Avancées dans la lutte à la rémunération des stages

Par Ariane Drainville

On a bien beau parler d’une éventuelle grève générale illimitée étudiante à l’hiver 2019 pour la rémunération des stages obligatoires, où en sommes-nous maintenant dans la mobilisation?

Journées de grève

Jusqu'à aujourd'hui, plusieurs associations ont adopté des mandats de grève. Il y a l'Association des étudiantes sages-femmes du Québec (AESFQ) qui sera en grève de cours et de stages du dimanche 18 novembre au samedi 24 novembre, et l’Association des étudiantes et étudiants en sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE-UQAM) ainsi que l’AFESH-UQAM et l’AÉTS-UQAM, du 19 au 23 novembre. L’association des prégradué.es en philosophie de l’Université Laval aura une journée de grève le 21 novembre. Le cégep de Sherbrooke, le cégep de Saint-Laurent, le cégep Marie-Victorin et plusieurs autres regroupements collégiaux et universitaires demanderont prochainement l’avis de leur communauté étudiante.

Ces journées serviront d’ultimatum pour le gouvernement provincial d’agir rapidement en rémunérant tous les stages obligatoires à la formation, avant que ne se déclenche une grève générale illimitée.

Formation de coalitions

Un peu partout au Québec se forment maintenant des coalitions pour la rémunération des stages. La coalition sherbrookoise avait d’ailleurs une rencontre le 5 octobre passé pour se positionner en tant qu’association régionale sur les actions qui débutent un peu partout au Québec et « consolider le pôle combatif de Sherbrooke » dans la lutte, peut-on lire sur la page Facebook de l’événement.

Plusieurs associations étudiantes de l’UdeS étaient attendues à la rencontre, soit l’AGEEFEUS, l’AGEFLESH et l’AGEETS. Il a été convenu que les membres de ces associations proposeraient en assemblée extraordinaire de grève que chacune tienne une semaine de grève dans la semaine du 19 novembre en appui aux autres associations qui l’ont déjà fait. Les membres doivent aussi demander que, dans le cas où le gouvernement ne répondrait pas aux demandes, chaque association tienne une assemblée extraordinaire de grève générale illimitée à l’hiver 2019 dès que le plancher de 20 000 étudiant.es avec un mandat de grève générale illimitée réparti.es dans trois régions administratives serait atteint.

Des conditions qui choquent

Outre le fait que les stages obligatoires ne soient pas payés, certaines autres mesures gouvernementales et données choquent la base militante.

Entre autres, l’année passée, on avait annoncé la rémunération du quatrième stage en enseignement. La somme prévue à cet effet par l’Aide financière aux études du Québec est par contre imposable. C’est donc dire qu’elle ne revient pas en entièreté à la personne stagiaire.

Aussi, le statut de stagiaire est moins valorisé qu’ailleurs dans le monde. En effet, un rapport de l’Organisation internationale du travail de l’ONU affirme que « dans la plupart des pays, il s’agit d’une réglementation par inclusion dans le droit du travail soit en les traitant comme des emplois ou en étendant les droits du travail à certains dispositifs de formation » (Stewart et al. 2018 dans Hart 2018).

Il s’agit d’un dossier chaud à surveiller de près cet automne. Pour toute l’actualité relative à cette lutte, vous pouvez suivre la page Facebook du CUTE Campagne sur le travail étudiant.


Crédit Photo @ AGEFLESH

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