Par Éliane Dextradeur

Le grand débat électoral de jeudi dernier, organisé par la FEUS, le Remdus et la radio CFAK, était divisé en trois grands sujets, les enjeux nationaux, locaux ainsi qu’environnementaux. Un débat d’échanges entre 5 partis, ce soir-là, tous représentés par des femmes. L’animation y était assurée par Mikaël Bergeron, journaliste à la Tribune.

Tout d’abord, la soirée a commencé avec des questions concernant la découverte de 215 corps retrouvés sur le site d’un ancien pensionnat le 29 mai 2021. Ce sujet était une entrée de jeu pour la soirée. Les candidates semblaient fortement en accord avec l’importance majeure de ces évènements survenus plus tôt cette année. La COVID-19, le sujet qui perdure depuis plus de dix-huit mois maintenant, a été évoquée en questionnant les candidates sur la 4e vague. Madame Brière du parti libéral a mis l’accent sur l’importance de la vaccination au sein de la population. Madame Lalime du NPD ainsi que Madame Berger du Parti vert ont mentionné elles-mêmes avoir vécu l’expérience du travail laborieux dans les CHSLD en temps de pandémie. Elles ont donc gravité dans la même lignée que le Parti libéral sur l’importance de la vaccination. Madame Andrea Winter du Parti conservateur a annoncé que son Parti prévoyait déployer une campagne nationale pour solliciter la population vers un plus haut taux de vaccination.

L’importance du rôle des millénariaux

Par la suite, un autre point a été soulevé touchant l’écart grandissant de l’insuffisance du taux de participation au vote des élections depuis 2015. Marika Lalime, Marie-Clarisse Berger ainsi qu’Andrea Winters, les trois plus jeunes candidates de la soirée, se sont ralliées. Elles se sont défendues en expliquant qu’elles sont elles-mêmes impliquées dans le milieu politique et qu’elles constatent quotidiennement l’augmentation de l’implication des jeunes dans leur entourage. D’après la candidate du Parti vert, l’implication peut prendre plusieurs formes. Qu’elle soit politisée ou non, de grandes envergures ou de simples gestes, l’implication des jeunes est présente.

Crise du logement, des solutions concrètes

Le débat s’est poursuivi avec les enjeux locaux qui ont convergé vers le logement étudiant. Cet été, Sherbrooke a vécu une bouleversante crise du logement : les taux d’inoccupation ont chuté. Ce thème devait être soulevé, car présentement la Stratégie nationale sur le logement exclut la population étudiante et ne reconnaît pas cette communauté comme un groupe de personnes vulnérables. Cependant, les jeunes en subissent grandement les conséquences. Madame Haidar du Bloc québécois a insisté sur le rapport entre la hausse des prix du logement et l’absence d’augmentation des revenus et des bourses étudiantes. Elle craint que dans ce contexte actuel, la communauté étudiante se décourage lors de son parcours scolaire. La candidate du Parti vert a souligné l’importance d’instaurer un revenu minimum garanti et elle mentionne que son Parti souhaite établir plus de 300 000 logements abordables sans but lucratif spécifiquement pour la population étudiante.

Par la suite, Mme Haidar a soulevé que Mme Brière n’a jamais abordé le sujet de l’aéroport de Sherbrooke au Parlement. La candidate du Parti libéral s’est défendue en mentionnant que Mme Haidar faisait défaut en affirmant ces propos. D’ailleurs, la soirée s’est déroulée de façon cordiale et peu corsée à l’exception de brefs moments tels que celui-ci.

Pour ou contre les énergies fossiles

Le dernier enjeu abordé durant le débat fut l’environnement. Une question avec une réponse qui pouvait uniquement être répondue par oui ou non en répondant si elles étaient favorables ou défavorables à l’arrêt du financement de tous projets d’énergie fossile et de construction de pipeline. Pour la population, toujours incertaine à savoir quel Parti est le plus ambitieux face à son plan environnemental, elle a été servie. Le Parti vert, le NPD ainsi que le Bloc québécois ont affirmé sans hésitation vouloir cesser tout financement pour épauler ce genre de projet.

Pour Madame Winters et Madame Brière, la réponse n’était pas aussi simple. Il était facile d’apercevoir à travers les réponses trop élaborées que leurs partis respectifs ne voulaient pas s’abstenir de financer les projets de pipeline. L’enjeu du transport en commun s’en est suivi et Madame Brière a eu la possibilité de promouvoir les projets ambitieux qu’elle a réalisés lors de son mandat. Nous pouvons penser à l’électrification des autobus qui est présentement un projet émergent à Sherbrooke. Le Round Up fut le sujet d’une question lors du débat. La candidate du Parti conservateur a soulevé le point que les libéraux ont attendu que la population s’indigne avant de réagir face à l’augmentation de la vente de ce produit. La candidate du parti libéral spécifie qu’ils vont investir 50 millions dans la recherche d’herbicides bio.

Enfin, le débat au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke s’est déroulé dans le respect et la bienveillance entre les partis. Certaines personnes pourraient suggérer qu’il n’était pas assez pimenté et digne d’un vrai débat. Nous devrions plutôt nous réjouir à l’idée que les candidates aient eu une aussi grande facilité à arrimer les convictions de leurs partis. L’importance de cette soirée était d’éclairer les choix de chacune des personnes qui y ont assisté et l’objectif fut atteint.


Crédit photo @ Léa Roy

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