits et en veulent toujours plus. Les deux gars notent aussi que les réseaux sociaux occupent maintenant une grande place dans notre société et qu’il y a souvent une disparité entre ce que les gens présentent et ce qu’ils vivent vraiment.

Processus créatif

Si l’on part du postulat que chaque individu a sa propre façon de créer. Comment les membres de Radio Radio arrivent-ils à combiner leurs forces et à réaliser des morceaux aussi riches musicalement accompagnés de textes aussi élaborés?

« Dans une session normale, souvent on pense à la thématique, ensuite à la musique, et après on trouve le refrain. Une fois que le refrain est fait, Gabriel a sa façon d’écrire et moi j’ai ma façon d’écrire et on se complémente. Moi j’arrive avec des métaphores et Gab arrive avec d’autres métaphores, mais ensemble on crée les layers. C’est ça, la différence avec Radio Radio, c’est deux opinions qui se complètent comparativement à juste mon projet ou son projet qui est juste one sided » – Jacques Alphonse Doucet

Gabriel en ajoute en citant certaines questions que le groupe se pose lorsqu’il crée. « Est-ce que le beat va être bon live? Est-ce que le refrain va être bon live? Est-ce qu’il y a un potentiel d’échange avec la foule pour le refrain? », mentionne-t-il.

Un clin d’œil à l’accent

Les membres du groupe sont Acadiens et évidemment, lorsqu’ils sont au Québec, ils se font parler de leur accent dans beaucoup d’entrevues. Parfois ces questions peuvent devenir lassantes, alors que Radio Radio fait parti du paysage musical d’ici depuis plus d’une décennie. Toutefois, n’allez pas croire que les deux artistes sont rancuniers.

Au contraire, ça leur a permis de créer une chanson inspirée, soit Phoque avec son ballon. « On ne l’a pas sur le cœur. Un moment donné, quand la thématique est venue, on sortait de quelques entrevues qui nous ont un peu fait réaliser qu’on peut peut-être passer à autre chose. Mais c’est water under the bridge, on adore notre métier et on sait que la langue, ça va toujours être une issue, on peut pas se le cacher », confie Gabriel.

Des petites salles pour de grands fans

Le 11 novembre prochain, la formation sera en prestation au Bureau estrien de l’audiovisuel et du multimédia (BEAM). La salle de spectacle du BEAM est située au cœur du village de Saint-Adrien, dans une église désacralisée à environ une heure de Sherbrooke. Une bonne partie de la tournée se déroulera d’ailleurs dans de plus petites salles.

« C’est le fun de faire des grosses foules, mais, nos fans finis qui connaissent chaque parole de chaque chanson, c’est eux autres qui vont venir dans ces petites salles et il ne faut pas les négliger. C’est eux qui vont être là et qui vont amener des amis et qui vont faire découvrir et faire vivre notre musique. Les gens sont contents parce qu’ils entendent des tunes qu’ils connaissent et ça leur rappelle des souvenirs. La musique c’est ça, je pense. Ce sont des souvenirs et des émotions. » – Jacques Alphonse Doucet.

Pour ce prochain spectacle, le public peut s’attendre à une évolution, mais les racines et la fondation restent là. Le répertoire du groupe est large. La foule peut s’attendre à entendre hit après hit. Radio Radio a d’ailleurs eu l’occasion de faire quelques représentations du nouveau show.

« Dès le début, le monde danse. En plus que le monde est super crinqué parce que ça fait 1 an et demi qu’il n’a pas bougé dans un show. Juste à en parler, j’en ai des frissons. » – Gabriel LB Malenfant

L’album À la carte sera disponible le 12 novembre prochain. Pour vous procurer des billets pour le spectacle au BEAM, c’est ici.


Source photo @ Patricia Clavel (agente)

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