Par Josiane Demers

Le 31 octobre nous rend souvent nostalgiques de nos plus belles soirées d’enfance et même de notre adolescence, alors que plusieurs d’entre nous déambulent dans les rues, à la recherche de LA maison où les meilleures friandises se trouvaient. Qui ne s’est pas assis avec ses amis et amies ou ses frères et sœurs après les récoltes pour donner lieu à un exercice sérieux de négociation afin d’échanger des bonbons et obtenir ses préférés? Au-delà des costumes, des sucreries et de l’esprit de fête, savons-nous vraiment pourquoi nous fêtons l’Halloween au Canada?

Vraisemblablement, plusieurs versions expliquant la célébration de cette fête existent. Il est parfois difficile de s’y retrouver. Néanmoins, certaines théories sont plus plausibles que d’autres.

Ce que l’on doit aux Celtes

La Presse rapporte que « selon John Mosley de l’Observatoire Griffith, à Los Angeles, chez les Celtes, les équinoxes et les solstices avaient lieu au milieu des saisons actuelles, alors que le début de chaque saison arrivait à des dates médianes. En réalité, ce qui importait était la division de l’année en deux parties : la lumière et la noirceur; comme si leur année ne comprenait que deux saisons. »

C’est basé sur la division des saisons que s’est créée la Samain, une fête religieuse celtique datant de plus de 2000 ans. C’est donc la réelle origin story de l’Halloween. Les Celtes croyaient qu’une nuit par année, la barrière entre les morts et les vivants devenait floue et certains esprits pouvaient revenir parmi les gens et les hanter. C’est de là que vient la tradition des costumes, alors que les citoyens s’attriquaient de toutes sortes de tenues d’épouvantes pour faire peur aux esprits et les éloigner. Aussi, ils croyaient que ces esprits pouvaient endommager leurs récoltes. C’est pourquoi, selon le site du History Chanel, la population faisait d’immenses feux de joie en brûlant des denrées et des animaux en guise de sacrifice afin d’amadouer les ancêtres. Cet évènement était célébré surtout en Irlande, au nord de la France et au Royaume-Uni.

Selon le département des études irlandaises de l’Université Concordia, « de 1816 à 1860, on estime que plus d’un million d’immigrants, dont 60 % étaient Irlandais, sont entrés au pays par les ports de Québec et de Montréal ». Il est donc probable que nous ayons puisé l’inspiration de cette tradition auprès de cette culture.

Une transformation à travers les siècles

Comme c’est le cas pour plusieurs phénomènes à travers l’histoire de notre pays, le métissage des cultures nous explique plusieurs de nos traditions. Ce mélange des origines s’est produit bien avant l’arrivée de l’immigration irlandaise.

En effet, à partir de l’an 43 et sur une période d’environ 400 ans, l’Empire romain a envahi la plupart des territoires celtiques. On dit que deux fêtes romaines se sont greffées à la Samain et l’on fait se métamorphoser. La Feralia représentait la commémoration des morts et était célébrée vers la fin octobre. La Pomona, quant à elle, soulignait le jour de la déesse romaine des fruits et des arbres. C’est d’ailleurs de là que vient le jeu dans lequel on attrape des pommes dans l’eau avec les dents, les mains derrière le dos.

Toujours selon l’encyclopédie Britannica, bien qu’il soit difficile de le confirmer, c’est le pape Gregory lll, dans les années 700, qui a désigné le 1er novembre comme la journée de tous les saints et de tous les martyrs. Cela s’est également mélangé à la Samain. C’est par la suite que le Christianisme s’en est mêlé et que l’Église a déclaré, vers l’an 1000, que le 2 novembre deviendrait la Toussaint (All Saints Day en anglais), en l’honneur des morts.

Toutefois, un autre nom en ancien anglais était attribué à cette fête, soit Alholowmesse. C’est pourquoi, chez les celtiques, le nom de la Samain s’est transformé en All-Hallows Eve pour éventuellement devenir Halloween, le terme que l’on connaît maintenant.

Trick or treat

Pourquoi allons-nous de porte en porte récolter des friandises? Il s’agit d’une coutume qui nous provient des Anglo-saxons au Moyen âge. Pour faire honneur à leurs disparus, les gens plus riches célébraient la fête dans leurs chaumières en cuisinant des Soul cakes (gâteaux de l’âme). Les gens pauvres qui avaient peu de nourriture erraient donc de maison en maison afin de chanter des prières pour les familles en échange de ces gâteaux. C’est un peu plus tard dans l’histoire que les enfants ont commencé à sonner aux portes pour recevoir des fruits et des noix.

Une fête commerciale avant tout?

Aujourd’hui, nous sommes bien loin des origines de ce qu’était l’Halloween à l’époque de nos ancêtres. Malgré cela, certaines traditions comme le nom, les déguisements d’épouvante et la collecte de friandises ont survécu à l’épreuve du temps, mais il est impossible de passer sous le silence la commercialisation de cette célébration.

En 2014, l’Halloween devenait la deuxième fête commerciale la plus lucrative après Noël. Comme le stipule Statistique Canada, en octobre 2017, la vente de collations, de friandises et de biscuits s’élevait à 550,7 millions de dollars.

Cependant, tout comme dans le temps des fêtes, il s’agit là d’une belle excuse pour passer du temps entre amis où en famille. D’ailleurs, selon un sondage de l’Observateur mené aussi en 2017, c’est 85 % des jeunes familles qui s’adonnent aux coutumes de cette fête d’épouvante.

Vive les bonbons, les films d’horreur qui nous donnent la frousse et les excuses pour passer du temps avec les gens qu’on aime. Préparez vos costumes parce que l’Halloween est à nos portes!


Image libre de droits

Partager cette publication