Par Laurence Poulin

J’ai rencontré Océane alors qu’elle venait de souffler ses 22es chandelles, mais ses premières en tant que femme. Pour aspirer à son bonheur, Océane est passée à travers diverses réflexions, remises en question et expériences de vie.

C’est à l’aube de l’âge adulte qu’elle a pris conscience de ce qu’elle vivait et a trouvé plus de réponses à ce qu’elle avait gardé au fond d’elle toute sa vie. Née femme dans un corps de garçon, elle n’a jamais su trouver la masculinité qui caractérise un homme et tentait de refouler une féminité qui ne demandait qu’à s’épanouir. Jeune, elle se sentait fière et bien dans sa robe et ses petits souliers lors de la journée d’Halloween.

Les années passent et la période caractéristique du secondaire est difficile pour elle. C’est une période où les jeunes doivent rentrer dans le moule bien souvent pour être acceptés par les autres. La vie à l’écart des grandes villes rend l’acceptation pour la différence parfois encore plus difficile. Océane est passée par différentes phases, afin de comprendre que ce qu’elle vivait s’agissait de la dysphorie de genre, soit la transsexualité.

Sa quête identitaire parfois difficile lui aura permis de trouver en elle une force et un caractère qui lui servent aujourd’hui dans l’affirmation de son identité. Malgré les jugements parfois blessants, elle ne demande qu’à répondre et expliquer ce qu’elle vit à ceux qui auraient des questionnements. Jeune, les doutes qu’une personne trans peut avoir ne sont pas toujours simples à expliquer. Pour Océane, un déclencheur, vers la fin de son secondaire, a été l’écoute du documentaire De Maude à Justin. C’est alors qu’elle a pu mettre des mots et des réponses sur comment elle pouvait se sentir. Avant cela, elle n’avait pas eu les ressources disponibles pour comprendre que la transsexualité pouvait exister.

Sa recherche identitaire lui a tout de même permis de vivre une belle relation d’amour. Avant d’entreprendre ses démarches, elle vivait une relation avec un garçon. Lorsqu’elle lui a annoncé son changement de genre, il a décidé de rester à ses côtés étant donné ce qu’ils partageaient ensemble depuis quelque temps déjà. De ce fait, l’annonce de sa transition a été très bien accueillie par toute sa famille et ses amis, ce qui évidemment a rendu cela plus facile pour elle.

Océane constate toutefois, en plus d’un manque d’information, que le processus est extrêmement compliqué une fois qu’une personne se déclare trans. Le nombre de spécialistes devant être rencontrés est élevé en plus du temps avant de pouvoir accéder à l’opération chirurgicale qui peut être très long. Sans pour autant vouloir presser le processus, elle soulignait cependant la lourdeur des procédures vers son bonheur.

Le bonheur, c’est ce qui m’a semblé caractériser sa nouvelle vie en temps que femme, la vie dans laquelle elle se sent pour une des premières fois elle-même et bien. Si elle a une chose à transmettre de cela, c’est qu’elle aurait pu manquer de beaux et heureux moments si elle n’avait pas entrepris sa démarche.

Ressources à Sherbrooke :

IRIS Estrie

AGLEBUS (Association pour la diversité sexuelle et de genre de l’Université de Sherbrooke)

Le Blogue d’Océane, qui sera disponible prochainement, juste ici!


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