Démystifions la diète cétogène

Par Samuel Choquette

On en entend constamment parler à travers les réseaux sociaux ou dans les médias, la diète cétogène est la « nouvelle diète » à essayer! Comme tout type de diète, il peut y avoir des bienfaits, mais également des inconvénients.

Le problème que je vois avec les types de diète c’est que les gens y accordent une trop grande valeur émotionnelle et ils en font une histoire personnelle lorsque quelqu’un ne mange pas comme eux.

L’être humain est unique et peu importe tes croyances, tes mitochondries et tes cellules fonctionnent de la même façon que celles de ton voisin. Est-ce que tout le monde devrait manger de la même façon? Pas nécessairement, certains macronutriments peuvent être modulés en fonction de l’activité physique pratiquée, de l’objectif visé, de la génétique… Mais de là à couper dramatiquement un macronutriment (protéine, glucide, lipide) ou à retirer certains aliments de son alimentation, il y a des questions à se poser.

La principale raison pour laquelle les gens veulent faire des « diètes » est pour perdre du poids.

Cependant, il y a une chose à retenir : toutes les diètes vont fonctionner tant et aussi longtemps que vous consommez moins de calories que vous en dépensez.

Le but n’est pas de compter les calories, mais il doit y avoir un déficit dans votre balance énergétique pour qu’il y ait des changements.

Voici d’abord les bienfaits de la diète cétogène pour améliorer sa santé et sa composition corporelle.

Bienfaits #1 : Diminution de l’insuline

L’alimentation cétogène fonctionne pour perdre du gras, car l’insuline est dramatiquement moins sécrétée.

La résistance à l’insuline étant un processus bien connu et bien étudié dans le problème de l’obésité, il est clair qu’en diminuant complètement les glucides de l’alimentation, la sensibilité à l’insuline va s’améliorer.

Cela peut donc être intéressant chez des gens pré diabétiques, ou ayant un diabète de type 2, car le problème chez ces gens est également une résistance à l’insuline.

L’insuline étant une hormone de stockage, elle favorise un transport des glucides vers le tissu adipeux, qui lui convertira ces glucides en triglycérides (forme de stockage du gras dans les cellules adipeuses). Donc, en diminuant la consommation de glucides, on rend l’accumulation de tissus adipeux moins favorable.

De plus, en consommant beaucoup de glucides fréquemment dans la journée, le corps est constamment en mode « stockage ». Ça ne laisse donc pas la chance au corps d’être en mode « libération d’énergie », et donc de brûler du gras au repos.

Bienfaits #2 : Effet de satiété

En consommant plus de lipides, on se retrouve à avoir faim moins souvent. En effet, les lipides créent un effet de satiété très important. On se retrouve donc à être plein plus vite et plus longtemps. Cela aidera par le fait même à consommer moins de calories que ce que l’on dépense et, finalement, à perdre du gras.

Les gens qui consomment une alimentation riche en glucides peuvent également perdre du gras s’ils mangent moins que ce qu’ils dépensent, mais cela va être plus difficile, car ils auront plus souvent faim.

Voici maintenant les inconvénients de ce type d’alimentation.

Inconvénients #1 : Très restrictif

Le principe derrière ce type d’alimentation est de réduire les glucides au minimum pour que le corps fonctionne et carbure aux corps cétoniques à la place du glucose. Dans ce type d’alimentation, les protéines doivent représenter 20 % de l’apport calorique, les lipides 70% et les glucides environ 5 à 10%.

Prenons une personne qui consomme 2000 calories par jour, cela fait 155 grammes de lipides, 100 grammes de protéines et 50 grammes de glucides par jour.

À 50 grammes de glucides par jour, on priorise habituellement les légumes verts et on élimine les fruits, les pommes de terre, les légumineuses et les produits céréaliers. Juste comme exemple, une banane est environ 25 grammes de glucides et une tasse de riz cuit est déjà plus de 50 grammes de glucides…

Ce type d’alimentation est extrêmement bénéfique pour les gens qui font des crises d’épilepsie et ceux atteints du Parkinson et de l’Alzheimer, car ces problèmes de santé semblent être liés avec une surconsommation de glucides. Lors de la cétose, il semble y avoir une augmentation de la respiration mitochondriale au niveau du cerveau, une augmentation des facteurs de croissance, une diminution de l’inflammation du cerveau et une diminution du stress oxydatif.  Tout ça mis ensemble semble être bénéfique pour ces problèmes neurologiques.

Inconvénients #2 : Très compliqué

On vient de voir que ça peut être très bénéfique pour une population symptomatique, mais est-ce que ce l’est pour monsieur et madame Tout-le-Monde? Je crois que pour une population non-symptomatique qui veut seulement perdre du poids ou être en meilleure santé, ce n’est pas l’avenue la plus simple à prendre. En effet, lorsque l’on doit majoritairement se nourrir de gras, pas trop de légumes, aucun fruit et pas trop de sources de protéines, ça rend les choses compliquées. Il faut également souvent prendre son taux de sucre sanguin avec un glucomètre afin de s’assurer que sa glycémie n’est pas trop élevée. Cela entraîne donc des coûts supplémentaires à chaque test de glycémie effectué.

Lorsqu’on consomme trop de protéines, celles-ci peuvent se transformer en glucides via le principe qu’on appelle gluconéogenèse. Les acides aminés des protéines vont se transformer en glucose en donc augmenter la glycémie. Si la glycémie augmente, le corps sortira de la cétose et l’objectif poursuivi sera échoué.

C’est également très important de consommer un équilibre des sources de lipides, car une surconsommation de gras saturés peut mener à une hausse de la pression artérielle. Il faut donc s’assurer d’avoir un équilibre entre les lipides monoinsaturés, polyinsaturés et saturés pour garder un bilan lipidique en santé.

Finalement c’est bon ou pas la diète cétogène?

En toute honnêteté et par expérience personnelle avec des clients, l’alimentation cétogène est loin d’être la solution à tous.

Pour traiter une pathologie spécifique, cela semble être bénéfique et très prometteur pour le futur.

Par contre, pour perdre du poids, il y a des moyens beaucoup plus simples pour y arriver.

La majorité des gens qui suivent ce type d’alimentation n’ont pas de suivis médicaux, ne testent pas leur glycémie, ne comptent pas leurs macronutriments et ne regardent pas les différents types de lipides consommés. Ils se ramassent donc, plus souvent qu’autrement, à augmenter leurs risques de santé dûs à une alimentation qui était supposée être bénéfique.

Soyez certain d’avoir de bonnes sources avant de vous aventurer dans une nouvelle « diète à la mode ».

Mangez bien, bougez et profitez de la vie!

Samuel Choquette

Étudiant en Kinésiologie et Consultant FD Fitness

2405 rue King est, Sherbrooke, 450-234-3210

samuel@fdfitnessconsultant.com

Source consultée :

Koppel, S. J., & Swerdlow, R. H. (2018). Neuroketotherapeutics: a modern review of a century-old therapy. Neurochemistry international117, 114-125.

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