La disparition de la Sherbrookoise Édith Blais : une situation inquiétante

Par Florian Falgairolle

Depuis le 15 décembre dernier, la famille d’Édith Blais n’a aucune nouvelle de cette Sherbrookoise de 34 ans. C’est dans la ville de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso, qu’elle a été vue pour la dernière fois accompagnée de son partenaire de voyage, Luca Tacchetto. Ils devaient se rendre dans la capitale du pays, Ouagadougou, avant de rejoindre l’organisme Zion’Gaïa au Togo pour y effectuer une mission humanitaire.

Ottawa traite la disparition comme un enlèvement. Même si aucune piste ne permet de confirmer cette thèse, les autorités canadiennes concentrent leurs efforts sur la possibilité d’un kidnapping. Selon une source du gouvernement fédéral, « ils ne sont pas allés sur une île déserte sans avertir personne ».

Puisque Édith Blais communiquait régulièrement avec ses proches, l’interruption de ces communications, il y a trois semaines, a commencé à susciter des craintes réelles pour la famille. Ses transactions financières se sont aussi interrompues. Les familles respectives du couple travaillent avec différents contacts en Afrique ainsi qu’avec les autorités canadiennes afin de retrouver les deux jeunes adultes.

Comment cette Québécoise de 34 ans aurait-elle pu subir un tel sort?

La situation politique au Burkina Faso est instable. Le gouvernement ne contrôle pas la totalité de son territoire et des terroristes, criminels et rebelles sont fortement actifs dans cette région. D’ailleurs, le pays est confronté depuis trois ans à des attaques meurtrières prêt de la frontière du Togo et du Bénin, près d’où se trouvait la jeune femme. La région de Bobo-Dioulasso « est déconseillée aux voyageurs sauf pour des raisons impératives », comme l’explique Sophie Douce, une journaliste du quotidien français « Le Monde ». La région est connue pour sa précarité, ses incursions par des groupes armés, ses enlèvements et aussi son banditisme.

Toutefois, dans la dernière semaine, des thèses plus précises ont émergé. Selon le quotidien « Corriere Della Sera » du dimanche 6 janvier, le couple se serait fait enlever par un groupe djihadiste après la visite d’un site touristique dans la région des Cascades, juste après avoir quitté la ville de Bobo-Dioulasso. Le quotidien italien cite d’ailleurs un journaliste, Matteo Fraschini Koffi, installé au Togo, qui indique que le couple serait plutôt allé vers le site des Pics de Sindou. Il aurait recueilli cette information auprès d’un guide touristique souhaitant garder l’anonymat. Cette information semble être plausible d’après le père de Luca, car ce dernier aurait informé sa mère qu’il voulait visiter « quelque chose comme ça ». Ce site est situé dans la région des Cascades, au sud-ouest du Burkina Faso, proche de la frontière malienne.

Pourquoi un enlèvement?

Le kidnapping d’Occidentaux demeure une technique intéressante pour les groupes djihadistes. En plus d’obtenir une rançon, ils peuvent aussi démontrer au gouvernement en place l’instabilité du territoire. Si la thèse est confirmée, le Canada a pour politique officielle de ne pas payer les rançons. Bien que illégal, les services secrets ont, par le passé, aidé des familles de victimes à négocier avec des ravisseurs. Tel était le cas en 2008 où la mère de la journaliste au Mali, Amanda Lindhout, avait négocié avec les ravisseurs de sa fille.


Crédit Photo @ La Presse

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