Par Elizabeth Cazeault et Simon Jeanneau

Afin de démocratiser les mystères de l’astronomie, le Regroupement étudiant des chercheurs et chercheuses en sciences de l’Université de Sherbrooke (RECSUS) organise annuellement une visite à l’AstroLab au parc national du Mont-Mégantic, comme celle du 17 septembre 2021 à laquelle plusieurs étudiants et étudiantes ont eu la chance de participer.

Une visite à l’AstroLab qui vaut le détour!

Bien qu’on puisse observer les étoiles à partir de chez soi, ça n’a rien à voir avec ce que l’on peut observer à partir de l’AstroLab. Pourquoi ? Parce que cet observatoire fait partie de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM), la première réserve d’étoiles au monde ! Cette réserve s’étend même jusqu’à Sherbrooke, mais la qualité de l’observation des étoiles dépend directement de la pollution lumineuse produite par les agglomérations urbaines. C’est pourquoi l’AstroLab accompagne les municipalités environnantes dans la mise en place d’un éclairage nocturne responsable.

D’après l’équipe de l’AstroLab, réduire la pollution lumineuse paraît pourtant simple. Il suffit de diriger l’éclairage vers le sol, choisir une couleur chaude, en réduire l’intensité au strict nécessaire et l’allumer seulement lorsque c’est utile. Malheureusement, éteindre les lumières n’est parfois pas suffisant pour assister au spectacle céleste. Lors de notre visite, une persistante couverture nuageuse nous empêchait d’observer directement les étoiles. Toutefois, nous avons été accompagnés, tout au long de la soirée, par Guillaume Poulin, un vulgarisateur scientifique hors pair, qui nous a fait voyager de l’époque des premiers vols spatiaux jusqu’à l’exploration de Mars, en passant par les réponses à des questions tout aussi anodines que passionnantes telles que : Pourquoi nos journées sont-elles mesurées à 24 h ? D’où vient notre Lune ? ou encore : À quoi ressemble le ciel dans l’hémisphère Sud ? Le temps a filé à la vitesse de la lumière.

La vulgarisation scientifique, un pas vers de meilleurs choix

La Semaine de la culture scientifique a eu lieu du 20 au 26 septembre et nous rappelle l’importance de la curiosité intellectuelle et de la complexité de notre univers. L’AstroLab est un endroit de choix pour égayer notre esprit et prendre conscience des merveilles que permettent d’accomplir des siècles ininterrompus d’efforts, de collaboration et de découvertes. Guillaume, notre guide galactique, visiblement habité d’une passion inébranlable, nous a partagé sa vision de la vulgarisation scientifique.

Guillaume Poulin, garde-parc technicien spécialisé en astronomie à l’AstroLab, explique que « La vulgarisation scientifique m’apparaît comme essentielle au bon fonctionnement de la science et de la société. Elle contribue à la construction d’une meilleure culture scientifique, d’une pensée critique, et permet aux individus de faire de meilleurs choix non seulement pour eux-mêmes, mais pour l’ensemble de la population ».

En effet, nos choix ont un impact sur nous-mêmes et sur notre communauté, et la place que nous devons prendre dans cette société complexe, voire dans l’univers, est une question à laquelle il est difficile de répondre. C’est en contemplant l’immensité de l’univers, cette intarissable source d’inspiration, que nous viennent les plus antiques questions de l’humanité, comme celle-ci. L’inconnu se jette chaque nuit au-dessus de nos têtes et, sous nos yeux émerveillés, brandit la promesse d’infinies possibilités. Bien que ces questionnements demeurent sérieusement étudiés par les scientifiques, ils demeurent des éléments mythiques dont les interprétations ont régulé, au fil des millénaires, notre développement en tant qu’espèce. Chaque année, des découvertes fascinantes font reculer à une vitesse vertigineuse les frontières de l’inconnu. Depuis longtemps, l’importance des différents programmes spatiaux est mitigée parmi les foules, mais le poids des connaissances que l’on a acquis par le biais de l’exploration spatiale est inestimable. Elle a mis à l’épreuve notre compréhension de la gravité, la magnétosphère, l’atmosphère, la dynamique des fluides, l’évolution géologique et ce n’est que le début. Or, comme l’a dit William Anders en 1968, membre de la mission Apollo 8, c’est en explorant la Lune que nous avons découvert que ce qu’il y a de plus précieux, c’est la Terre.

Deux astrorobots sur Mars

Présentement, sur Mars, le robot Persévérance parcourt la planète pour y observer un cratère. On pourrait penser que c’est une drôle de mission, mais les scientifiques ont émis l’hypothèse qu’il y avait une rivière à cet endroit et que si nous devions trouver des traces de vie, ce serait dans cette zone de la planète ! Il y a aussi un petit drone nommé Ingéniosité qui est une véritable prouesse scientifique et qui accompagne Persévérance dans sa mission. Avec Ingéniosité, c’est la première fois que nous pouvons faire décoller et atterrir un robot dans l’atmosphère ténue de Mars afin d’en étudier le paysage sur de grandes distances.

Des événements à surveiller!

Peut-être le saviez-vous déjà ; un télescope spatial, Hubble, prend des photos d’objets célestes depuis 1990. Grâce à lui, nous pouvons prendre des images de nébuleuses, de galaxies, des trous noirs et d’autres objets plus difficiles à prendre en photo à partir de la Terre. Grâce à l’avancement des technologies, un nouveau télescope nommé James-Webb, environ 100 fois plus puissant que Hubble, sera lancé dans l’espace à la fin de cette année ! L’optimisation de ce télescope nous permettra de redécouvrir les tréfonds les plus distants de l’espace. Les photographies qu’il nous fera parvenir seront indubitablement des merveilles scientifiques en plus de pièces d’art spatial sans équivalent.

Un événement bien particulier à surveiller ici même sur Terre est l’éclipse solaire totale qui aura lieu le 8 avril 2024. Au Québec, et plus particulièrement en Estrie, nous serons à l’endroit parfait pour observer cette éclipse. Ainsi, en plein milieu de la journée, pour quelques minutes, il fera subitement noir comme lors d’une nuit sans lune.

Nous vous recommandons chaudement d’aller à l’AstroLab pour visiter l’espace dans le confort inégalé et souvent sous-estimé de notre belle planète.


Crédit photo @ Guillaume Poulin — Parc national du Mont-Mégantic

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