Par Roxane Gaudreault 

Un nouveau projet pour soutenir la résilience a vu le jour cet hiver à l’Université de Sherbrooke par le Fonds pour la diversité, une initiative menée par Pierre McCan et Marc-André Raymond qui permettra d’offrir des bourses à des personnes étudiantes issues de groupes minoritaires.  

Pour le couple bien engagé socialement et au sein de la communauté universitaire, l’idée de base était simple : ramasser suffisamment de fonds pour créer et pérenniser au moins une bourse pour les étudiants provenant de groupes minoritaires et faisant preuve d’une grande résilience en étudiant à l’Université.  

Eux-mêmes membres de la communauté LGBTQ+, ils ont eu l’occasion de vivre directement les défis liés aux études universitaires dans une situation qui peut être difficile.  

«Mon coming out s’est fait pas mal en même temps que mon entrée à l’Université, raconte Pierre McCan. Ça n’a pas été une expérience facile et mes études en ont souffert. Recevoir une reconnaissance de ma résilience, à ce moment-là, aurait été un moyen d’ajouter du positif dans mon quotidien.» 

Aller au-delà des critères académiques  

Les bourses données par le Fonds pour la diversité s’adressent à plusieurs personnes qui n’entrent pas nécessairement dans les cases des bourses traditionnelles. Selon Pierre McCan,plusieurs bourses encouragent seulement la réussite académique. «Nous, on voulait vraiment viser les populations au vécu minoritaire.»  

Membre de la communauté LGBTQ+, de la diversité de genres ou issus de communautés autochtones, personnes vivant avec un handicap, étudiants internationaux, les personnes candidates aux bourses du Fonds pour la diversité n’auront pas à «cocher la case justifiant leur minorité». Par contre, elles devront, par un texte, expliquer en quoi elles font preuve de résilience au quotidien. Un critère plus difficile à évaluer que comparer des résultats académiques!  

«Afin de faciliter le processus de remise et pour la gestion à long terme, nous nous sommes tournés vers la Fondation de l’Université, explique Pierre. Depuis le temps que nous sommes à l’UdeS, on a vu la Fondation faire de grandes choses et c’était logique pour nous de procéder ainsi.» 

Une initiative rassembleuse 

En gardant toujours en tête le but d’amasser assez d’argent pour pérenniser une bourse, soit accumuler un montant initial suffisant pour que la bourse s’autofinance à long terme, Marc-André et Pierre se sont d’abord tournés vers leurs connaissances et leur entourage. Bien impliqués dans la communauté, ils ont pu compter sur le soutien de plusieurs membres de la communauté universitaire ainsi que sur plusieurs entreprises.  

Finalement, l’initiative a été plus populaire que prévu et plusieurs bourses pourront être offertes grâce à la générosité des différents donneurs, dont l’Université qui a elle-même fait un don au projet. Alors qu’ils pensaient pouvoir amasser 50000$ en cinq ans, le duo a réussi à en accumuler le double en quelques mois seulement.  

Comment expliquer cet engouement? Tandis quil travaille lui-même au Service de relation avec les diplômés alors que son conjoint est chargé de cours en psychologie, les deux hommes sont restés proches de la communauté étudiante. «On a vite réalisé que le projet était nécessaire et que ça répondait vraiment à un besoin sur le campus. On a d’ailleurs été agréablement surpris de la réponse des associations étudiantes.» 

Approchés pour participer financièrement au projet, la FEUS et le REMDUS ont tout de suite répondu présent. La FEUS a même pris l’initiative de donner suffisamment pour créer et pérenniser sa propre bourse au sein même du projet, la bourse FEUS pour la diversité. 

«Dès qu’on a présenté le projet, toute notre équipe était emballée. Après discussion avec notre conseil d’administration, on était très contents de sauter sur l’occasion et d’encourager la résilience des personnes étudiantes», indique le président de la FEUS, Alexandre Guimond. 

Un projet familial 

Jeunes parents d’un petit garçon, les deux hommes décrivent cette aventure comme une expérience complètement familiale. «Pour nous, c’était important d’en faire quelque chose de familial. L’UdeS a une grande place dans nos vies, et ce, depuis longtemps puisque nous en sommes tous deux des diplômés et qu’on y travaille toujours. On a impliqué notre fils dans tout le processus promotionnel, sur les photos et quand on parle du projet!»  

Par cette approche, il était important pour les fondateurs que tous les dons soient possibles, peu importe le montant. Aucun minimum n’était requis afin de permettre à toutes les personnes sensibilisées de faire une contribution.  

Participer à ce beau projet vous intéresse? Référez-vous à la page internet du Fonds pour la diversité.


Crédit photo @ Université de Sherbrooke 

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