Par Laurie Jeanne Beaudoin

Il existe une multitude de syndromes et de maladies rares, tous très complexes, en raison du faible nombre de gens atteints de chaque maladie. Pour les travailleurs de la santé, diagnostiquer et traiter ces maladies rares peuvent devenir un réel défi. La chaire de recherche en numérique de la santé à l’UdeS propose une solution qui pourrait transformer la médecine et la prise en charge des patients : les systèmes de santé apprenants.

La Chaire de recherche en numérique de la santé, financée par le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) est composée de deux titulaires. La sommité française de l’informatique biomédicale, la professeure Anita Burgun, occupera un poste à la Faculté de médecine et des sciences de santé (FMSS) à l’Université de Sherbrooke, tout en conservant ses fonctions à l’Université de Paris. Elle sera accompagnée d’une seconde titulaire, Christina Khnaisser, une jeune chercheuse de la relève en informatique de la santé et future professeure à la FMSS et à la Faculté des sciences.

Une approche mariant médecine, informatique et intelligence artificielle

La Chaire de recherche promet un programme de recherche unique et ambitieux qui s’appuiera sur un vaste réseau de collaborations France-Québec réunissant notamment des hôpitaux et centres de recherche pédiatriques. L’interdisciplinarité sera essentielle. Le projet nécessitera la vision propre à la médecine de la professeure Burgun, mais aussi les connaissances informatiques de Mme Khnaisser, ainsi que l’aide de différents partenariats avec le milieu de la santé, l’industrie pharmaceutique et le milieu de la recherche.

La professeure Anita Burgun, co-titulaire de la Chaire, affirme, dans un communiqué émis le 7 septembre : « Ce qu’on cherche à bâtir, c’est un système ayant la capacité d’analyser de façon sécuritaire et éthique les données des patients qui sont accumulées dans le cadre de leurs soins. On mettra en place un réseau de bases de données qui couvrira l’ensemble du Canada, mais qui sera également transatlantique ». Ainsi, le partage de données entre pays engendra aussi un partage d’expertises. Il s’agit d’une recherche qui va tendre à abolir les distances et réduire les inégalités, permettant une société de coopération ouverte en santé.

Optimiser le processus de diagnostic

Les systèmes de santé apprenants permettront d’analyser sécuritairement les données des dossiers cliniques, les images médicales et l’information physiologique mesurée à même les malades dans leur vie quotidienne. Les médecins auront ainsi l’occasion de comparer les profils médicaux afin d’accélérer la prise de décision quant au diagnostic et pour optimiser les traitements, et ce, sans devoir toujours se rencontrer dans un centre spécialisé pour le suivi. Comme la professeure Burgun la confié dans le communiqué, ce système permettra de diminuer les diagnostics tardifs et d’aider les patients à obtenir les médicaments dont ils ont besoin.

Pour y arriver, les deux titulaires s’appuieront sur PARS3, une plateforme numérique puissante née d’une collaboration France-Québec et développée à l’UdeS par le Groupe interdisciplinaire de recherche en informatique de la santé (GRIIS). Dans l’optique de répondre à des enjeux éthiques et de confidentialité, les données de santé seront placées dans ce lieu commun et ne pourront pas en sortir.

De nombreuses retombées

Le travail effectué par la chaire de recherche en numérique de la santé à l’UdeS aura certainement des retombées quant aux partages de connaissances entre les universités et à la préparation de la relève en numérique de la santé. À noter aussi, que ce projet tient dans les mains de deux femmes, une belle victoire pour la participation des femmes dans ce domaine.

De plus, la chaire de recherche permettra à l’Université de Sherbrooke de se positionner de manière ferme en ce domaine, et ce, à l’échelle internationale. L’UdeS détient tous les atouts pour favoriser l’essor des systèmes de santé apprenants ici et ailleurs dans le monde. Dans le futur, que ce soit pour solutionner le traitement des maladies rares ou gérer des crises, la technologie sera prête.

À propos d’Anita Burgun

Professeure en informatique biomédicale à l’Université de ParisAnita Burgun est médecin et chercheuse de renommée internationale en numérique de la santé. Ses travaux se consacrent à la réutilisation des données du dossier patient informatisé, avec le développement de méthodes de phénotypage haut débit et de systèmes d’aide à la décision clinique. Elle est notamment titulaire de la Chaire sur l’intelligence artificielle et les maladies rares de l’Institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA) de Paris et directrice du groupe de recherche Sciences de l’information au service de la médecine personnalisée au Centre de recherches des Cordeliers, à Paris. Ses domaines d’intérêt actuels portent sur le développement de systèmes de santé apprenants pour les maladies rares avec des applications pour l’aide au diagnostic et la décision thérapeutique.

À propos de Christina Khnaisser

Jeune chercheuse de la relève, Christina Khnaisser est stagiaire postdoctorale en informatique de la santé et future professeure à la Faculté des sciences ainsi qu’à la FMSS. Membre du Groupe interdisciplinaire de recherche en informatique de la santé (GRIIS) depuis sa création, elle a fait sa maîtrise à l’UdeS et son doctorat en cotutelle au sein de l’équipe de la professeure Burgun, de l’Université de Paris. Son projet de doctorat en informatique biomédicale lui a d’ailleurs valu, en 2019, le Prix de thèse en cotutelle France-Québec offert conjointement par le Consulat de France à Québec et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Ses recherches portent sur l’élaboration de méthodes de construction de modèles de données ontologiques pour permettre la gestion de l’évolution des données dans le temps dans les systèmes de santé apprenants.


Source photo @ UdeS

Légende photo : Anita Burgun, une sommité internationale en numérique de la santé et Christina Khnaisser, une jeune chercheuse de la relève à l’UdeS.

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