Un dur coup pour l’État islamique, une victoire pour l’administration Trump

Par Francis Patenaude

Les yeux du monde entier étaient tournés vers la Maison-Blanche, le 27 octobre dernier, alors que le président américain Donald Trump annonçait la mort de l’un des criminels les plus recherchés de la planète, Abou Bakr Al-Baghdadi, chef du groupe armé État islamique.

Alors que la capture ou l’élimination d’Al-Baghdadi étaient considérées comme une priorité pour l’administration Trump depuis plusieurs années, le dénouement de cette situation représente une réelle victoire pour le président. C’est donc par le biais d’une conférence de presse, qui dura plus de 45 minutes, que celui-ci a pu donner les détails entourant cette opération.

La fin pour Al-Baghdadi

Terré dans une villa du nord-ouest de la Syrie, Abou Bakr Al-Baghdadi est mort à la suite d’un raid mené par des membres des forces spéciales américaines. Bien que ceux-ci aient mené une opération impeccable, explique le président américain, c’est en déclenchant sa veste d’explosifs que Al-Baghdadi s’est finalement enlevé la vie.

Pris au piège et conscient de l’imminence de sa capture, celui-ci a choisi de mettre fin à ses jours, tuant par le fait même deux enfants qui l’accompagnaient. Alors que plusieurs ont émis des doutes quant à la véracité de la mort d’Al-Baghdadi, une analyse de l’ADN de la dépouille mutilée ainsi qu’une déclaration du groupe armé État islamique auront finalement permis de confirmer sans équivoque son identité. Par ailleurs, dans l’optique d’éviter que l’endroit ne devienne un lieu de pèlerinage, les Américains ont complètement détruit, à l’aide de frappes aériennes, la villa qui abritait le défunt chef.

Questionné par les journalistes sur les circonstances ayant rendu possible ce tour de force, le président Trump s’est montré extrêmement satisfait et impressionné par les moyens employés par les forces spéciales américaines. Celui-ci a par ailleurs souligné l’importance de la participation logistique de plusieurs acteurs internationaux, comme la Russie, la Turquie et les forces kurdes en Syrie, qui ont rendu possible le déploiement du raid dans l’une des zones les plus géopolitiquement et militairement critiques du monde.

Des sentiments partagés sur les conséquences de cette élimination

Alors que le terrorisme a notamment pour objectif de créer un sentiment d’insécurité, ce genre de dénouement permet évidemment de redonner à l’imaginaire collectif la conviction que les hauts responsables d’actes terroristes ne sont pas à l’abri d’une forme de justice. D’ailleurs, le premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné par le biais de son compte Twitter que « la mort d’Al-Baghdadi est une grande étape dans le combat contre Daech ».

Toutefois, la nomination rapide d’un nouveau chef, à peine quelques jours après la mort d’Al-Baghdadi, illustre bien la capacité d’adaptation du groupe armé État islamique, qui n’entend d’ailleurs pas abandonner ses efforts pour semer la terreur. Dans un communiqué qui annonçait Abu Ibrahim Al-Hashimi Al-Qurayshi comme nouveau chef, l’organisation terroriste bien connue pour ses méthodes barbares a tenu à affirmer que la mort de son chef ne signifiait en rien la fin de ses actions.


Crédit Photo @ La Presse

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