Par Simon RD 

En mars dernier, le documentaire Seaspiracy a fait son entrée sur la plateforme numérique Netflix. Un documentaire poignant et controversé, qui présente une réalité assez accablante de l’état des océans, mais surtout, de l’état de la faune marine dans ces mondes complexes que sont ces étendues bleu azur. Les éléments qu’on y présente dans ce métrage sont troublants et n’augure rien de bon pour la suite du monde. En parallèle de nos vies, il semble se passer un drame bouleversant dans le monde marin et nous ne pouvons pas mettre la faute sur le cycle normal de la planète cette fois-ci, mais sur l’homme carnassier. 

Le documentaire a été réalisé par Ali Trabizi, un cinéaste britannique, et traite de l’impact environnemental de la pêche commerciale. D’entrée de jeu, le cinéaste nous témoigne de l’amour qu’il a depuis longtemps pour les dauphins et la faune marine en général. Il nous indique aussi qu’il rêvait depuis longtemps de filmer les grands espaces des océans, où il a toujours aimé être. Le constat qu’il fera pendant son tournage ne sera pas sans équivoque. 

Le cinéaste avait antérieurement pris connaissance de la pollution par le plastique des océans et avait même commencé à lui-même adopter des comportements plus «sainement écologiques», tels que l’utilisation des tasses ou des sacs réutilisables. Aussi, il passait des journées entières à ramasser des déchets sur le bord des plages. C’est simple, l’être humain est un malpropre.  

Dans Seaspiracy, on voit des images déroutantes de centaines et de centaines d’animaux marins échoués et morts sur les plages, avec souvent des quantités phénoménales de plastique à l’intérieur d’eux. Les océans sont plus que j’aimais souillés par l’homme et son plastique.  

Le film documentaire prend une allure encore plus consternante lorsque le cinéaste décide d’aller visiter une ville côtière de pêcheurs au Japon, où il aperçoit des dizaines de dauphins se faire tuer sans raison «valable». Des intervenants expliquent que s’ils les tuent, c’est que, en grande partie, les dauphins représentent une compétition pour les pêcheurs. C’est complètement une histoire d’horreur, voire un génocide, que les dauphins vivent à l’heure actuelle.   

La vie marine à la merci de la surpêche 

Par ailleurs, un autre facteur qui contribue au génocide des dauphins est celui de la pêche tout court en mer, où on y pêche toutes sortes de poissons, et par le fait même des dauphins et des baleines également. Vient à ce moment l’idée du logo sur les boîtes de thon où, quand c’est une pêche responsable et sans danger pour les dauphins, on peut y apposer un logo qui se nomme dolphin safe label 

Mais, ce logo est probablement l’une des plus grandes arnaques de notre temps, car les entreprises doivent payer pour avoir le droit d’utiliser ce logo, puis rien n’indique avec garantie que la pêche est réellement sécuritaire pour les dauphins. Plusieurs témoignages dans le documentaire indiquent que c’est une fraude. 

Les requins goûtent aussi à l’homme. Combien de films Hollywood a-t-il faits, mettant en scène un grand méchant requin tueur d’hommes? Bien, force est d’admettre que l’homme est beaucoup plus dangereux et sadique que n’importe quel organisme sur cette planète. En effet, dans le documentaire, l’équipe de tournage visite des marchés, avec «des caméras cachées», il faut le préciser, et on peut y voir des kiosques remplis d’ailerons de requin.  

En fait, dans certaines pratiquesdu moins dans celle qu’on implémente avec les requins quon envoie dans des pays comme la Chine et le Japon, on pêche le requin et on lui coupe l’aileron, pour ensuite le jeter par-dessus bord. Dans le métrage, un intervenant indique que le requin, pour la première fois dans l’histoire, est une espèce menacée d’extinction, puis les thons aussi ne sont pas en train de vivre un meilleur sort. 

Alors, même si ici on fait des lois pour protéger la faune marine et les océans, les océans sont indivisibles et sans frontières, nous partageons tous la faune, et ce, à travers le monde, par les mouvements de migration.  

Puis, si nous prenons les requins par exemple, ils sont en haut de la chaîne alimentaire, et s’ils disparaissent, un autre prendra le dessus et on pourrait suggérer que cela aurait des conséquences considérables dans l’équilibre. Selon le documentaire, d’ici 2040, à cause de l’industrie de la pêche, les poissons auront disparu des océans. 

L’art de se regarder dans le miroir 

Aujourd’hui, il est clair que l’état de la planète est catastrophique et que le volet argent dépasse largement celui de la santé planétaire et des faunes qui façonnent cette belle bleue. On est souvent porté à accuser la pollution d’autrui quand, pendant ce temps-là, pour quelques dollars, nos déchets occidentaux sont envoyés dans ces pays qu’on critique. 

On pleure la disparition d’espèces, mais on mange notre thon rouge au restaurant, pour se faire plaisir. On se fait endormir ou rassurer que notre thon vient d’une pêche «responsable». C’est toujours rassurant de se faire dire qu’on ne contribue pas à la dégradation de l’écosystème, même si au fond, on a un doute, comme une supercherie intérieure, comme un rôle cynique qu’on se donne. Mais, au final, nous sommes tous responsables… de près et de loin.  

Oui, des compagnies de pêcherie détruisent nos écosystèmes, mais nous sommes les acheteurs et les consommateurs. On devrait tous alors faire notre part comme société qui se construit par la société elle-même. Les océans pleurent. L’élevage d’animaux offre un traitement complètement déshumanisé, les porcs pleurent dans les enclos, les poulets s’entassent, les veaux pleurent leurs mères et l’air est pollué plus que jamais. L’Amazonie fond telle une glace sur une table chaude en pleine canicule montréalaise.  

On idolâtre les explorations spatiales, mais pendant qu’on courtise la belle rouge, avec des sommes faramineuses, qu’arrive-t-il à la bleue, celle qui a vu naître l’humanité? Le miroir, notre désillusion. 


Crédit photo @ Netflix

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