Par Nicolas Dionne

Le stade de l’Université de Sherbrooke, le 11 septembre dernier, a été le théâtre d’un des plus grands matchs de football de l’histoire du Vert & Or : ce dernier a eu le dessus sur le Rouge et Or de l’Université Laval au compte de 23-17. Par un travail d’équipe hors pair sur toutes les facettes du jeu, cette victoire marque le ton en ce début de saison du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

Tirant de l’arrière 5-0 au début du deuxième quart, l’attaque du Vert & Or s’est imposée de manière drastique sur son terrain naturel. Un touché de la part du porteur Jimmy-Larose Joubert ainsi qu’une immense course de son coéquipier Pier-Olivier Cadoret sur une distance de 67 verges a permis aux Sherbrookois d’être en avance 20 à 9 à la mi-temps.

Un match enlevant

La deuxième demie a été l’affaire des unités spéciales et de la défensive. Les deux équipes se sont échangé des bottés de placement sans accorder aucun touché. Le Rouge et Or a réalisé un botté de 28 verges au troisième quart ainsi qu’un autre de 37 verges au quatrième quart. En fin de match, Laval s’est vu offrir deux points supplémentaires lorsque le Vert & et Or écoulait le temps avec moins de trois secondes à faire.

Avec la course de Cadoret, les interceptions de Justin Dion-Valiquette et de Thomas Bélanger au troisième quart, ainsi que celles de Tommy Roadley-Trohatos en fin de match, sans oublier le travail de toute l’équipe tant en offensive qu’en défensive, ça a été un match des plus excitants. Après tout ça, c’est la performance du botteur de précision Louis Tardif qui a fait écarquiller les yeux du public présent au match. Ce dernier a battu un record d’équipe pour le plus long botté de précision dans l’histoire du Vert & Or, long de 48 verges. Le principal intéressé prend le tout humblement.

« C’est vraiment le fun d’avoir des engagements dans ces moments-là. Mon beau-père, qui compile les statistiques du Vert & Or, m’a rapidement mis au courant que j’avais franchi le cap des 100 points marqués et c’est quand même spécial de réaliser tout cela sur le coup. Toutefois, je me concentre déjà sur le prochain match », déclare le produit du Cégep Garneau à Québec.

Une victoire qui parle d’elle-même

Pour refléter l’ampleur de cette victoire, une présentation de quelques statistiques est de mise. Depuis 2003, le Rouge et Or de l’Université Laval n’a connu la défaite qu’à 10 occasions, contre les Carabins de Montréal, en saison régulière, sur un total de 131 matchs.

Depuis le retour du football à l’Université de Sherbrooke, le Vert & Or avait perdu lors des 32 rencontres disputées entre les deux équipes. Cette longue disette datait de 2003, encore une fois.

Pour Jean-Philippe Hudon, capitaine et secondeur de cinquième année, cette victoire est satisfaisante, sans aucun doute. « Ça fait vraiment du bien. Après le match, je ressentais vraiment un sentiment d’accomplissement. Ça fait cinq ans que je voulais les battre et de pouvoir le réaliser enfin, c’est vraiment agréable », déclare le transfert de l’Université McGill, originaire de Québec.

Même son de cloche pour Tommy Roadley-Trohatos, vétéran à la position de maraudeur. « C’est vraiment un sign of relief d’avoir enfin battu Laval. D’être capable de le faire à ma cinquième année c’est encore plus fou, sachant que beaucoup de gars que j’ai côtoyés dans mes premières années n’ont pas eu la chance d’avoir vécu ce que nous venons de faire. Voir tous les textos après le match, les stories, c’est vraiment une fierté ».

Une ère de changement au RSEQ et au Vert & Or?

Les défaites du Rouge et Or et des Carabins contre l’Université Concordia survenues lors de la même semaine viennent-elles d’illustrer une ligue plus paritaire que par le passé dans le RSEQ? Pour mettre les choses en perspectives, les deux équipes qui s’échangent les victoires année après année n’avaient pas perdu lors de la même semaine d’activités depuis 2003.

« Maintenant que nous avons battu Laval, c’est certain que les yeux vont être tournés sur notre équipe. D’autant plus qu’avec la défaite des Carabins en même temps, cela montre que le niveau de la ligue est très fort et que tout le monde peut battre tout le monde. C’est bon pour nous, mais pour la ligue aussi », pense Louis Tardif.

Précisément pour la situation du Vert & Or, Hudon Roadley croit que tout est possible pour l’équipe si la direction de celle-ci continue à rester la même. « On a beaucoup de talent dans l’équipe, sauf que plusieurs ne le voyaient pas. Maintenant qu’on vient de remporter ce match-là, on n’a plus d’excuse pour ne pas y croire. Le plus dur maintenant, ça sera de ne pas s’asseoir là-dessus et de continuer à travailler fort », exprime le principal intéressé ayant cumulé cinq plaqués, dont un plaqué pour perte et un sack lors du match.

« On doit seulement se concentrer sur le prochain match. Puisque c’est notre bye, c’est une occasion pour continuer à travailler comme des acharnés pour espérer battre les meilleurs en série. Il faudra également prendre chaque opportunité afin de s’améliorer jusqu’à la fin de la saison », explique quant à lui Roadley.

Les joueurs questionnés sur la suite de la saison au Vert & Or sont catégoriques : un match ne fait pas une saison, loin de là. Chacun estime que le travail est loin d’être terminé et qu’au moment d’écrire ces lignes, il faut déjà tourner la page sur cette victoire historique. Le Vert & Or visitera les Stingers de Concordia après une semaine de congé bien méritée.


Crédit photo @ Yves Longpré / Vert & Or

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