Encore une fois, je me retrouve face à une feuille blanche. J’adore ce moment. J’ai encore l’option d’aller là où je veux, d’opter pour la voie qui m’intéresse le plus, mais surtout celle qui m’intrigue le plus. Mon cerveau est en pleine ébullition, les idées défilent dans ma tête, elles ne sont pas manquantes. On m’avait mandaté pour écrire un texte humoristique sur la religion, mais, malheureusement, je ne sais que trop bien comment ça va se finir… alors je vais écrire un texte sur les papillons.

Par Lotfi Belgherbi

Non, d’accord, plus sérieusement, parler de religion? Écrire sur la spiritualité? Ça va me faire plaisir! Je me vois déjà me payer la gueule de tout le monde. Juifs, musulmans, bouddhistes, catholiques, athées, peu importe, personne ne va s’en sortir indemne. Je m’imagine déjà rire de tous ces extrémistes religieux qui rêvent d’un Islam qui mériterait d’être mieux compris, narguer ceux qui sont à la tête d’une église qui se fait beaucoup trop conservatrice par les temps qui courent, ridiculiser les beaucoup trop nombreuses émissions à Canal D ayant recours à des médiums… et même des enfants-médiums, pourquoi pas. Je jubile déjà tel un petit garçon à Noël… ou bien un musulman qui s’apprête à égorger le mouton en guise de célébration… ou bien une bonne femme à qui l’on apprend que son fils de six ans est en connexion directe avec les grands esprits. Plus besoin de faire de mauvaises références spirituelles, vous avez compris que je suis heureux.

Mais là, est-ce considéré comme raciste de vouloir bafouer toutes les religions? Non! C’est incroyablement raciste! J’aime déjà ça…

Ne nous faisons pas de cachette, ça en serait presque hypocrite de faire une édition complète sur la religion sans qu’un tiers groupe soit choqué par des propos tenus dans le journal…

Mais bon, revenons à la réalité l’instant d’un moment. Ce n’est peut-être pas une si bonne idée que ça finalement. Ce n’est vraiment pas une bonne idée si on observe le sort réservé à ceux pensant trop fort. Encore moins bonne idée si on ne fait que constater tout ce qui est décrit dans les médias. À bien y penser, c’est carrément tout sauf une bonne idée si on ne fait que regarder des cas comme Dieudonné ou bien le pauvre Charlie Hebdo.

Bon, il est vrai que Le Collectif est à des années-lumière de la notoriété du prestigieux journal satirique français, mais quand même…!

Détrompez-vous, j’adore écrire, mais pas au point de finir comme l’un de ces pauvres dessinateurs, qui pensaient que caricaturer Mahomet serait une merveilleuse idée. Ni au point d’aller faire un tour derrière les barreaux comme le damné Dieudonné qui accumule les scandales de façon assez éloquente.

J’aimerais justement penser qu’avec la portée de mes idées, étant moindre, je me permettrais, et je serais surtout permis de dire un peu plus de stupidités dans mes textes, mais ce n’en est malheureusement pas le cas.

J’aimerais justement penser que le monde dans lequel nous vivons pourrait tolérer les propos d’un Raif Badawi, et non le condamner à des coups de fouet, mais ce n’en est malheureusement pas le cas.

J’aimerais justement penser que l’ouverture d’esprit d’une majeure partie de la population puisse dissimuler la xénophobie, pour ne pas dire le racisme total, de certains faisant rimer terrorisme à Islam, mais ce n’en est malheureusement pas le cas.

Sincèrement, je suis désolé, ceci est donc mon mea culpa. J’aurais préféré rire de tout cela, et faire des blagues sympathiques sur la clairvoyance de quelques médiums louches à Canal D, mais honnêtement, ils sont assez épeurants; autant ne pas se les mettre à dos!

De toute façon, je vais être honnête, je n’ai pas grand-chose d’intelligent à dire sur la religion. Sans dire que je ne m’y intéresse pas, je m’en tiens assez loin depuis longtemps. Non pas à cause de l’image qui est dépeinte d’elle, ni en raison de l’idéologie qu’elle véhicule, un message de paix et d’amour, la plupart du temps. En tant que musulman devenu athée, j’aimerais bien encore pouvoir implorer mon dieu Allah lorsque je veux exaucer n’importe quel souhait qu’il soit, mais il ne m’écoute pas. Sans dire qu’il est rancunier, je pense qu’il m’en veut encore de la fois où j’ai essuyé mes bottes pleines de boue sur un tapis de prière, et ce, à ma première visite à la mosquée du haut de mes six ans!

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