Par Josiane Demers 

Septembre est à nos portes et c’est déjà le temps de revenir sur les bancs d’école. Oui, oui, c’est bien vrai, la majorité de la population étudiante sera enfin assise sur les bancs ou les chaises des classes, en face d’un professeur et non devant un écran. Ce ne sera pas encore l’apogée du contact humain alors que plusieurs mesures sanitaires demeurent en vigueur, mais des dynamiques de groupe pourront finalement se créer.  

En effet, comme le mentionne Christine Hudon, vice-rectrice aux études, l’administration de l’Université de Sherbrooke (UdeS) estime qu’en moyenne, environ 80 % des activités pédagogiques se dérouleront en présentiel. Bien que le couvre-visage reste obligatoire en classe, la distanciation physique sera réduite considérablement ou complètement.  

Plan de retour 

Plusieurs étudiants se sont questionnés sur la forme qu’allait prendre la rentrée. Malgré une diminution des cas de COVID-19 et la vaccination qui bat son plein, un plan pour l’automne 2021 s’est tout de même avéré nécessaire. « On a continué avec l’orientation de l’an dernier pour offrir aux étudiants un maximum de cours en personne, mais cette année nous avons des paramètres différents. Dès le mois de mai, le gouvernement a annoncé une rentrée en présentiel à 1 m ou 0 m de distanciations. Il y a donc deux plans », explique madame Hudon, tout en se réjouissant de la latitude permise par la santé publique cette année si l’on compare à pareille date l’an dernier.  

Les locaux hors campus accueilleront encore des cours cette année. Néanmoins, la vice-rectrice confirme que plusieurs améliorations ont été apportées, notamment au niveau du son. De plus, sans les restrictions de distanciation, les étudiants prendront place beaucoup plus près de l’enseignant et de leurs camarades de classe, ce qui bonifiera l’ambiance d’apprentissage.  

Pour empêcher, ou du moins, diminuer les possibilités d’éclosion, l’UdeS met l’accent sur la vaccination. « On encourage les étudiants à se faire vacciner et beaucoup d’entre eux ont déjà répondu à l’appel, et nous en ferons la promotion du traitement lors des journées de la rentrée », soutient madame Hudon. Il est important de rappeler qu’il y a une clinique de vaccination sur le campus principal et le campus de Longueuil, ce qui favorise l’accessibilité.  

Présentiel, hybride ou comodal? 

Pendant la pandémie, certains étudiants sont devenus adeptes du mode d’enseignement en ligne. Il semble s’être installé une certaine confusion terminologique sur les méthodes adoptées. Le présentiel n’a certainement pas besoin d’explication, mais la définition du mode « hybride » et du mode « comodal » peut paraitre floue pour certains. Le mode hybride se compose de cours où les élèves se présentent en alternance, aux deux semaines par exemple. Le mode comodal permet une diffusion simultanée en ligne du cours se déroulant en présentiel.  

Certaines personnes dans la communauté étudiantes soulignent le manque d’ouverture de l’administration à un mode comodal pour ceux et celles qui désirent suivre leur cours à la maison. Toutefois, il est primordial de rappeler que si la COVID-19 ne nous avait pas frappés de plein fouet, ce mode n’existerait tout simplement pas. Aussi, l’Université de Sherbrooke est un établissement qui veut amener les étudiants sur le campus, cela fait partie de son ADN. Les cours des programmes sont publicisés comme se donnant présentiel, les étudiants sont donc au courant, dès leur inscription, du déroulement habituel des choses. Rien ne laissait présager le contraire. Étant donné la réduction des cas et le taux élevé de vaccination, de moins en moins d’étudiants sont contraints de rester à la maison. Les exceptions seront donc gérées au « cas par cas ».  

Il est important de penser aux professeurs. Les étudiants ont dû s’adapter certes, mais les enseignants aussi. Parfois, il est bénéfique de se mettre dans la peau de l’autre afin de comprendre que devoir changer plusieurs fois de méthodes d’enseignement dans une même session peut s’avérer particulièrement exigeant. Madame Hudon rapporte que le mode comodal est celui qui représente le plus grand défi pour eux. « Il s’agit d’une stratégie pédagogique peu efficace. Cela prend énormément de planification et il y a souvent un groupe qui est laissé pour compte. C’est le pire des deux mondes alors que les questions viennent des étudiants dans le local et des gens en ligne », explique-t-elle.  

Christine Hudon explique que l’UdeS souhaite ramener de la vie sur le campus et permettre aux étudiants d’interagir plus efficacement avec les professeurs. « Les cours en classe bonifient l’apprentissage, car les interactions deviennent automatiquement plus riches. Il ne faut pas négliger l’importance des regards complices et de la connivence qui se développe en classe. De plus, certaines activités, comme des laboratoires ou encore des cours en kinésiologie, physiothérapie et éducation physique, sont impossible à donner à distance », relève-t-elle.  

Intégrations et 4 à 7  

La communauté étudiante a hâte au prochain 4 à 7 où elle pourra faire la fête et décompresser. Néanmoins, étant donné les mesures encore très restrictives, les étudiants devront encore patienter avant de fréquenter leur activité de prédilection du mercredi soir. De toute façon, la règlementation actuelle résulterait en des 4 à 7 bien différents de ceux qu’on a connus.  

Dans un souci de créer un sentiment d’appartenance pour les nouveaux étudiants, les intégrations ont été permises cette année, dans le respect des mesures sanitaires évidemment. « Les organisateurs ont travaillé très fort et étroitement avec la sécurité et avec les services de la vie étudiante pour créer une formule qui respecte les consignes sanitaires. Beaucoup de travail a également été effectué avec la ville et les citoyens du quartier universitaire pour que le tout se passe bien », soutient la vice-rectrice, tout en soulignant prioriser la santé et la sécurité des étudiants. Rappelons que l’an dernier, les intégrations ont eu lieu en ligne.  

Somme toute, la population étudiante profitera d’une rentrée presque « normale ». Il est maintenant temps de retourner à nos bouquins! 


Crédit photo @ Josiane Demers

Partager cette publication