Par Roxane Gaudreault 

Nous l’avons tous et toutes vécu ces derniers mois en tant que personnes étudiant dans une université québécoise : la COVID-19 a considérablement bousculé notre quotidien et nos habitudes académiques. Alors que le gros de la crise semble derrière nous avec les taux de vaccination qui augmentent et l’annonce d’une possible rentrée en présentiel à l’automne, il est bon de se questionner sur ce qui viendra après et sur comment cette crise va redéfinir le monde de l’enseignement supérieur. 

Il va sans dire qu’un retour à une situation plus normale est souhaité par les personnes étudiantes et souhaitable pour la communauté universitaire. L’erreur à éviter, cependant, serait de faire fi des apprentissages et des développements que la pandémie nous a forcés à mettre en place ces derniers mois. En effet, tous les changements qui sont survenus dans notre quotidien ne sont pas nécessairement négatifs et pourraient même, si bien implantés, faciliter la vie de bien des membres de la communauté étudiante. 

Parmi ces initiatives pandémiques qui ont facilité la vie du personnel et des personnes étudiantes, on en compte plusieurs qui, malheureusement, ne s’inscrivent que difficilement, voire pas du tout, dans un contexte normal. Par contre, en voici quelques-unes qui méritent d’être conservées et développées dans les années à venir.  

Un passage au numérique accéléré

Définitivement, le premier élément qui s’est mis en place lors du tout premier confinement est le passage au numérique qui s’est organisé à la vitesse de l’éclair. C’est ainsi qu’on a pu constater qu’avec le bon financement et un incitatif solide, des outils qui étaient annoncés pour des mois plus tard ou encore, qui devaient être implantés dans les années à venir ont pu voir le jour de manière accélérée.  

Demandé depuis plusieurs années par la communauté, l’accès facilité au contenu des bibliothèques en ligne était un enjeu un peu partout. La montée des ressources et l’édition en libre accès facilitent d’ailleurs ce passage au numérique. Pendant la pandémie, tous les efforts ont été mis afin de faciliter l’accès aux ressources pour tous. Ces efforts devraient définitivement être continués.  

Ensuite, pour ce qui est du matériel pédagogique, tant celui créé par le personnel enseignant que celui fourni en classe, le passage numérique est une bénédiction. En effet, avec la pandémie est venue la fin des feuilles volantes si aisément égarées que chaque étudiant a déjà retrouvées chiffonnées au fond de son sac. Ces dernières ont presque systématiquement été remplacées par leur version électronique les rendant pratiquement impossibles à perdre. Pour beaucoup d’enseignants, la transition était faite depuis longtemps, mais aujourd’hui, même les plus rébarbatifs ont su s’adapter et cela devrait demeurer ainsi.  

Une pédagogie révisée

Outre les considérations matérielles, la pandémie a amené le corps professoral à devoir réviser ses méthodes d’enseignement en elles-mêmes. En effet, le passage aux cours sur Zoom, Teams ou leurs équivalents ne se prêtait pas vraiment aux cours théoriques magistraux avec pour seuls supports visuels le tableau à craies. Fort heureusement, peu nombreux étaient les profs et les chargés de cours qui en étaient encore à ce stade. Par contre, même pour ceux et celles qui utilisaient déjà la technologie, la pandémie a forcé une révision pédagogique, que ce soit la création de supports visuels plus efficaces pour contrer les bogues nombreux des plateformes de visioconférence ou une révision de la manière de morceler la matière. Dans tous les cas, les nombreuses réflexions entourant les modifications à faire en lien avec la pandémie ne peuvent que mener à une amélioration des pratiques. 

Il en va de même des méthodes d’évaluation, qui se sont vues elles aussi adaptées à un nouveau contexte. Plusieurs ont dû laisser de côté les évaluations de « par cœur » pour prioriser les évaluations misant sur la récupération de l’information, le réinvestissement des connaissances et l’application des apprentissages. Toutes ces modifications auraient depuis longtemps avoir eu lieu dans le milieu universitaire si on se fie aux différents courants pédagogiques.  

L’importance de l’enseignement à distance 

Alors que la majorité des membres de la communauté est heureuse de la possibilité de revenir sur les bancs d’école, il existe une proportion de la population étudiante pour qui l’enseignement en ligne, les cours asynchrones et les évaluations en ligne formaient la situation d’apprentissage idéale. Bien que minoritaires, ces personnes ont bénéficié grandement de la flexibilité offerte par l’enseignement à distance. Que ce soit à cause d’un horaire chargé, de déplacements longs et chronophages entre les milieux de vie et d’étude ou encore des économies substantielles réalisées par le fait de ne pas avoir à louer d’appartement dans une autre région, les situations qui ont été facilitées l’enseignement à distance sont nombreuses.  

Il est certain qu’on pourra voir l’offre de cours à distance s’agrandir à l’avenir. Alors que certains programmes n’offrent présentement même pas l’opportunité de suivre un tel cheminement, peut-être verrons-nous ces offres apparaître dans les années prochaines. Une chose est certaine, le campus universitaire de l’avenir est beaucoup plus numérique qu’on aurait pu le penser avant la pandémie.

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