Conférence printanière de la PrEF organisée par Le Polyscope : L’importance des faits

Par Laurence Poulin

C’est à la veille des premiers jours de mars qu’a eu lieu le rassemblement printanier de la PrEF. Le Collectif a eu la chance de rencontrer plusieurs membres des journaux de la Presse étudiante francophone (PrEF) composée de journaux universitaires dont Le Polyscope (Polytechnique Montréal), L’Heuristique (ÉTS), Impact Campus (Université Laval) et Montréal Campus (UQAM).

C’est à l’occasion de la célébration des 50 ans du journal Le Polyscope de l’école Polytechnique Montréal que nous nous sommes réunis le temps d’un samedi. Le thème de cette journée de conférence était : L’importance des faits. Nul doute que cette thématique est étroitement liée aux déboires médiatiques de la campagne et de la présidence de Donald Trump. Toutefois, cette nouvelle problématique s’inscrit dans un cadre plus large et méritait que l’on prenne le temps d’en discuter en table ronde.

L’importance des faits

Il semblerait que la mise en doute des faits médiatiques ait pris de l’ampleur par la déclaration-choc de Kellyanne Conway, conseillère du président Trump. En effet, en janvier dernier, celle-ci a utilisé l’expression faits alternatifs pour décrire les arguments de Sean Spicer, porte-parole de la Maison-Blanche. Ce dernier aurait en effet accusé l’ensemble des médias d’avoir délibérément sous-estimé l’importance de la foule lors de la cérémonie d’investiture du président. Pour se défendre devant un journaliste de NBC News, Conway aurait alors utilisé l’expression des faits alternatifs puisque la foule ne pouvait ni être prouvée ni quantifiée. Cette phrase eut l’effet d’une bombe puisqu’elle est venue mettre un doute sur la véracité des médias et du contrôle, voire de la propagande crainte par plusieurs Américains.

Le célèbre New York Times Journal a aussi eu sa part dans cette spirale médiatique avec sa publicité dans le cadre de la toute dernière cérémonie des Oscars. En effet, ce quotidien américain a diffusé un message-choc en lien avec l’appellation fake news toujours lié à Trump. Cette publicité se voulait une « sonnette d’alarme du journalisme international ». On a pu y voir des phrases telles que : « The truth is our nation is more divided than ever, The truth is alternative facts are lies, The truth is the media is dishonest, The truth is a women’s rights are human rights » avec une finale disant : « The truth is hard to find, the truth is necessary, the truth is more important than ever. »

Les conférences de la PrEF

C’est donc dans ce contexte, mais dans une optique encore plus large que nous avons eu la chance de discuter de l’importance des faits pertinents et véridiques dans les médias. Bouchra Ouatik, ancienne de Polytechnique, maintenant journaliste à Découverte, nous a entretenu davantage sur le journalisme scientifique alors que Michel Rochon nous a plutôt parlé du journalisme d’enquête, vu ses années d’expérience à l’émission du même nom. Le contact humain est l’élément qui semble être sorti le plus du lot. Ce contact est bien évidemment lié au lien de confiance qui doit être bâti entre le journaliste et son interlocuteur. C’est de là que toute bonne entrevue ou tout bon portrait peut être réalisé et fondé sur des faits réels et vérifiés.

Publicité, financement et pertinence

Cette journée de conférence fut également l’occasion de se questionner sur l’avenir et la place des journaux étudiants alors que l’ensemble de la sphère médiatique est en transition et en mouvance. Le journaliste de l’émission Gravel le matin, Hugo Lavoie, a recueilli nos réflexions sur le sujet. Alors que la majorité de nos journaux célèbrent leurs 20, 30, 40 et même 50 ans, ceux-ci ne font pas fi des changements liés à la transition numérique de nombreux médias. Pour écouter le reportage :

Nous avons donc pu réfléchir à la place des journaux étudiants sur les campus, comme source infinie d’apprentissage, mais aussi de questionnements liés aux sources de financement et de la publicité.

Comparativement à l’Université Laval ou à l’UQAM qui étaient présents, l’UdeS n’offre pas de baccalauréat en journalisme. C’est donc une chance immense pour ceux et celles qui passent par Le Collectif d’apprendre certains rudiments que les baccalauréats offerts ne permettent pas.

De telles occasions sont nécessaires et hautement pertinentes afin de stimuler la relève journalistique de demain. Comme l’a si bien dit ma collègue du journal La Rotonde, ode à la presse étudiante!


Crédit photo © PolyPhoto

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