Par Josiane Demers 

Du 23 juillet au 8 août 2021 se déroulaient les Jeux olympiques (JO) de Tokyo 2020, repoussés d’un an en raison de pandémie de la COVID-19. Cette décision a significativement fait bondir la facture de l’organisation. En plus de représenter un défi organisationnel, l’implantation de mesures sécuritaires et sanitaires a occasionné des coûts additionnels. Cependant, selon des données affichées dans la revue Economy and Space, depuis 1960, les JO d’été affichent un dépassement des coûts moyen de 213 %, et ce, sans un contexte pandémique.  

Le port du masque, la distanciation physique, le lavage des mains et la quarantaine obligatoire représentaient des mesures sanitaires familières pour les 52000 personnes accréditées attendues sur place. De plus, les sportifs ont dû fournir un plan d’activités détaillé, se déplacer exclusivement à bord de véhicules officiels, en plus de s’engager à télécharger des applications de vérification, comme le mentionne le guide officiel des athlètes. 

Le budget révisé à la hausse publié en décembre 2020 sur le site officiel des JO prévoyait des dépenses de 15,4 milliards de dollars. L’organisation allouait alors 900 millions pour les mesures sanitaires, soit environ 6 % du montant total. Certains imprévus ont affecté les dépenses. Par exemple, la tenue des compétions à huis clos a privé l’organisation de 800 millions de dollars, en raison du remboursement des billets. Selon le journal financier Nikkei et Asahi, le budget final de Tokyo 2020 est estimé à environ 28 milliards de dollars.  

Quelques comparaisons 

Voici quelques comparaisons intéressantes. Les JO de Beijing 2008 semblent avoir fidèlement respecté leur budget, le dépassant de seulement 2 %. Toutefois, selon l’analyste économique américain Iajob N. Kosh Weiser, la Chine manque parfois de transparence lorsqu’elle doit divulguer des données.  

Avec 720 % de dépassement des coûts, les JO de Montréal 1976 ont été les plus coûteux à ce jour. Cela s’expliquerait par «une inflation imprévue, l’appétit criminel de plusieurs entrepreneurs, les guerres syndicales et les grèves», selon une analyse publiée sur le site de Radio-Canada en 2018. Comme indiqué dans le magazine Forbes, Rio 2016 a provoqué un dépassement budgétaire de 352 %, alors que le gouverneur de la région avait déclaré l’état d’urgence financier afin de ramasser les fonds manquants et éviter une crise économique majeure.  

Le report des jeux et l’ajout d’un protocole sanitaire ont vraisemblablement eu un impact sur le coût de cette compétition internationale, mais ils n’expliquent pas tout. Il semble que les coûts supplémentaires n’y soient pas tous reliés. Néanmoins, avec Beijing 2022 qui s’en vient, il sera possible de constater ce que le CIO et les organisateurs auront appris de ces premiers jeux pandémiques.


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